‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 13 sur 159 · Cf · texte numérisé non relu

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les villes comme Jérusalem à entrevoir la nécessité de réducation pour les jeunes filles. Il n'est point question des diverses confessions chrétiennes, qui, suivant leurs moyens, ont constamment veillé à propager l'enseignement. îMais dans les campements, alors même qu'un hâtîb, entretenu par le cheikh ou par la tribu entière, enseigne la lecture et l'écriture à quelques en''ants privilégiés, la jeune fille est appliquée aux différents travaux manuels réservés aux femmes. Ce que nous appelons « soins du ménage » est singulièrement simplifié dans un genre de vie si primitif. Mais abstraction faite de la toilette, de l'ameublement et de la tenue d'une maison bourgeoise, il reste les occupations primordiales, essentielles à toute famille. La femme prépare les aliments', à moius qu'il ne s'agisse de la maison du cheikh, dans laquelle, à cause du grand nombre d'hôtes, un intendant est préposé à la préparation et à la répartition de la nourriture, A la femme incombe le devoir de procurer le bois nécessaire. Au désert, les arbres faisant défaut, les herbes, les buissons, les arbustes, tout cela vert ou desséché, alimente le feu; les crottins de chameau (iW) sont toujours utilisés, ordinairement pour préparer le café. Un autre élément indispensable à la nourriture, c'est l'eau. Aller la chercher constitue une des principales occupations de la femme. Le campement est dressé parfois à une distance d'une heure et demie, deux et jusqu'à trois heures, dune source, d'un ruisseau ou d'un puits. Le matin, dès la première heure, des groupes de dix ou quinze femmes ou jeunes filles attachent sur les ânes les outres nombreuses qui sont sous la tente; quelquefois elles emmènent avec elles des chameaux chargés de grandes rawleh et, tristes ou gaies, prennent le chemin de l'eau. Lorsqu'elles sont ainsi en marche vers un ruisseau, on les appelle les ivdridût (o'^^^j y') « celles qui descendent »; lorsqu'elles reviennent, elles sont désignées sous le nom de Sàdirât (c^'t-^'^vs)') « les remontantes » ou celles qui s'avancent. Un peu avant midi, elles sont de retour au campement. L'eau apportée est distribuée aux hôtes, à la jument du cheikh ou du mari, aux quelques brebis malades qui n'ont pas suivi le troupeau aux pâturag'es. Une portion est réservée pour le repas du soir; souvent, il n'en reste pas suffisamment; dans un campement il m'est arrivé d'attendre jusqu'au lendemain une goutte d'eau pour apaiser ma soif. En principe, en effet, les wàridot ne se mettent en marche qu'une fois par jour, dans la matinée. Le soir surtout, elles ne doivent point s'éloigner, courant risque de faire une

1. C'est elle aussi riui est chargée de moudre le grain avec le i>elit moulin raha), mais beaucoup d'Arabes font maintenant moudre leur grain aux moulins à eau de l'ouâdy Hesbân ou de l'ouâdy Benï Hammâd, ou même aux moulins à vapeur établis à Mâdabâ.

mauvaise rencontre ou d'èlrc soupçonnées d'avoir fixé un rendez-vous coupable.

Au printemps et pendant l'hiver les femmes préparent le beurre, apprêtent le Icben pour la journée et font provision de f/cbgeb'^ pour l'époque improductive des temps de la chaleur. A la belle saison il convient également de prévoir les améliorations nécessaires à la tente pour les journées rigoureuses du froid et de la pluie. Telle bande d'étofl'e trop usée aura besoin d'être changée. C'est la femme qui en tissera une autre. Elle fera un ivll- (fig. 1). Chez certaines tribus, l.i matière première, le poil de chèvre, fait défaut; on achètera le tissu préparé, soit à une tribu voisine mieux favorisée sous ce rapport, soit aux bazars des villes. Chez les Fâïz une vieille superstition interdit aux femmes de se livrer à ce tissage. Un des premiers cheikhs, dit la tradition, avait ordonné à ses femmes de fabriquer un nôl. Pendant que s'accomplissait l'ouvrage, plusieurs de ses chameaux, robustes et vigoureux, tombèrent tout à coup frappés d'une maladie mortelle : « C'est le nOl qui les a frappés ! » s'écria le cheikh, et il fit cesser le travail. Depuis cette époque, les femmes des Fâïz ne se livrent plus à cette occupation, par crainte de quelques malheurs nouveaux. Mais dans cette tribu, comme parmi les autres, elles préparent les vêtements, les entretiennent, les conservent et les réparent. Si la plupart des Arabes, par suite de leur pauvreté, sont fort parcimonieux dans leur habillement 3, et usent jusqu'au dernier fil les habits qu'ils

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