‹ Courte histoire du célibat ecclésiastique [microform]Chapitre 67 sur 94 · hea, Histoire de l'Inquisition · texte numérisé non relu

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esclaves de l'Église, Les paroissiens étaient tellement convaincus de l'incontinence habituelle des prêtres, qu'ils n'en voulaient plus aucun s'il n'était concubinaire, condition qui paraissait nécessaire aux maris pour sauvegarder leurs femmes.

Les mœurs des moines, des évêques (même réunis en concile), des cardinaux, des papes ne sont pas meil'^ leures. Le pape Alexandre VI mérite une mention particulière. Cardinal, il eut six enfants, de deux, maîtresses. Pape, il lui naquit encore un fils, en 1497. Mourant, il fit placer de chaque côté de lui deux courtisanes, dont ses mains crispées pressaient si fortement les seins qu'elles en criaient de douleur ^.

La pratique du célibat ecclésiastique semblait abolie quand, en 1525, un moine allemand, Luther, qui, prêchait la réforme de l'Église, dans ses croyances et dans sa discipline, se maria bruyamment avec une religieuse, en déclarant condamnable et illusoire la règle romaine. Naturellement, ce mariage fut blâmé par tous les gens modérés de son époque, y compris un ami même de Luther, le doux Mélanchton. Les âmes pieuses virent dans ce scandale le précurseur de la fin du monde. Érasme, le prit moins au tragique. « Si, disait-il, l'antéchrist devait naître d'un moine et d'une moinesse, qu'il y en aurait dans l'univers! »

Les succès, que remportèrent Luther et les autres réformateurs, contraignirent la papauté à réunir un concile pour examiner les questions de foi et de mœurs débattues dans la chrétienté d'Occident. Le célibat

1. Témoignage du dominicain Lucas Bettinio, J. Schnîtzcr, Peter Delftn. p. 400.

fut discuté. La papauté sut tourner l'opposition. Le concile porta les deux décrets suivants :

Si quelqu'un dit que les clercs constitués dans les saints ordres, ou les réguliers qui ont fait profession solennelle de chasteté, peuvent contracter mariage, et que, s'ils contractent mariage, ce mariage est valide nonobstant la loi ecclésiastique ouïe vœu; qu'on ne peut soutenir le contraire sans condamner le mariage; que tous ceux qui se sentent privés du don de chasteté, peuvent se marier, en dépit du vœu qu'ils ont émis, gu'ii soit anathème', car Dieu ne refuse pas ce don à ceux qui le demandent comme il faut, et il ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces.

Si quelqu'un dit que l'état conjugal est préférable à l'état de virginité ou de célibat, et qu'il n'est pas meilleur et plus heureux de demeurer vierge ou célibataire que de s^unÏT en mansige, qu'il soit anathèïne\

Ces décrets de Trente ont fixé la discipline de l'Église romaine. Ils l'ont séparée des Églises protestantes, qui laissent la liberté du mariage à leurs. ministres. Il s'est ainsi formé, entre le catholicisme et le protestantisme, des différences, à propos desquelles un philosophe s'exprime ainsi :

«Abandonnant les vieilles formes monastiques et ascétiques du christianisme, le protestantisme a admis le mariage des prêtres et, par conséquent, le rapprochement entre la vie sacerdotale et la vie ordinaire. Par là, il se mettait à l'abri de cette sélection à rebours dont le catholicisme devait être à la fin victime. Trier dans une société les éléments les plus religieux, les

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