EN FRANCE
Abélard {Ep., 1,13) nous dit que les moines de l'abbaye de Saint- Gildas avaient tous femmes et enfants : quum... unusquisque... se et concubinas suas cum filiis et fdiabus sustentaret. Au cours d'un sermon aux religieuses (29, Pair. lat., 178, 563) il apostrophe les prêtres et leur dit :
Quand vous dites la messe chez elles ou que la maladie les oblige à vous appeler chez elles, j'apprends que fréquemment vous déposez dans leur bouche l'hostie avec les mains quibus ipsarum nales vel obscenas parles conîredare soleîis.
Le bienheureux Robert d'Arbrissel, fondateur de l'ordre de Fontevrault, est l'un des plus grands apôtres du xii^ siècle. Ce qu'était ce saint, qui a fait des miracles^ et dont Louis XIV lui-même demanda la canonisation au pape Innocent X, nous le savons par la lettre de l'évêque Marbode dans laquelle nous lisons {Pair, lat., 171, 1481 à compléter par 1488 D) :
Pour ne pas m'en tenir aux généralités je vais te dire en quoi tu es pour beaucoup un objet de scandale. Tu passes pour aimer à vivre avec les femmes et pour commettre encore le péché dans lequel tu tombas autrefois... On prétend que non content de les avoir
140 HISTOIRE DU CÉLIBAT ECCLÉBlASTIQUE
à ta table pendant le jour, tu couches avec elles pendant la nuit... Les vagissements des enfants ont prouvé les dangers de cette promiscuité.
Robert reçut une lettre semblable de Geoffroy, abbé de la Trinité de Vendôme. Ces lettres n'existent plus aujour- ^ d'hui dans les manuscrits; mais on a la preuve qu'elles y étaient autrefois.
Yves de Chartres dénonce, dans sa lettre 66,1a conduite de l'archevêque de Tours qui a fait nommer par le roi de France, au siège épiscopal d'Orléans,un chanoine connu et chansonné par toute la ville comme ayant servi aux plaisirs du précédent évêque. Dans sa lettre 277 adressée à Aldebert, qui venait d'être nommé à l'évêché du Mans, il lui dit ceci :
Des dignitaires de l'église du Mans, qui connaissent ta vie passée, disent que, étant archidiacre, tu avais à tes côtés tout. un bataillon de femmes, que t'avaient donné une nombreuse progéniture.
La première « Vie» de saint Bernard raconte (VII, 21) que le saint, au cours d'un voyage, descendit chez un prêtre qui était très pieux, mais qui, selon la coutume en vigueur, sicut ïnultis consuetudinis est, avait une concubine,