Cf. s
2. Pour tisser une bande d'étoffe [saqqah) pour la tente, les femmes dressent le nôl, métier primitif mais donnant d'excellents résultats; il comprend diverses parties.
Les fils sont d'abord tendus entre deux morceaux de bois 'awd el-nôl; il y en a deux couches superposées et pouvant facilement s'entrelacer : c'est la chaîne, le nlreh (5»J). Une corde el-qelâdeh (s^i^JjiJÎ) prend les fils supérieurs du nôl et les empêche ainsi de s'embrouiller avec les fils de dessous. En avant du nlreh se trouve un morceau de bois appelé eWuT/'e/i ('i3',jsr h. La navette pour passer le fil delà trame s'appelle el-maisa'' (^sJus^M), les femmes prononcent el-tnawsa" (jî^l-c-J'). Après chaque tour de navette, le tissu est serré très fortement par un coup de menhûz ( Lsr*^), morceau de bois de la largeur du nôl- Pour débrouiller les fils de la chaîne, les femmes se servent de la masqâ (!jùL/s), corne de gazelle préparée en forme de crochet. Le nôl tout entier peut avoir quarante coudées de long.
Certaines femmes ont la spécialité de tisser le nol et vont travailler dans les campements.
3. Il n'est pas nécessaire d'écrire tout un chapitre sur le vêtement de nos bédouins. En général, ils portent une longue chemise blanche, serrée aux reins par une ceinture, et revêtent par-dessus \"ahâ, manteau grossier en poil de chèvre ou en laine; pour dormir, surtout en voyage, ils s'enveloppent dans ce manteau. Sur la tête, ils portent le kefîeh, grand mouchoir de couleur noire, quelquefois blanche, retenu par une corde en laine, ''agal, autour de la tête. Beaucoup d'Arabes vont pieds nus; ils se préparent eux-mêmes
portent, il n'en reste pas moins vrai que la propreté, l'élégance et un certain luxe se remarquent aisément chez les cheikhs et les principaux membres du clan. 11 appartient à la femme de veiller à ce que son mari soit satisfait ou môme flatté dans son goût. Il est à peine nécessaire de noter que pour ses ornements personnels, ses bagues, ses bracelets, ses colliers, tous ses atours, elle sait, comme partout, déployer une industrieuse habileté.
Mais son vêtement ordinaire atteint les extrêmes confins de la simplicité. Il se compose d'une longue robe, en étoflfe bleue, d'une longueur de deux ou trois mètres, enveloppant le corps tout entier. Une ceinture retient cet habit et permet de le relever. Le pli ainsi obtenu retombe majestueusement sur les genoux, parfois jusqu'au talon, et donne à ce vêtement, si simple, son air de gravité et de modestie. Chez les Béni Saher, on emploie quelquefois six behârem (-»,'-^)' pour une robe traînante, ornée de longues et larges manches. Les Belqâwîeh et les habitants de Mâdabâ se contentent de quatre behârem (fig. 2). Les Sammâr et les Sarârât sont plus parcimonieux : la robe sans ceinture enveloppe simplement le corps. Lorsque les femmes Sarârât sont dans la nécessité, me dit un Arabe, elles se couvrent d'un 'abâ qu'elles cousent avec de minces lanières de cuir et elles se contentent de ce simple vêtement. Elles sont loin du luxe excessif de certaines matrones des grandes villes, qui gardent toujours un goût très prononcé pour les riches vêtements et les parures brillantes. Elles aiment à se couvrir de bijoux surtout à l'occasion de certaines réunions nocturnes où elles paraissent chargées de pierreries et de diamants, généralement empruntés pour cette circonstance chez les bijoutiers de la localité-. Cet usage ne s'est pas implanté au désert. On y trouve cependant une certaine affectation dans le soin déployé à parer la fiancée le jour de son mariage. Mais en temps ordinaire la femme bédouine est éloignée de cette recherche dans la toilette par ses multiples occupations quotidiennes et les vils travaux auxquels elle est appliquée. Elle se plait pourtant à porter des bracelets et des colliers de perles, La femme de Harb, cheikh des 'Atâwneh, avait un large nezem en argent au nez. Chez les Touâl, j'ai vu une femme, ornée de la tàgah Q^^-^), grand plastron en argent en forme de crois -
des sandales, ou achètent des bottes rouges. Pour traiter la question des vêtements arabes il faut utiliser Dozy, qui malheureusement n'est pas entre mes mains.
1. i^^j pl. ^,L,j est le nom que les Arabes donnent aux morceaux d'étoffe qu'ils
achètent pour confectionner la longue robe des femmes. Chaque beharmeh mesure quatre coudées. Les Rualah lui donnent le nom de terâqah.