‹ Cousin Jouffroy, DamironChapitre 43 sur 68 · XL VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XL VI INTRODUCTION

rilé qu'il étendit, depuis, à un si grand nombre d'âmes, et qui lui donnait sur elles une sorte de paternité morale. Dubois le dit quelque part : « Damiron a été ma seconde conscience. » Et il l'a été toute sa vie. Rien n'affaiblit jamais la déférente et presque respectueuse affection, l'absolue confiance que l'ami de 1817, avait vouées au guide éclairé de sa jeunesse. Et pouvait-il en être autrement devant cette dignité du caractère, cette ferme rectitude du jugement, cette expérience consommée et sereine de la vie, cette inaltérable bonté qui donnaient à M. Damiron quelque chose de l'autorité du prêtre, et faisaient de lui le mot est encore de Dubois « un saint laïque »?

« Jouffroy et Damiron ont été les deux souveraines amitiés de ma vie. » Ainsi s'exprime Dubois.

Pendant vingt-cinq années pour Jouflroy, pendant plus de quarante pour Damiron, une étroite affection les a unis. Dans cette intimité, Dubois apportait plus particulièrement sa vive sensibilité, son cœur ardent, la fécondité et l'originalité des idées, son goût d'impulsion et d'initiative ; Jouffroy, son inquiète curiosité, sa poésie d'imagination et de sentiment entrecoupée, çà et là, par les vives saillies du montagnard ; Damiron, la finesse et la bonté, et surtout la règle, la tenue, la sagesse précoce et ferme. Dubois le dit encore quelque part: Damiron, c'était un confesseur et un directeur d'âmes.

Après la mort de Jouffroy (1842), Dubois conçut la pensée d'écrire sa vie et d'étudier ses œuvres. Il voulait dire tout ce qu'avait été

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