‹ Courte histoire du célibat ecclésiastique [microform]Chapitre 54 sur 94 · LE CONCILE D'ERFURT DE · texte numérisé non relu

LE CONCILE D'ERFURT DE

Nous le connaissons par le récit suivant de Lambert {Annales ad annum 1074).

Le pape Hildebrand, d'accord avec les évêques d'Italie, avait décrété que, conformément aux anciens canons, les prêtres ne devaient pas avoir d'épouses et que ceux qui en avaient devraient les renvoyer sous peine de déposition... Ce décret fut accueilli aVec rage par les clercs. Selon eux le pape était un hérétique attaché à une doctrine insensée . Il oubliait la parole du Seigneur, qui nous enseigne que tous ne sont pas appelés à la continence . Il oubliait également le mot de l'apôtre, qui nous dit que l'on doit se marier quand on ne peut pas se contenir, et qu'il vaut mieux se marier que brûler. Il faisait violence à la nature des hommes, en les obligeant à vivre à la manière des anges. En contrariant les tendances de la nature, il lâchait la bride aux vices. Ils déclaraient que, si Grégoire s'obstinait dans sa manière de faire, ils renonceraient au sacerdoce plutôt qu'au mariage. Grégoire, faisant fi des hommes, serait réduit à se procurer des anges pour gouverner les fidèles.

Malgré cette opposition le pape poursuivait sa campagne. Par des messages réitérés il secouait la nonchalance des évêques, il leur reprochait leur lâcheté; il les pressait d'exécuter ses ordres, et les menaçait, en cas d'hésitation, d'employer contre eux les censures apostoliques. L'archevêque de Mayence, sachant qu'il serait fort , difficile de supprimer une coutume depuis si longtemps en vigueur, et de ramener l'Église à son berceau, procéda avec prudence. Il commença par donner à ses prêtres six mois pour réfléchir... Enfin, au concile d'Erfurt qu'il tint au mois d'octobre, il prit un ton impératif et déclara à ses prêtres qu'ils devaient, séance tenante, ou renoncer au mariage, ou quitter le service des autels... Les prêtres voyant que leurs objections et leurs prières étaient inutiles, sortirent sous prétexte de délibérer et décidèrent

de ne pas rentrer dans la salle du concile, mais de se retirer chez eux. Quelques-uns même, en proie à une agitation particulière, étaient d'avis de retourner au concile, de saisir l'évêque sur son siège épiscopal, avant qu'il eût prononcé contre eux l'exécrable sentence de condamnation, et de le mettre à mort comme il le méritait. Ce serait, pensaient-ils, un mémorable exemple donné à la postérité... Les gens de l'évêque l'informèrent de ce qui se tramait et lui conseillèrent d'apaiser par sa modération l'agitation grandissante. Tenant compte de ces conseils, il envoya chercher ses prêtres, les pria de se calmer et de revenir au concile. ,11 promit d'envoyer à Rome, dès qu'il pourrait, des messagers pour prier le seigneur apostolique d'adoucir, autant que possible, la rigueur de ses prescriptions,

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