Soiout, III
pas complètement déçu comme le prouvent les nombreuses abjurations, qui, pendant quinze jours, furent prononcées devant elle. On n'a pas à décrire ici ces séances théâtrales, où. des évêques et des prêtres, à commencer par Gobel, vinrent remettre leurs lettres de prêtrise et déclarer solennellement qu'ils rentraient dans la vie laïque ^. A plus forte raison ne peut-on énumérer les scènes analogues qui se déroulèrent dans les départements d'un bout de la France à l'autre. La seule chose qui importe ici est de connaître le rôle qu'eut à jouer le mariage des prêtres dans cette entreprise de déchristianisation. Nous sommes renseignés sur ce point par le décret suivant du 29 brumaire an II '^ •
Les ministres du culte catholique qui se trouvent actuellement mariés, ceux qui antérieurement au présent décret auront réglé les conditions de leur mariage par acte authentique, ou seront en état de justifier de la publication de leurs bans, ne seront point sujets à la déportation ni à la réclusion, quoiqu'ils n'aient pas prêté le serment prescrit par les lois des 24 juillet et 27 novembre 1790,
Nous sommes encore mieux fixés par les décrets des commissaires envoyés dans les départements. A titre d'exemple, voici ce que décida Bô dans le département du Tarn * :
Article l^r. — Tous les soi-disant prêtres qui sont mariés jouiront de leur liberté comme tout bon citoyen.