‹ Courte histoire du célibat ecclésiastique [microform]Chapitre 70 sur 94 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

LE XVIle SIÈCLE

LE clergé de France, au xvi® siècle, avait une foi ardente, un zèle poussé jusqu'au fanatisme. Mais à ces vertus il alliait une dépravation morale qui ne cherchait paâ à se dissimuler. Au xvii^ siècle, surtout à partir des environs de 1630, le clergé de France possède, comme son aîné, une foi profonde, un zèle agissant quoique moins tapageur. Mais il a de plus le souci de la décence. S'il compte encore dans ses rangs un cardinal de Retz et un de Harley archevêque de Paris, ces hommes scandaleux font exception. Dans son ensemble le clergé de France au xvii^ siècle se conforme extérieurement aux prescriptions de la législation ecclésiastique.

Qu'y a-t-il derrière cette façade? Une enquête détaillée serait ici impossible. D'ailleurs quelques coups de sonde judicieusement portés peuvent en tenir lieu. Mais où les donner? Autant il serait injuste d'exhiber les prélats notoirement vicieux, autant il y aurait de naïveté à faire intervenir un saint Vincent de Paul, un Olier ou un de Bérulle. Les saints s'élèvent au-dessus du niveau général, tout comme les indignes restent

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aii-dessous, Les uns et les autres font exception : ils ne sont pas représentatifs. Mais, quand nous évoquons le clergé français du xvii® siècle, nos regards se dirigent immédiatement vers ces prélats de Meaux, de Cambrai, de Nîmes, qui personnifièrent en leur temps l'église gallicane, vers ces deux cardinaux, qui pendant plus de trente ans tinrent en mains les destinées de la France. Arrêtons-nous devant Bossuet, Fénelon et Fléchier, Richelieu et Mazarin. Nous dirons ensuite quelques mots du clergé dans la vie quotidienne.

Il ne sera question que du clergé français. Je dois néanmoins dire deux mots d'Innocent X. Ce pape, qui occupa le siège pontifical de 1644 à 1655, vécut dans l'intimité avec sa belle-sœur Olypia Maldacchini, et lui abandonna le gouvernement de l'Eglise. Péconceyté par les pamphlets auxquels il fut en butte, îl finit par l'écarter. Mais il prit près de lui à sa place la princesse de Bossano sa nièce. Les pamphlets recorpmçncèrent à incriminer sa vie privée.

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