EN ESPAGNE
Vers 1188 l'archevêque de Cassilia en Espagne demande au pape Clément lïl si ceux qui ont été engendrés par des évêques, a pontificibus gêner ati, peuvent être admis aux saints ordres. A quoi le pape répond :
S'ils sont nés en mariage légitime, et que rien ne s'y oppose par ailleurs, ils peuvent licitement recevoir les saints ordres {Pair. laL, 204, 1497, Jaffé, 16564).
La question de l'archevêque prouve deux choses : d'abord que la législation grégorienne était non avenue en Espagne à la fin du xu^ siècle; ensuite qu'elle était connue et que ceux qui l'enfreignaient n'avaient pas tous la conscience tranquille. Quant au pape, sa réponse est à côté de la question, puisqu'elle s'occupe exclusivement de ceux qui sont nés en légitime mariage, ex légitima matrimonio sint procreati, donc de ceux dont les pères n'étaient pas encore dans les ordres quand ils les ont engendrés. Pourtant la question était bien clairement posée. Le malentendu est donc voulu. Le pape affecte de ne pas la comprendre, pour échapper à l'alternative ou de trahir la loi ou d'entrer en lutte avec tout un peuple.