Cf. sî;;j;cf, p. 51 ss
Chez les Arabes non chrétiens, le mari prend dans sa main le sangtout chaud qui sort de la blessure, et en asperge son épouse en disant les paroles précitées. Cette immolation, appelée dabihet el-UuUieh, est le dernier sceau apporté au contrat de mariage, l'acte qui au point de vue juridique et religieux livre l'épouse au pouvoir de l'époux.
Le lendemain, la mère de la nouvelle mariée, en venant la visiter, lui apporte de sa maison, en présence des témoins et de la parenté, le déjeuner appelé « le déjeuner du matin de la nouvelle mariée » (^^j^" i^:-^) ; c'est comme une dernière marque de bienveillance de la part de sa famille à laquelle elle est irrévocablement arrachée. C'est en ce jour qu'a lieu le repas solennel pour toute la tribu. Les hommes viennent sous la tente, et on a soin d'envoyer un certain nombre de plats dans les maisons privées ou bien à chaque tente, pour que les femmes, elles aussi, puissent participer à la joie commune. Dans sa simplicité primitive, l'usag-e est charmant, et renferme une idée bien sémitique. « Une nouvelle famille se constitue, me dit un Arabe; un nouveau foyer s'allume dans la tiibu; c'est un centre de vie, un principe de fécondité et de gloire pour tous; pourquoi la tribu entière ne manifesterait-elle pas sa pleine satisfaction en s'unissant à elle dans l'acte sacré d'un repas commun? «
Si nous suivons la famille à la constitution de laquelle nous venons d'assister, nous rencontrerons un certain nombre d'immolations que nous devons signaler.
Le sacrifice de la répudiation (^^^iaJ! JLs-,^'y.
L'indissolubilité du mariag'e est inconnue aux nomades non chrétiens, qui usent fort librement de la répudiation, parfois sous la seule impulsion de la colère. Dans ce cas le repentir bien souvent s'empare du mari, soit à cause d'un amour sincère, soit à cause des dépenses qu'exigera l'achat d'une nouvelle femme. Le désert est fécond en ressources; il lui sera possible de reprendre la femme répudiée. L'acte parait très simple; mais dans la pratique ordinaire du monde musulman, le fait est soumis à certaines conditions. A Jérusalem, par exemple, en Egypte et ailleurs encore, une femme répudiée ne peut redevenir épouse légitime de son premier mari que si elle a contracté second mariag"e avec un autre épou^ et que ce dernier l'ait ensuite répudiée suivant les formes lég-ales i. Ce second mari a nom miujah-