Cf. supra, p. 48 ss
3iG COUTUMES DES ARABES.
Le sacrifice du llnwrli (l:^>r\ l:sr^.^).
Le jour du mariage approche, les préparatifs seront bientôt terminés; les parents des deux futurs époux, ceux du fiancé principalement, ont tout disposé. La veille du mariag-e, les femmes de la parenté se réunissent au nombre d'une quinzaine, et toutes ensemble, d'un commun accord, se rendent à la maison ou à la tente du futur époux. Parmi les chants d'allégresse, elles réclament les vêtements et les parures' que le fiancé a dû préparer; avec le plus grand soin, elles les reçoivent et les emportent joyeuses à la maison de la fiancée. Cette dernière est soumise aux préparatifs immédiats; lorscpi'elle a revêtu ses atours, les femmes reviennent une seconde fois à la tente de l'époux, réclamer la victime. Un parent — le père ou le frère du fiancé — saisit une brebis et l'égorgé devant sa tente; après quoi il rabandonue aux femmes qui attendent. Celles-ci demandent, séance tenante, tous les objets nécessaires pour la préparer : les instruments de cuisine, le bois, le beurre et surtout le sel, et retournent en chantant à la demeure de la fiancée, où elles apprêtent le repas, uniquement avec ce qu'elles ont apporté de la maison de l'époux. Lorsque le festin est terminé, la fiancée est teinte de henneh aux cheveux, aux mains et aux pieds; c'est la raison déterminante de l'appellation dah'ihet el-henneh donnée à la victime égorgée et mangée avant cet acte de coquetterie.
Pendant ce temps l'époux est invité par un de ses parents qui, pour éviter tout refus, prend les habits de noce et les emporte à la maison oii auront lieu le repas de midi et les derniers préparatifs. Vers quatre heures du soir, chez les chrétiens, le mariage a lieu à l'église; la liancée est amenée en grande pompe, sur une jument ou une chamelle, portant couvertures et matelas pour la nuit. Le mariage religieux étant achevé, la fiancée, toujours voilée, est conduite définitivement à la maison ou à la tente de son époux, où une chambre ou bien un endroit déterminé dans la tente est réservé pour la recevoir. Vers le soir, l'époux, qui a été invité par ses amis, retourne à sa maison où il reçoit les visites et les présents d'usage; c'est à la fin de ce cérémonial obligatoire (ju'on lui amène une brebis. Debout, saisissant un couteau qu'un des assistants lui présente, il le plonge dans le cou de la victime et dit à son épouse présente :
Sois déliée; Allali t'a déliée^.