‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 153 sur 159 · Voir le terme dans f · texte numérisé non relu

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afin de s'opposer, auprès du Gouvernement, à l'installation définitive de la communauté chrétienne à Mâdabâ. L'attitude du pacha, et un cadeau habilement présenté, le portèrent à se désister; il reprit le chemin de sa tente où il apprit l'habile et prudente manœuvre des 'Azeizât. « Si maintenant je leur fais la guerre, j'aurai contre moi tous les Arabes, » dit-il, et il jugea très sage de se montrer bon voisin. Cependant, Mâdabâ n'était pas encore occupé d'une façon définitive. Ce n'est qu'à l'époque de la moisson suivante que les chrétiens levèrent leur campement de Dibân et vinrent se fixer auprès de cette ruine qu'ils convoitaient depuis si longtemps, et dont il leur faudrait encore disputer la possession. Leur premier acte fut de faire trois grandes parts des ruines elles-mêmes et des terres adjacentes qui leur étaient octroyées. Car deux autres tribus chrétiennes de Kérak s'étaient décidées à partager le sort des 'Azeizât : les Kerâdseh etlesMa'à'ieh. Ce fut d'abord dans les grottes fort nombreuses, situées à l'ouest du tell, que se logèrent ces braves gens, autour de leur pasteur; ils n'osaient pas encore entreprendre la reconstruction des ruines; car les longues péripéties de leur exode avaient grandement diminué leurs modiques ressources. Du reste plusieurs d'entre eux préféraient encore latente comme leur étant plus familière; tous enfin prévoyaient de grosses difficultés, avant leur établissement définitif dans leur nouvelle patrie. Un incident imprévu ne tarda pas en effet à prouver le bien-fondé de ces appréhensions. Les Mogally de Kérak, voyant leur proie leur échapper, se décidèrent à tenter un dernier effort. En nombre considérable, ils arrivent h Mâdabâ. Mohammed descend chez les 'Alâmât, une puissante famille des 'Azeizât, et dit : « Revenez avec nous, nous vous donnerons des terres et du bétail; vous serez honorés parmi nous », et il les suppliait avec larmes de ne pas achever la scission. Les 'Alâmât répondirent : « Nous sommes arrivés jusqu'ici; c'est ici que nous voulons habiter; pour toi, retourne à ta demeure. Si tu veux être notre ami, sois notre ami; si tu veux faire la guerre, nous la ferons; mais nous ne retournerons plus à Kérak. » Le cheikh des Mogally, avec sa troupe, se retire chez les Hamâ'ideh; il envoie un messager à Sattâm pour lui reprocher de n'avoir pas renvoyé les chrétiens. Sattâm répondit : « Mon glaive est trop court; les Arabes et le Gouvernement sont contre moi. » Furieux, Mohammed remonte à cheval et, suivi de cent cavaliers, revient à Mâdabâ sommer une dernière fois les 'Azeizât de réintégrer Kérak. Ceux-ci refusent. A peine de retour chez les Hamâ'ideh, le cheikh des Mogally dépêche des messagers aux chrétiens pour leur dire : « Aleikum en-naqâ lua 'ala Belqà kullôh, sur vous l'innocence ainsi que sur tout le Belqâ'. » C'est une déclaration de guerre. « Accepté, magôow/, » répondirent les 'Azeizât. Cependant Abou llubeïheh, le cheikh des Hamâ'ideh, a préparé un repas au cheikh des Mogally; celui-ci refuse de manger : « 0 Béni Hamideh, s'écrie-t-il, j'ai une faveur à vous demander. » — « Quelle est-elle, ô illustre guerrier? » firent les Hamâ'ideh. « Il faut, reprit Mohammed, rendre la naqd

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