‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 152 sur 159 · Voir sur ces diverses exigences S 21 et S 2î · texte numérisé non relu

Voir sur ces diverses exigences S 21 et S 2î

2. Sattâm ne déclare pas tout de suite la guerre aux 'Azeizât, parce qu'ils sont fanlb des Ilamâ'îileii, et par conséquent sous leur protection; les attaquer, c'était entrer en lutte avec les Hamâ'ïdeh; le Saliâry crut prudent d'attendre.

dant, les principaux de la tribu se réunissent en conseil : « Le Gouvernement est pour nous, dit Sîileh; c'est un point capital, mais cela ne sulliL pas; bientôt nous vivrons seuls au milieu d'Arabes qui seront excités sans cesse contre nous parles Mogally ; nous devons nous ménager des alliances et nous faire reconnaître par les autres tribus. » Aussitôt décidé, le projet est mis à exécution. JMitouré de j'ouâl et do Merâr, le cheikh Sâleh se rend d'abord à la tente d'Abou Rubeïhch, leur protecteur : « Dès maintenant, nous t'annonçons, ô cheikh Abou Rubeïhch, que nous quittons pour toujours Kérak et les Moyally; on second lieu, nous voulons que désormais l'alliance existe entre vous et nous; nous voulons établir le ben'ameh; acceptes-tu ou refuses-tu? » — « So3^ez les bienvenus, » répondit Sâlem abou Uubeïheh, d'accord avec sa tribu. Le jour même, en assemblée plénière, l'alliance du ben'ameh^ fut conclue solennellement entre le cheikh Sâleh et le cheikh Sâlem abou Uubeïheh; et ce dernier reconnut Sâleh comme

le 'allm (*J^), ou le qal'id 'ilm [J^ A.i5) des 'Azcizât-. Cet acte, dû à

l'habile diplomatie des chefs chrétiens non moins qu'à l'actuelle bienveillance des Hamâ'ideh, était d'une importance capitale pour la petite tribu. Jusqu'à ce moment, en elfet, elle était plus ou moins tributaire des Mogally, sans indépendance et sans autonomie. Aucune autre tribu ne lui reconnaissait le droit d'avoir un cheikh indépendant, de faire des alliances, d'agir comme un petit état constitué, ne devant qu'à sa sagesse et à la vertu de son bras la liberté de sa conduite et de ses actions. C'est avec une certaine satisfaction qu'Abou Rubeïheh accomplit cet acte de diplomatie bédouine; il avait présentes àl'esprit ses vieilles querelles avec les Mogally dont il redoutait toujours la puissance; très adroitement, il les privait de leurs meilleurs guerriers dont il se faisait des amis, puisqu'ils juraient avec eux le ben'ameh qu'ils n'avaient pas avec les gens de Kérak. Le cheikh Sâleh assisté de ses deux conseillers, encouragé par le premier succès, se rend au camp de IJâled abou Breiz, cheikh d'un autre clan des Hamâ'ideh, jure avec ce dernier l'alliance du ben'ameh, et fait reconnaître son titre de cheikh des Wzeizût. Enhardis par le succès, ces fiers chrétiens veulent assurer l'avenir, se ménager des alliances, se préparer des amis pour le moment de la lutte. Nos trois 'Azeizât, unis dans le même dévouement et le même désir de triompher de tous les obstacles, montent à cheval pour entreprendre une tournée d'alliances. Successivement ils se présentent au camp des Ab'al-Cianam, des Izâldeh, des 'Adwân, des Zeben, des Béni Hasan. Partout ils sont accueillis avec bienveillance, partout Sâleh se fait reconnaître comme cheikh, partout l'alliance ben'ameh est solennellement jurée sur le glaive. Décidément, le succès couronnait les démarches des chrétiens, qui menaient rapidement ces négociations : « Hâtons-nous, répétait Sâleh, hâtons-nous; l'ennemi ne tardera pas à venir. » Le grand adversaire, c'était Sâttâm, qui était reparti pour Naplouse

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