‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 112 sur 159 · Cf · texte numérisé non relu

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4. Le troupeau est considéré comme formant un tout et le premier agneau de ce troupeau est mis de côté pour le semât.

disent en nommant le irébj auquel il a été voué : « Ceci est ton sacrifice, ô un tel M »

Il est aussitôt préparé et servi aux étrangers; ce qui n'empêche pas les membres de la famille de participer au repas.

Si quelqu'un a deux troupeaux distincts, un de brebis et l'autre de chèvres, il oti're ainsi le premier-né de chacun des deux troupeaux.

A la naissance du premier-né, il y a grande réjouissance chez les musulmans. Les parents viennent féliciter le père qui naturellement fait un repas pour les hôtes. Quelquefois, on tue une dablheh, mais cet usage n'est pas très répandu ; le sacrifice est renvoyé au moment de la circoncision. Chez les chrétiens, les explosions de la joie sont les mêmes; je n'ai pas entendu parler de sacrifice pour le jour de la naissance 2; mais beaucoup de chrétiens grecs immolent une victime « à la face d'Allah », à l'occasion du baptême. Les Latins avaient le même usage. On m'a raconté le fait suivant : Soleïmûn eben Sâleli, chrétien Latin, eut quatre enfants; tous les quatre moururent en bas âge. Lorsque arriva le cinquième, il commanda un sacrifice pour le jour de son baptême; l'enfant jouit toujours d'une bonne santé. Pour son sixième enfant, Soleimân se garda bien d'omettre le sacrifice traditionnel qui avait déjà, à son appréciation, sauvé un de ses fils. Le jour du baptême étant arrivé, la victime fut immolée, mais cela n'empêcha pas le pauvre petit de mourir. Le bruit s'en répandit parmi les chrétiens qui délaissent de plus en plus cet usage. Jamais le mot semât n'est employé à l'occasion de la naissance d'un premier-né.

§ 48. Le voeu (i^')-

Le vœu, pour le nomade, est une promesse faite à Allah, à un wély ou bien à un faqlr, de faire un acte qui doit lui être agréable : un pèlerinage à un sanctuaire ou au tombeau d'un saint, une offrande ou un sacrifice. Il pourra aussi promettre de s'abstenir de certaines jouissances légitimes dont il se privera pour gagner la faveur d'un être surnaturel; par exemple, de retrancher sur sa nourriture, de jeûner tant de jours, de ne point changer de vêtements jusqu'à ce qu'il ait atteint son but.

L'objet du vœu est en quelque manière illimité, mais celui qui se

. .t-i ^ ^-^^^.'^ Î-Va .1

2. A Môteh un vieux bédouin des Sarâîreh soutint que souvent on fait un sacrifice à la naissance d'un enfant.

présente le plus souvent a trait surtout à un sacrilicc ou à une visite à la tombe d'un santon.

Le vœu peut être personnel, en ce sens qu'un homme fait une promesse en son nom propre, et pour un avantage privé. Un malade fait vœu de visiter le tombeau du cheikh la'qoub et d'y offrir une brebis s'il recouvre la santé. Si les forces lui reviennent, il accomplira luimême le pèlerinage et de sa main immolera une victime. Une femme stérile fera vœu dallumcr une lampe au tombeau d'un icéh/ si elle obtient des enfants. Un voyageur promet de visiter un mazâr honoré à l'endroit où il se rend, s'il est protég-é par le wély pendant son voyage. Ce cas est fréquent, car il parait être le plus naturel. Mais il est non moins naturel de voir un père ou une mère faire un vœu pour obtenir la guérison d'uu enfant. Si ce fils chéri sort victorieux des étreintes de la maladie, il sera indubitablement conduit au sanctuaire voulu pour tenir la promesse et immoler une victime'.

L'extension de l'objet peut être plus grande encore. Un père de famille peut faire un vœu dans l'intérêt de toute sa maison. En cas d'épidémie, par exemple, il promet un sacrifice à l'ancêtre ou à un wély si aucun membre de la famille n'est atteint. Rien ne l'empêche même de comprendre dans sa famille, toute sa parenté, toute la hamoiileh, même toute la 'asireh. A Kérak, lors de l'invasion du choléra, le cheikh des Mogally fit un vœu au Hader si le fléau les épargnait.

Il est certain qu'Abou Tâ'îeh, avant de partir en expédition, promet par vœu le gezw à l'ancêtre, si sa troupe revient tout entière de la razzia. Ce n'est guère compromettant puisque, dans le cas de la victoire, le gezûr sera toujours immolé à l'ancêtre, quel que soit le nombre des combattants qui auront succombé sur le champ de bataille. Mais en dehors de toute entreprise guerrière, on reconnaît au cheikh le droit de faire un vœu pour toute sa tribu. Le cheikh Harb, par exemple, s'engage par vœu, pour toute la tribu des 'Atâwneh, de sacrifier une chamelle à Ga'far ou à son ancêtre, s'ils sont protégés dans leur longue marche de Tebouk à Kérak.

De même, en cette dernière localité, le cheikh lahia fait un vœu au Hader pour tous les Sarâîreh.

En plus du gezûr qui est le sacrifice quasi obligatoire de toute expédition, le acjid et le cheikh de la tribu, au moment où s'ébranlent piétons et cavaliers, font vœu d'immoler une dablheh à un wély puissant, dans le cas où le succès couronnera les eflbrts communs.

1. Lorsque Qoftân eben Hâraed fut emmené prisonnier à Damas, sa femme fit vœu de ne point manger de viande jusqu'au jour où son mari remis en liberté tuerait de sa main une brebis sous sa tente.

Felâh Selâs, un célèbre guerrier des Béni Saher, réunit deux cents cavaliers de différentes tribus et se mit à leur tète pour aller razzier les Arabes de l'est. Mais au désert la soif sévit furieusement et fit beaucoup souffrir bêtes et gens. Dans cette extrémité, Selâs eut recours à As ad son ancêtre : « 0 mon ancêtre, lui dit-il, si tu nous fais trouver de Feau, je te sacrifierai une chamelle blanche. » Peu de temps après, un nuage, le premier de la saison, se posa sur la troupe et la pluie tomba. Le 'aq'id se hâta de tenir sa promesse, et immola sa victime. Le fait s'est passé il y a une quarantaine d'années.

L'accomplissement du vœu est quelquefois embarrassant. Sebmân ez- Zereiqât fit vœu de donner à IJalïl un demi-megîdy s'il réussissait dans une petite entreprise. Son œuvre marcha à souhait. Mais il se posa la question suivante : « J'habite Mâdabâ et Halll est à Hébron; comment lui envoyer mou obole? » Un jour, il aperçut un musulman d'Hébron qui revenait en son pays; il lui confia l'argent en le priant de le donner à Halîl, à Hébron.

Pour être plus compliqué, le cas suivant n'en reçut pas une solution moins ing-énue. Nimr eben 'Adwân, dans une pièce de vers, tourna en dérision Salâmeh er-Remeïfy, des 'Amer. Après avoir lu cette satire, Salâmeh répondit : « ,Ie répudie ma femme, si je ne te coupe la tête, lorsque je t'aurais saisi^. » Longtemps après, Salâmeh, passant près de Hesbân, trouve sur sa route la maison de Nimr. Il entre, et lui dit : « J'ai juré de te couper la tète si je te rencontrais. » — « Fais ce que tu voudras, » lui dit son adversaire qui se voyait sans défense, Salâmeh lui prit ses deux tresses de cheveux et les lui coupa en disant : « Ceci remplace ta tête » ; et il se crut délié de son vœu.

En apprenant la mort violente d'un de ses parents, l'Arabe fait vœu :

a) de ne jamais manger de la main droite jusqu'à ce qu'il ait tué l'assassin ;

b) de ne point se revêtir d'habits neufs;

c) de ne point porter le glaive si ce n est pour frapper l'ennemi; .

d) de s'abstenir de café jusqu'au jour de la vengeance.

Les femmes font vœu de ne pas se laver la tête, de ne pas se mettre du kohel sur les yeux, de ne point porter de bracelets.

§ 49. Temps sacrés.

Définir en termes précis ce que les Arabes entendent par le mot féie (-V) n'est pas chose facile *. Si on veut donner ce nom — et c'est peut-être le cas le plus fréquent — à toute manifestation bruyante de l'allégresse générale, on trouvera dans un campement de multiples occasions de fêtes; mentionuous, par exemple, le mariage du cbeikli ou celui d'un membre influent de la tribu, la réussite d'une expédition lointaine, un fait d'armes glorieux d'un jeune guerrier, la cérémonie de la circoncision ou la visite au tombeau d'un ancêtre. En toutes ces circonstances, le mouton est immolé, le riz est préparé, des jeux sont organisés. Mais il ne s'agit pas ici uniquement de ces amusements spontanés et populaires; je voudrais signaler les fêtes qui conservent un certain caractère religieux. On m'en a cité trois : la fête du Ramadan, la fête de la Dame et celle du Dalileh.

Fûle du Ramadan.

J'ai déjà parlé du zèle de certains Arabes et de la négligence d'un plus grand nombre d'autres à tenir le jeune du mois sacré. Mais quelle que soit la conduite des nomades par rapport à l'obligation religieuse qui leur incombe, chez les tribus qui ne jeûnent pas comme en celles qui observent avec rigueur la pratique du jeûne, on constate une parfaite uniformité dans l'entrain déployé à célébrer la fin du Ramadan. Partout, la manifestation de la joie commune éclate spontanément : une victime est immolée sous chaque tente, à moins qu'une pauvreté extrême n'autorise point cette dépense. En ce dernier cas, on voit deux ou trois nomades réunir ensemble leurs modiques ressources pour acheter un agneau et célébrer ainsi la fête 2; mais très difficilement l'usage est transgressé, à cause de l'idée religieuse qu'il semble incarner. Essayer d'amener un bédouin, par des questions réitérées, à expliquer le sens de cette fête, c'est peine perdue; pour toute réponse, il dira que c'est la fête du Ramadan et qu'il l'a toujours célébrée de la même manière. On ne saurait donc préciser le caractère

1. Les nomades toujours en quête de nouveaux pâturages, sans sécurité contre l'attaque soudaine d'un ennemi et sans demeure fixe, ne sauraient être comparés à une population sédentaire pour ce qui regarde les fêtes ou les solennités religieuses. Les temps sacrés, chez les bédouins, sont relégués à une place modeste et volontiers j'aurais laissé de coté les quelques renseignements que j'ai recueillis à leur sujet, n'était l'intérêt spécial qui s'attache à cette question.

2. Dans les villages de Palestine, on rencontre fréquemment cet accord parmi les pauvres cultivateurs.

spécial que les nomades y reconnaissent, ni saisir la pensée intime qui les anime en cette occurrence. En revenant du Sinaï, nous avons vu les Tîâhâ de notre escorte s'embrasser le jour de cette fête, donner aussi l'accolade aux bédouins étrangers qu'ils rencontraient et se souhaiter une paix mutuelle. On ne saurait dire si exprimer ainsi réciproquement le salàm serait une idée ancienne attachée à cette solennité qui marque la fm d'un long jeûne. Ce jour-là, dans les villages de Palestine, on peut voir la population tout entière sortir des maisons en habits de fête et se réunir au cimetière pour s'embrasser en assurance de paix et d'amitié. Le même usage serait en vigueur dans certains campements. C'est après ce témoignage de bonne entente que s'organisent les jeux chers aux Arabes; la course à cheval et le maniement de la lance; mais aujourd'hui, la lance est remplacée par le fusil et les nomades aiment à s'exercer au tir : c'est la tête du mouton immolé pour la fête qui sert de cible.

Fête de la Dame (CU^! ■^).

Les fêtes du Ramadan étant terminées, plusieurs nomades ouvrent un nouveau jeûne en Thonneur de « la femme de Ramadan », lequel est aussi clos par une journée de réjouissance. Cette femme de Ramadan, ainsi honorée par des gens qui ne peuvent fournir aucun renseignement à son sujet, parait correspondre à la Dame (CU*Jt) objet d'un culte à Ma'ân^ Au lieu de dire 'ayd es-Sitt, « la fête de la dame, quelques Arabes parlent de 'ayd es-Sitteh, « la fête des six », c'est-à-dire la fête des six jours de jeûne observé après le Ramadan; mes interlocuteurs avaient des notions très vagues sur ce point. Chez les 'Agârmeh, on fait l'offrande du semât à Fâtmeh, la fille du Prophète ; il est vrai que c'est dans le but avéré d'avoir des enfants. Mais la plus grande fête pour les nomades c'est celle du dahieh, qui dare trois jours.

Fête du Dahîeh.

Le jour de la fête étant arrivé, on se procure une chamelle exempte de toute tache et de toute difformité : elle ne peut être ni borgne ni privée d'une oreille, ni cautérisée; elle doit avoir trois ans et par conséquent être capable de porter, qu'elle l'ait déjà fait ou non. On place sur son dos tout l'attirail d'un habillement complet : habit de dessous, tunique, manteau, ceinture, mouchoir, cordon de kefîeh et

1. Dans le ouâdy qui délimite Kérak à l'est, se trouve la source de la Dame (iJi,.v*J! .y^).

une outre vide. La chamelle est mise on liberté ; les pauvres de la tribu se lancent à sa poursuite et chacun s'empare de ce qu'il peut saisir à la course. La chamelle est alors ramenée devant la porte de la tente. Si quelqu'un est mort récemment, un parent du défunt^ s'approche, saisit son poignard et l'enfonce dans le cou de l'animal, eu interpellant le mort par son nom : « Un tel, prends ton dahleh. » Le sang doit être répandu par terre. La chamelle est ensuite écorchée, découpée, placée dans des marmites pour être apprêtée et mangée par les assistants. Si quelqu'un veut prendre un morceau et remporter, cela lui est permis, après l'avoir toutefois placé quelques instants sur le feu 2. Tout ceci doit se faire en dehors de la tente. Les entrailles de la victime sont jetées; les Sarûrùt seuls, à cause de leur grande pauvreté, les ramassent et les mangent.

Les bédouins n'expliquent pas leurs coutumes, ils se contentent de les conserver. Dans le cas présent, ils m'ont dit pourtant que, dans leur pensée, les habits placés sur la chamelle sont destinés au mort qui est nu et a besoin de vêtements; la chamelle doit lui servir pour accomplir son pèlerinage à la Mecque. La fête du daliieh parait offrir un double aspect : un sacrifice pour les morts, car, en immolant sa victime, le sacrificateur dit : « 0 un tel, prends ta victime; point de cécité en elle, point de contorsion (aucune maladie qui lui fasse remuer la tète) et, par Dieu! je suis véridique^^ »

D'après Ibrahim at-Touâl, le dahieh, chez les Arabes, est aussi parfois ordonné à l'expiation des péchés. Le sacrificateur dit alors : « 0 Dieu! reçois ma victime^! » Tout doit passer par le feu, même les pieds et les entrailles qui sont jetés.

La chamelle qui doit être sacrifiée est, chez certains Arabes, les Rualah par exemple, amenée devant la tente, tout près de quelques pierres plates disposées sur le sol en forme de dalles, et destinées à recevoir le sang de la victime. La pierre qui aura été ointe de ce sang sera mise par Allah dans un plateau de la balance, au jour du jugement. Les péchés du mort seront déposés dans l'autre, et si la pierre l'emporte, les péchés seront pardonnes. D'après Mohammed ed-Diâb, chez les Eben Rasïd le sacrificateur perce le cou de la victime, qui est conduite aussitôt autour delà maison; le sang, en

1. Tout défunt doit être honoré par un sacrifice, qui généralement est offert à la fête de dahieh qui suit le décès.

2. Voir dans le § 44, le fait du Sarâry qui emporte un morceau sans l'avoir fait passer parle feu. Cf. I Sam. 2,15.

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coulant à terre, trace une sorte d'enceinte qui protégera l'habitation.

Chez quelques Arabes, quand la victime a expiré, on fend la peau de la chamelle au-dessus de la bosse, et on répand un peu de sel dans une entaille pratiquée dans la chair.

L'importance que certains Arabes attachent au (JaJileh, comme sacrifice, apparaît dans la coutume que m'a signalée Ibr. at-Touâl dans sa maison, en présence d'un Zeben et d'un Abou'l-Ganâm. Lorsqu'un Arabe craint d'être frustré du sacrifice du dahïeh après sa mort, car il n'a personne dans sa famille pour lui rendre ce service, il l'offre lui-même pendant sa vie : sept brebis, un bœuf ou une chamelle. Après sa mort, il recueillera les mêmes avantages que si l'immolation avait été faite pour lui par un autre, à l'époque voulue, c'est-à-dire à la grande fête du dahieli qui suit immédiatement le décès.

Du reste, pour les habitants de Ma'ân, le mort ne souffre nullement s'il ne reçoit pas son dahieh, mais pourtant la faute retombera sur sa famille. Pour ce sacrifice, il faut une chamelle qui peut être remplacée, pendant sept années de suite, par l'immolation d'une brebis.

Dans le cas où le mort n'aurait pas reçu son dahieh, il apparaît parfois à un membre de sa famille qui se hâte de lui préparer un repas funéraire.

Toujours à Ma'ân, le haicly (3>^), agneau d'un an, est jugé impropre au sacrifice du dahieh. Sâleh, mon interlocuteur, prétend que le dahieh n'est pas fait pour les morts, mais bien pour les vivants. Ceux qui le peuvent, se procurent une chamelle, lui mettent du kohel sur les yeux, parce que le bélier qu'Allah dans sa miséricorde envoya à la place d'Isma'ïn avait les yeux teints de kohel; il la fait boire, car il est convenable qu'elle meure sans avoir soif; ensuite, on lui tourne la tête du côté du sud, on la fait accroupir et on lui ouvre le cou pour répandre son sang à terre.

Jours fastes et néfastes.

Si grand que soit le respect des nomades pour les fêtes traditionnelles, il ne saurait cependant égaler en ténacité leur croyance à la division du temps en périodes propices ou nuisibles. En d'autres termes, les jours fastes et les jours néfastes sont connus des bédouins qui en font le plus grand cas pour la direction de leur vie.

Sont néfastes d'abord les tàsû'^ (pj^'^) ou nombres dans lesquels entre le chiffre neuf; ces jours-là, il n'est point permis au gazou de se mettre en route : il ne partira donc pas, ni le neuf de chaque mois, ni le dix-neuf, ni le vingt-neuf. On a remarqué, disent les Arabes,

que toutes les expéditions commencées un jour tâsu ont échoué.

En second lieu, sont néfastes les jours qui sont multiples de sept, par conséquent cjualorzc, vingl-un, vinyl-huit. I.e troisième jour de la semaine est néfaste : « En ce jour, dit un proverbe, ne marche pas vers ton but. » Le vendredi est néfaste pour se mettre en route.

Le premier jour, le deuxième, le cinquième de la semaine, sont favorables pour la marche : le'ilet et-lenein, el-wugûh zeïn, dit un proverbe, <( la nuit du deuxième, la marche est excellente ».

Eu revanche, il n'est pas expédient de commander un habit neuf le samedi ou le jeudi : en-nahâr es-sabt wcil-ljamls là tafa l qamlsak^, « le samedi ni le jeudi, ne fais pas ta chemise ». Mais le samedi on peut se mettre en route.

Le premier mercredi du mois est heureux, à moins qu'il ne tombe le premier du mois.

Un bédouin des Gabarât m'explique comment quelques Arabes du Négeb, tout en observant les règles ci-dessus tracées, croient prévoir à l'avance la bonne issue d'une entreprise. Ils fondent leurs calculs sur une sphère i^) céleste appelée par euxfalak ed-dawcir et procèdent de la façon suivante. Le premier jour du mois, la falak est cachée en terre; c'est un jour néfaste par- dessus tous les autres, qui n'autorise le commencement d'aucune entreprise. Le deuxième jour du mois, la falak ed-daicàr a. passé au nord; le troisième jour, elle est à l'ouest, le quatrième jour on l'aperçoit au sud, le cinquième jour elle se tient à l'est, le sixième jour elle est de nouveau cachée en terre, mais le septième jour elle se montre de rechef au nord et poursuit les jours suivants son tour semblable de tous points à la première tournée qu'elle a déjà accomplie. Sans cesse elle recommence cette course régulière de manière à rester cachée en terre le dernier jour du mois et le premier jour du mois suivant. Le bédouin veut-il entreprendre une razzia? il cherche à déterminer la position de la falak. Si dans sa marche contre l'ennemi, il lui fait face, il ne réussira pas, car elle lui est contraire; par conséquent, le deuxième jour du mois il ne pourra pas marcher vers le nord, ni le troisième jour vers l'ouest, etc. Mais si la falak n'est pas devant lui quand il ira combattre sou adversaire ou enlever ses troupeaux, il peut compter sur le succès. Il sera facile de constater l'étrangeté de ce récit. Peut-être pourrait-on rapprocher cette falak ed-dawâr de la falak et-tadwlr de l'astronomie arabe.

1. A Babylone : « Le seplième jour est un.... jour propice, jour mauvais. Le pasteur d'hommes nombreux ne doit pas.... changer le vêtement de son corps, mettre un habit brillant «. Lagrange, Études sur les relig. sémit., 2" éd., p. ^92.

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