RB., 1902, p
on dit : « en l'honneur du IJader » ; chez les Latins, le môme usage existe à Kérak; mais à Mâdabâ il a été abandonné peu à peu, sous rinflucncc de la prédicalion du missionnaire. Tous les voisins sont invités à manger la victime. Usera l'acilc de noter que l'arc, par rapport à la maison arabe, joue le même rôle que le piquet central vis-à-vis de la tente : la dabihet cl-rjanlarah équivaut à la (lahlhet el-wâset.
Sacrifice du linteau (i-.^! is^rrri).
L'arc étant construit, on peut dire que l'ouvrage est à moitié achevé. Le travail se poursuit avec ardeur, jusqu'au moment où la porte, en belles pierres de taille, se dresse fièrement pour recevoir le linteau qui portera toujours une marque spéciale : une croix pour les chrétiens, un signe religieux ou profane pour les musulmans. Bien souvent ce sera une pierre antique découverte dans quelques ruines à proximité, qu'on réservera pour cette place d'honneur. Lorsqu'elle est placée, le maître de la maison apporte encore une victime, l'immole presque sur le seuil de la porte, en face du linteau, et oint ce dernier avec le sang. C'est la répétition de ce que nous venons de rapporter à propos de l'arc, avec un degré en plus de solennité; car aux yeux de l'Arabe la pose du linteau revêt une importance plus grande. Un proverbe en cours chez les bédouins, dit :
La nourriture vient des linteaux, des seins (des femmes) et des toupets (des juments) ^ -,
en d'autres termes, les trois sources de prospérité pour les Arabes sont la maison, la femme et la jument.
C'est encore sur le linteau de la porte que se répand le sang de la victime immolée sur la terrasse, au moment du mariage-; sur leslinteaux des sanctuaires musulmans on remarque toujours ces empreintes de sang, ainsi que sur les tombeaux des ivébjs.
Sacrifice de la maison Q-^^^ l^:r.':>).
Le linteau étant placé, la maison ne tarde pas à être achevée; même elle sera bientôt en état d'êlre habitée, car l'ameublement n'exige ni de longs efforts, ni de savantes combinaisons. Une pensée plus intime, plus invétérée que celle de la disposition des pièces, hante l'esprit de l'Arabe. L'installation est prête à le recevoir, mais en est-il le