CHAPITRE XVII
LA renaissance carolingienne fut éphémère. Au temps des faibles successeurs de Charlemagne, les mœurs du clergé occidental redevinrent à peu près ce qu'elles étaient avant lui.
En 846, les Sarrasins ayant pillé Rome, la violation de ses sanctuaires fut regardée comme un châtiment des désordres du clergé, à commencer par le pape Sergius II et son frère Benoît, rustre de vie corrompue qu'il avait fait évêque d'Albano et auquel il abandonnait les soins du gouvernement. Dans la grande assemblée tenue par l'empereur Lothaire en vue d'une expédition contre les Sarrasins, on décida tout d'abord que les évêques, moines et fidèles travailleraient sérieusement à la réforme de leur conduite et des abus dont la correction serait en leur pouvoir.
Le pape saint Nicolas l^^ (856-867) fit des rappels à la loi de continence. A Vienne, en Gaule, un diacre prit
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femme en s'autorisant d'une dispense obtenue de lui. Le pape averti s'empressa de démentir cette allégation i.
Questionné par les Bulgares, au sujet des prêtres mariés, le même pape répondit qu'ils étaient fort répréhensibles, mais que l'évêque pouvait seul les juger.''*Oans sa réponse, où tout respire l'animosité contre l'Église grecque dont Photius venait de consommer le schisme (858), le pape ne fait pas de distinction entre les prêtres orientaux et les occidentaux ^.
Le successeur de saint Nicolas, Adrien II (867-872), était marié. Sa femme Stéphanie vivait encore et ils avaient une fille. Cette fille fut enlevée, en 868, par Eleuthère, alors qu'elle était fiancée à un autre ^. Cela suppose qu'elle était encore assez jeune. Mais Adrien avait été fait sous-diacre par Grégoire IV. Comme celuici, mort au commencement de 844, était pape depuis 828, il y avait de vingt-cinq à trente-six ans qu'Adrien était dans les ordres sacrés, lors du rapt de sa fille. Même en prenant le chiffre le plus faible, il resterait probable qu'il était devenu père après son sous-diaconat. Lui-même était d'ailleurs fils d'un évêque. Dans ces lignées de clercs mariés, où nous voyons s'ajouter de père en fils les soins de la famille aux soucis de l'épis-