A Mossoul dahen signifie beurre
2. Les chrétiens la destinent surtout au Ilader et disent : « Ceci est ta lumière, ô IJader »
3. J'ai rapporté ailleurs comment la crainte obligeait les gens de Kérak à faire un second se hu7/ au cheikh Salâh lorsque le premier n'avait pas été bien observé. V. p. 311.
Les tribus musulmanes font le semât en l'honneur des wéhjs honorés parmi elles; je les ai mentionnés dans le paragraphe sur les wélijs. Il est peut-être plus intéressant de constater que les tribus chrétiennes, malgré leur attachement à leur foi, ont adopté cette pratique et font leur semât en l'honneur d'un ivély musulman.
Les Hegâzïn l'offraient au cheikh Salâh; les Halasâ à Ga'far el-Tayyâr ; les Haddûdïn à Bedaïwy; les Beqinn à Seheily ; les "Ageïlât à Slhân (au ivélij ou à la montagne) ; les 'Azeizât à Sa'ad ed-Dîn, qu'ils ne connaissent pas autrement.
Toutes ces différentes tribus ont plus ou moins abandonné le culte des wélys sous l'intluence des missionnaires latins. Mais elles font encore le semât au Hader, à Allah, ou à l'église. Il y a seulement quatre ans, les 'Ageïlât allèrent de Mâdabâ faire un sacrifice au gebel Sîhàn. Plusieurs Latins de Mâdabâ ont f;iit le vœu étrange de manger chaque année un repas de blé concassé bouilli avec du beurre et du lait aigre.
4. D'après la racine ( i )3) « réunir «, on pourrait voir dans ce mot qeranîeh un repas intimement uni avec le semât!
C'est plutôt dans le sens des avaaiiia, repas sacré en commun.
lenncl, en quelque sorte sacré, en tout cas regardé comme obligatoire. Il consiste en un plat de burijul, blé concassé préparé avec le beurre nouveau, qu'il est licite maintenant d'employer aux usages de la vie quotidienne. A cette occasion, plusieurs bédouins font une dablheh, de chèvre ou de brebis, pour donner plus de solennité au qerameh; mais cela ne parait pas être la coutume primitive.
S'il y a des hôtes le jour du qerameh, le repas est naturellement partagé avec eux; on le leur envoie au nq 'wjr')^ dans la tente ou dans la partie de la tente qui leur est destinée. En certains campements, les femmes en portent aux tentes voisines en disant : « Prenez de ce plat, c'est notre qeranieh^. »
Les bédouins font encore le seniû/ pour les récoltes de la terre, c'està-dire pour le blé; mais la coutume n'existe pas pour les fruits dont les prémices ne sont pas réservées à un icélij ou aux pauvres ~. Mais pour le blé, l'usage est fortement établi.
Lorsque, sur l'aire sanctifiée par le sang d'une victime 3, le grain, trié et vanné, va être mesuré, la première mesure est nécessairement mise de côté, en offrande à un wéli/, au Hader ou à IJalll. Elle est ensuite donnée à im pauvre, ou à des mendiants de profession qui font de véritables tournées à cette époque de l'année. C'est ainsi qu'un gardien du sanctuaire de Néby Mousa monte régulièrement au Belqâ, et réclame \e semât pour Néby Mousa; il prend une mesure d'orge et une autre de froment.
Le semât existe aussi pour les lentilles, mais n'est pas en usage pour les légumes d'un jardin. En plusieurs localités où il y a des enclos avec des arbres, on consacre un de ces arbres à Halîl.
Le premier-né d'un troupeau' de chèvres ou de brebis est chose sacrée. Il n'est jamais permis de le vendre; mais, dès sa naissance, il est soigneusement marqué à l'oreille par le propriétaire qui dit : « Ceci est ton semât, ô IJader^ » ; on peut le consacrer aussi à un autre icély. Les chrétiens en général l'offrent à l'église. Mais plusieurs, après en avoir fait la consécration, le réservent aux repas d'un hôte de distinction, suivant l'usage des tribus musulmanes. En l'immolant, ils
1. Chaque fois qu'on entamera une nouvelle outre de beurre, on fera bien souvent un nouveau semât au Hacler ou à l'église.