‹ Courte histoire du célibat ecclésiastique [microform]Chapitre 78 sur 94 · Sciout, III · texte numérisé non relu

Sciout, III

Se marier. De vifs applaudissements accueillirent cette communication. Le lendemain lecture fut faite à l'assemblée d'une lettre écrite par le prêtre Joseph Lebon, pour annoncer son mariage avec sa cousine. Cet ecclésiastique, encore inconnu, inais qui devait bientôt acquérir une grande notoriété, envoyait en même temps une copie de son discours aux officiers municipaux de sa commune ^.

Le décret du 17 novembre, qui garantissait aux prêtres mariés le maintien de leur traitement, suscita, cela va sans dire, chez beaucoup de prêtres la vocation du mariage. Périodiquement des ecclésiastiques mariés se présentèrent avec leur femme devant la Convention pour obtenir un certificat de civisme, qui naturellement leur fut accordé. Toutefois, dans les églises, les choses ne se passaient pas aussi tranquillement qu'à la barre de la Convention.

Le décret du 19 juillet 1793 remédia à cet état de choses, en condamnant à la déportation, ou à la destitution les évêques qui, soit directement soit indirectement, apporteraient quelque obstacle au mariage des prêtres. Le 22 septembre suivant, l'évêque de la Dordogne Pontard, prenant modèle sur son collègue Lindet, présenta sa future femme à la Convention et demanda à l'assemblée la bénédiction nuptiale avant d'aller devant la municipalité ^.

Pendant plus d'un an la Convention s'était bornée à favoriser le mariage des prêtres. A partir de novembre 1793 elle élargit son programme et entreprit d'amener le clergé à abdiquer ses fonctions. Son espoir ne fut

l.Sciout, 111,317-322.

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