Sciout, IV, 127; voir
Article 2, — Ceux qui se marieront jouiront des mêmes avantages.
Le mariage suppléait à l'abjuration, il en tenait lieu; et quand l'abjuration avait été prononcée, il en garantissait la sincéritéj étant l'indice et la preuve du retour à la vie civile.
Vingt-huit évêques constitutionnels y rentrèrent. Il faut ajouter Louis Loménie de Brienne, coadjuteur du célèbre cardinal son oncle. Athée, il renvoya au pape son titre de cardinal et aurait certainement abjuré si des circonstances défavorables ne l'en avaient empêché. Quant à Talleyrand, il se démit dès la fin de 1790 de son évêché d'Autun sans abdiquer ouvertement le sacerdoce. A l'époque des abjurations,!! remplissait en Angleterre une mission diplomatique, qui devait être suivie de l'exil aux États-Unis. Mais sa vie désordonnée et sa liaison publique avec M™^ Grand équivalaient à une abjuration.
Nombreux furent les prêtres assermentés qui se marièrent et rentrèrent dans la vie civile.
Quel fut leur nombre approximatif? Thiers ^ se prononce pour dix mille; Grégoire pour deux mille. Mais ce dernier chiffre a été dicté par le désir de sauver ce qu'on considérait comme l'honneur du clergé de France. L'abbé Jager fait lui-même cet aveu ^ :
Il y a lieu de croire, d'après les relevés d'un grand nombre de diocèses et les histoires locales, que ce chiffre est au-dessous de la réalité.
1. Hist. du Consulat et de l'Empire, III, 203. Consàlvi doiinê le cfaifire de douze mille (Boulay de la Meurthe, Documents, III, ^54).