‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 15 sur 159 · Cf. Jacob, Altarab. Beduinenleben, p · texte numérisé non relu

Cf. Jacob, Altarab. Beduinenleben, p

COOTUMES DES ARADES. 3

n COUTUMES DES ARABES.

sant, auquel sout suspcuducs des chaînettes de même métal, terminées par une monnaie d'or. Jadis les bédouines aimaient à porter la tOgah; elle est très rare aujourd'hui'. Le tatouage- aux bras, aux jambes et sur la figure, est au contraire fort répandu. Dès leur enfance les jeunes filles sont soumises à cette opération qui laisse des traces indélébiles. Avec un instrument tranchant, ou avec une épingle, l'opérateur, généralement un charlatan, un naivàry ou un kiràry, fait des incisions sur la patiente et infuse dans la petite cicatrice quelques gouttes de couleur. Le liquide pénètre ainsi les chairs, et y forme comme une incriistalion fixe.

Ce ne sont pas seulement les femmes qui se mettent du hohel sur les yeux pour augmenter leur beauté ; les hommes en font un usage très fréquent, croyant ainsi accroître l'acuité de leur vue, el protéger leur organe"^. « Le regard est pins perçant, disent-ils, lorsque les paupières sont peintes de noir. »

AuNégeb, je l'ai maintes fois constaté, les troupeaux de brebis ou de chèvres sont confiés à la garde des femmes ou des jeunes filles; en Moab, cette occupation est plutôt réservée aux hommes, sans exclure cependant les femmes. Au Gébâl et près du Nébâ, j'ai rencontré plusieurs fois des troupeaux confiés aux soins d'une jeune fille. Le fait est même fort incommode pour le voyageur qui voudrait acheter un mouton ou se procurer du lait. Impossible de traiter avec une femme; on doit attendre une meilleure occasion.

Parmi les occupations de la femme on pourrait encore signaler les soins donnés aux hôtes, lorsque le mari est absent. Elle apporte immédiatement le nécessaire pour préparer le café, dépose le tout entre les mains de l'hôte et se retire dans la partie de la tente qui lui est attribuée. Chez Harb cependant, cheikh des 'Atâwneh, je fus reçu par sa mère, qui vint s'asseoir auprès du foyer, lia conversation, et fit circuler le café. Mais à l'arrivée du frère du cheikh elle se retira. Sous la tente de Mohammed Diâb, je fus également honoré de la visite d'une vieille matrone bédouine, la mère de Mohammed, fort respectée de son fils. Le soir, elle vint prendre part au repas. L'extraordinaire de ce procédé tenait à deux causes; l'amour du fils pour sa mère et le désir d'être agréable à l'hôte. Dans les réunions d'hommes, la jeune fille ne parait jamais.

Lorsqu'elle atteint l'âge de douze ou treize ans, elle doit penser au

1. Elle est nommée taouq chez les Sammâr et les Abou Selmâii et elle est usitée pour les filles des cheikhs.

2. C'est le UA--< arabe, usité à Jérusalem chez les musulmans et quelques chrétiens.

3. Et en effet ils évitent ainsi en partie l'action chimique néfaste des rayons violets.

mariage. Rarement il lui est permis de dépasser cette limite. Dans cet acte qui décidera de son existence, elle joue un rôle passif. Les pourparlers s'engagent, et le contrat est signé à son insu'; souvent elle n'a jamais vu celui qui sera son maître définitif. C'est ordinairement aux approches du mariage que la fille est soumise à la circoncision. Cette pratique des anciens Arabes ^ n'a point disparu du milieu de quelques tribus actuelles. D'après l'affirmation de nombreux interlocuteurs, elle est en usage chez les Terâbïn, les 'Azâzmeh, la plupart des tribus de Kérak et les Hamri'îdeh. A Ma 'an, rendez-vous obligatoire des caravanes du désert, elle est très répandue : on lui donne môme le nom spécial de sirr, « chose cachée et mystérieuse », peutêtre parce qu'elle se pratique en secret. Chez les autres tribus, on lui conserve le nom ordinaire de taher, « purification ». Ce sont les femmes qui se la donnent entre elles -^ Mais cette pratique est inconnue à d'autres tribus. Une question à ce sujet provoqua de singulières plaisanteries au campement des 'Agârmeh. Les Adwân ne paraissent pas non plus l'avoir conservée. Dans aucun cas elle ne fournit l'occasion d'une fête ou d'une réjouissance publique comriie la circoncision des enfants mâles.

Conduite sous la tente de son mari, la femme sera heureuse le jour où elle lui donnera un fils. Au contraire, la tristesse et la dépression morale s'emparent de son âme si elle est frappée de stérilité. Dansée cas, elle ne néglige aucun moyen pour modifier un état qui serait à jamais son opprobre. On m'a dit que souvent elle mange un fruit destiné à lui procurer la fécondité. Fréquemment la femme stérile emprunte la robe d'une femme qui a beaucoup d'enfants, espérant, par l'intermédiaire de ses habits, participer à sou privilège ! Le recours aux écrits cabalistiques est quotidien. Les maugrebins et les nawâr ont tous la capacité de délivrer pareils billets. L'infortunée se présente devant le sorcier ou le savant, lui expose son cas, lui demande un écrit. Moyennant une légère rétribution, ce dernier trace sur une feuille de papier quelques versets du qor'àn ou une sentence inintelKgible, qu'il lui remet. L'intéressée doit porter cela soigneusement sur elle et ne le quitter jamais. C'est un talisman infaillible, et

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