‹ Courte histoire du célibat ecclésiastique [microform]Chapitre 52 sur 94 · VI. Le clergé hongrois · texte numérisé non relu

VI. Le clergé hongrois

En 1092 il se tint à Szaboles en Hongrie un concile qui, entre autres canons, promulgua le suivant (I, 3) :

A l'égard des prêtres qui ne se sont mariés qu'une fois et dont le mariage a été légitime, on use d'indulgence provisoirement, indul- (jenlia ad îempus daîur, par égard pour la paix et le maintien de l'union dans le Saint-Esprit, jusqu'à ce qu'on ait consulté le seigneur apostolique.

Quelques années plus tard (vers 1099) un autre concile, célébré à Gran dans le même pays, autorise (canon 31), par égard pour la faiblesse humaine, les prêtres qui étaient mariés avant de recevoir les ordres à garder leurs femmes. En revanche, il astreint les évêques au célibat et interdit d'élever un homme marié à l'épiscopat (canon 11) sans le consentement de sa femme, qui devra désormais (canon 33) sortir de la maison conjugale.

Vïï. Le clergé romain

Didier, abbé du Mont-Cassin, plus tard pape sous le nom de Victor III, parle en ces termes du clergé de Rome au

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XI® siècle et du pape Benoît IX {Dialogi, III; Pair, lat., 149, 1002) :,

La masse du clergé perdit toute retenue. Les prêtres et les diacres, sans souci de la pureté de cœur et de corps requise pour toucher les sacrements du Seigneur, se marièrent tout comme les laïcs et transmirent par héritage leurs biens aux enfants issus de leur mariage. Des évêques eux-mêmes se rencontrèrent qui, foulant aux pieds toute pudeur, prirent des épouses. Cette exécrable coutume sévissait surtout à Rome, dans cette ville dont l'apôtre Pierre et ses successeurs avaient fait autrefois le foyer de la religion.

La chaire apostolique fut occupée pendant quelques années par des hommes qui n'étaient pontifes que de nom. Après eux un certain Benoît... grâce à l'argent distribué dans le peuple par son père, fit l'acquisition du souverain pontificat. Ce que fut alors sa vie, ce que furent les turpitudes et les abominations dont il se souilla, je rougis de le dire, je préfère raconter comment le Dieu tout-puis* sant vint au secours de son Église. Témoin des brigandages, des assassinats et des autres forfaits qu'il commettait sans répit, le peuple, à bout de patience, se rassembla, lui enleva sa chaire pontificale, le chassa de Rome et, au mépris des décrets canoniques, donna sa place, à prix d'argent, à Jean évêque de Sabine. Au bout de trois mois, Benoît, dont la famille était puissante, rentra dans Roine et chassa Jean, qui retourna à son évêché. Benoît recouvrit donc le pontificat dont il avait été dépouillé, mais ses mœurs restèrent les mêmes... Enfin, sur le conseil qui lui fut donné, il céda, contre une grande somme d'argent qui lui fut donnée, le souverain pontificat à l'archiprêtre Jean, dont la piété surpassait celle de tous les clercs de Rome, et il se retira dans son château.

Bonizo, évêque de Plaisance et partisan de Grégoire VII, ajoute sur le susdit Benoît IX d'autres renseignements {Liber ad amicum, VI, Patr. lat., 150, 817) :

Benoît, après avoir commis beaucoup d'adultères et de meurtres, voulut épouser sa cousine, filleducomteGérard. Celui-ci, nevoulant pas lui donner sa flUe s'il ne renonçait préalablement au pontificat.

Benoît alla trouver le prêtre Jean, qui passait pour un homme d'un grand mérite, et, après accord, il renonça au pontificat. Ce projet eût été louable s'il n'avait été suivi d'un très honteux péché; car ce prêtre séduit par l'ambition fit un trafic et versa de grandes sommes d'argent pour s'attacher le peuple romain...

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