‹ Courte histoire du célibat ecclésiastique [microform]Chapitre 77 sur 94 · Ibid., I · texte numérisé non relu

Ibid., I

216 HISTOIRE OU iâSÉLlBât SeG'CLÉSIASTIQUE

tlévolùtio&j il ii'y aurait pas liéti de s'iarrêter stir la |)çïiode révolutibnnaiïe^n'ètait le clergé constitutionnel, qui demandé à- être étudié séparément ^

La constitution civile du clergé, que patronnait le droit canon gallican, offensait la religion du roi. La théologie l'autorisait, l'honneur la condamnait. Presiqué tous les évêques et lés deux tiers du clergé ne priïent conseil que de l'honneur et décidèrent de se conduire en gentilhommes. La constitution civile du clergé ne recueillit dans l'épiscopat que quatre signatures : celles de Brieime, de Talleyrand, de Jarente et de Saviiiè. Le clergé du ministère paroissial lui fournit environ vingt-cinq mille adhérents, auxquels vinrent s'adjoindre des religieux et des moines défroqués, qui n'étaient pas astreints au serment, mais qui le prêtèl*éht pout" prendre rang dans le ministère paroissial. Deux OU trois des évêques attachés à l'ancien régime sortirent de France dès 1789; Une dizaine d'autres passèrent là frontière aU cours de l'année 1790; presque tous quittèrent leurs diocèses quand la Constituante, les considérant comme démissionnaires, pourvut à leur remplacement. Les premiers prêtres élus pour leur succéder reçurent la consécration épiscopale de Talleyrand et d'un évêque in partibus nommé Gobel. Puis ils se la donnèrent les uns aux autres. Le vrai chef de

1, Sur la conduite du clergé émigré je me borne à rapporter la noté suivante du cardinal Pacca (II, 26), dont la grande préoccupation est, comme je l'ai dit, de jeter un voile sur les nioeurs du clergé ; ■

Quant aux évêques français,..- je dois confesser avec amertume que la conduite d'un petit nombre d'entre eux fut loin de répondre à l'opinion qu'on s'en était faite. Plusieurs dames pieuses de Cologne... fureiit bien étonnées en voyant leur manière peu canonique de s'habiller, la légèreté et le laisier-aller trop séculier de leurs conversations dans Ife grand ifaonde. »

l'èglisê cGnëtittttidnïi'èllè fut Grégoire évêcjué de Loîi?et-Chét.

Stiùs i'ancieti régime il eût été iïiipôSsiblé à iiîi ecclésiastique de eôhtracter un tilàriagè public. Mais/d'eipuis 1789, la légalité s'était déplacée et l'es prêtres assermentés iie fûteiit pas lès derniers à se rendre côihptfe de ce changement. Le 17 octobre 1791 le pi?êtfe Gôiirnand, professeur au Collège de France j déclara éën mariage à là municipalité de Paris et se fit gloire d'être le pl^èmier ecclésiastique renonçant publiquement au célibat ^. En réalité il n'était pas le premier^ car dès lé 14 octobre tin ancien chanoine de Belfoïtj màtiê et pèi*e dé famille, vint à la barre de l'Assemblée se plaindre d'avoir été privé de sa pension à catise de son mariage. Mais, sut ces entrefaites, di-^ersés commnnes, dbnt les prêtres Constitutionnels s'étaient ouvertement mafiés, ne cachèrent pas l'indignation qUé Cette conduite leur inspiïàit ^. Pour remédier à Cette ëitUalion la Convention décida à lia date dU 17 novembre 1792 :

Tout prêtre, qui se mariera et qui sera inquiété à ce sujet par les habitants de la commune dé sa résidehéè, pourra se retirer dans tel lieu qu'il jugera convenable, et son traitement lui sera payé aux frais de la commune qui l'avait persécuté.

Quelques jours plus tard (24 novembre), le conventionnel Manuel annonça à l'assemblée que l'un de ses membres, Thomas Lindet, évêqUe de l'Eure, venait de

1. Sciout, Histoire de la constitution civile du clergé, III, 28.

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