‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 155 sur 159 · iG. -2. -- Jeune bédouine île MfHlaljâ. (P. o · texte numérisé non relu

iG. -2. -- Jeune bédouine île MfHlaljâ. (P. o

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I''ig. (i. — In repas cliez les 'AirixMieli. (V. "(>.)

Planche IV,

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Planche Y

Fkj. 8. — 1)0 liinsues iiatles de lIicm-uv hlirnds étaient sus|ieiuliics au-ilessus lie la srpullurc... (P. 9V.)

J'k;. r<, — Altarlics à une corde, des eliilïons en nomltre considérahle..

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Fia. 11». — J.i' sang est ycuûralemcnt icpancki sur la tombe,.. P. 30!).

Fkj. 0. — Certains Arabes préfèrent le type du caisson en pierres brutes adosse a {un mcliur. C'est le mode usité à 'Ain Qedeis... P. 98, plan et vue.,

Fia. 1". — Au tombeau du \\uly Soueireli nos Arabes tirent tous une visite au Saint...

PLANniK VII.

Kir.. 10. - La dollali représente une Marque plac('e sur le chameau...

l-'ir,. 11. — C'est une sorte de berceau parlaitciuent susiieuiUi... I'. 1".}.)

l'ic,. i:{. — Les chameaux |iaisseut en pleine liberlê couiinc les moulons cl les chèvres.

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FiG. I-i. — Les ânes... suai amenés sur le blé élemlu et |)iétincnt la journée entière... P. -2o3.)

Fin. is. — On réunit aupns d'une «maison lic poil » les sncs l)icn pleins... i». ■2',(,.

Fio. !.■;. ~ Les moissonneurs roupent le lilé et li)nt des serbes... P. -l'iî.

Planche IX.

Carte sclicmali(|ue localisant a|)|>r.iNimativcmciU les trihus.

IBRAHIM AT-TOUAL

Ibrahim at-Touâl' est un bédouin chrétien de Mâdabâ. Sa connaissance du pays, son habileté, son courage et sa loyauté le recommandent à tous ceux que l'amour du désert et le désir de l'étude attirent au pays de Moab. C'est en 1890, lors de notre premier voyage à Pétra, que j'ai fait sa connaissance. Depuis ce jour, Ibrahim est devenu un de mes guides chaque fois que la Providence m'a ramené en ces lieux pleins d'attraits. Pendant nos longues chevauchées de jour et de nuit, ce brave compagnon qui ne laissait passer aucune colline, aucune vallée sans m'en dire le nom et l'histoire, m'a raconté, dans un langage pittoresque, les événements auxquels il a été mêlé : guerres continuelles, razzias brutales, vengeances terribles, exploits audacieux. Il a été, de plus, une des causes principales qui déterminèrent sa tribu, les 'Azeizât, à sortir de Kérak pour venir se fixer à Mâdabâ. La vie de ce bédouin sera comme un complément à Tappendice précédent.

Ibrahim, dont je reproduis le récit, ne m'a rien raconté sur sa première jeunesse. Le premier fait qui le lança en plein dans la vie et lui ouvrit les yeux sur les responsabilités personnelles, fut un événement douloureux : la mort de son père. C'est dans une expédition contre les Ilaweïtât et les Arabes du ouâdy Mousâ qu'il tomba, frappé par une balle, non loin de Tafileh. Ce fut un coup amer pour le jeune at-Touâl. « La soif de la vengeance submergea mon cœur, me dit-il; le sang réclame du sang; par Allah, j'ai juré de tuer dix ennemis pour la vie de mon père. »

Ibrahim avait dix-neuf ans. Mohammed Mogally, cheikh de Kérak, organisa un formidable gazon contre le Gébâl. Sous la conduite de son lils, Mosleh, 180 cavaliers, chrétiens et musulmans, sortent de Kérak. Ils se dirigent vers Sôbak par les ouâdys pour dérober leur marche à l'adversaire. Ils fondent sur les Ilaweïtât campés à Basta, leur tuent cinq hommes, enlèvent 2.000 chameaux qui sont amenés à Kérak par quelques cavaliers. Voyant les Eben Gâzy en fuite, dans la direction du hirb. Qarneh

1. Je donne la vie d'Ibrahim at-Touâl d'après le récit qu'il m'en a fait lui-môme.

(ijj5). les Kérakiens se ruent comme des forcenés sur Touâdy Mousâ et attaquent le village d'el-Gy. Les habitants battaient le blé sur l'aire. Dès le premier choc, quatorze hommes tombèrent sous les balles; le reste de la population s'échappe à travers les dédales des rochers, abandonnant le village à l'ennemi. Celui-ci capte les bétes de somme, ramasse le grain, le charge sur les ânes et les mulets, met le feu à la paille, et revient à Sôbak avec un riche butin : « Cette fois, ajoute le narrateur, contrairement à l'usage arabe, les dépouilles ne furent point partagées; chacun resta en possession de ce qu'il avait pris lui-même ; pour mon compte je n'eus que cent brebis et un chameau; j'étais alors très jeune. >> A Sôbak on voulut goûter les plaisirs du triomphe, au milieu des discussions inévitables dans toute agglomération d'Arabes, surtout lorsque différentes tribus sont réunies.

Les Ilaweïtât se préparaient à la revanche. Renforcés par les Arabes du (jrébàl et ceux du ouâdy Mousâ, ils s'avancent en nombre. Les Kérakiens sortent de Sôbak à leur rencontre. C'est dans la Buqeï'ah, au-dessus de Pétra, que la lutte s'engage. Cette fois, les Mogally sont défaits; trente cavaliers restent sur le champ de bataille; parmi eux, se trouve Mosleh'. Quel que fût le courage des Mogally, ils furent contraints de se replier devant l'attitude menaçante des Haweïtât, et après une campagne qui avait duré plus d'un mois ils rentrèrent à Kérak, sans profit, sans butin et sans gloire, « car ils avaient perdu leur chef ». Il y eut un temps de répit : le repos de la braise qui couve sous la cendre; le premier souffle rallume l'incendie. Le cheikh Mohammed avait à venger son fils et l'honneur de ses armes. Il dépêche un exprès aux Fâïz, un clan des Sehour, pour leur demander le renfort de quarante cavaliers. Ceux-ci répondent à son appel, et arrivent bientôt à Kérak sous la conduite de Sattâm, leur cheikh. Mohammed Mogally prend en personne la direction des opérations; c'est au delà de l'ouâdy el-Hesâ, auprès du Rugum Abou Sôkeh, sur la hauteur, non loin de la source 'Aïn el-Hogeh, qu'ils vont s'établir; les ennemis montent de Tafïleh, mais ils sont repoussés, culbutés dans la vallée ; le combat dura deux jours; aucune action décisive ne fut engagée. A ce moment intervint un cheikh des Sehour, 'Aly 'Ere'isan; grâce à sa prudence, il réussit à rétablir la paix entre les combattants : « Quelles furent les conditions? » demandai-je à Ibrahim. « Sans condition, répondit-il. Qui a gagné, a gagné; qui a perdu, a perdu; qui a été tué, a été tué. Plus de vengeance à exercer, plus de pillage, plus de haine; la paix absolue, sans condition. » Seul Ibrahim at-Touâl fit exception : il lui fallait du sang pour venger son père. N'avait-il pas fait serment d'égorger dix ennemis? Les Kérakiens rentrèrent dans leur cité. Le repos ne fut pas de longue durée. Une razzia est bientôt décidée contre les Zeben ; on allait en venir aux mains, lorsque Eben Ma 'agel, cheikh des Rualah, réconcilia les adversaires. Suivant la formule des vieux chroniqueurs, chacun rentra chez soi.

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