‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 19 sur 159 · A rapprocher de Matth., 22, 25 ss · texte numérisé non relu

A rapprocher de Matth., 22, 25 ss

2. Quand quelqu'un demande une fille en mariage, et qu'un concurrent se présente, une tierce personne influente intervient en faveur du premier prétendant; elle écarte le second en disant : « Je prends cette fille sous ma protection » fsjjs oi^U y^s^ u!).

mes, il en faut; mais pas trop, car ensuite on ne pourra plus les tenir. » Lorsque l'Arabe n'a point de parente à donner en mariage à son fils, il cherche dans la tribu le meilleur parti. S'il tombe d'accord avec le père d'une iille qui n'est pas encore nubile, des promesses de mariage sont échangées entre les parents au nom des enfants. Une victime, immolée devant la future ou pour elle, donne la stabilité à cet engagement; un nœud est fait par le père à un iil ou à une corde, pour montrer que la jeune fille est désormais liée. A Ma'ân, des promesses faites en pareilles circonstances amènent la cérémonie de la qamleh. La discussion étant terminée — peut-on concevoir chez les Arabes une entente quelconque sans discussion? — le père du jeune homme exige du père de la fille la qamlek, un petit brin d'herbe cueilli par terre devant la maison; il le prend de ses mains, le place sous le merir (cordon) de son kefieJi; c'est le gage de la conclusion du mariage. Lorsque luit enfin le jour de la cérémonie définitive, la jeu)ie fille est amenée dans la maison de l'éponx, qui tue un agneau des'ant elle et lui met du sang sur le front; le mariage peut dès lors se consommer.

La femme répudiée peut être reprise par son mari après une sorte de cérémonie expiatoire dont nous reparlerons. Une femme répudiée peut aussi être demandée en mariage par un autre Arabe et c'est le cas le plus ordinaire. Elle prend plus de part au contrat et manifeste davantage sa volonté; ses parents et celui qui la demande sont, ainsi qu'on l'a vu, plus ou moins obligés de tenir compte de ses désirs. La veuve se trouve dans une situation tout à fait particulière. En principe, elle doit devenir la femme du frère du mari, qui a droit sur elle, et très souvent l'épouse. Si la veuve ne veut absolument pas, elle retourne chez son père, même si elle appartient à une autre tribu; on a vu déjà ce qui se passe par rapport à ses biens et à ses fils, et comment elle peut rester sous sa tente, ou plutôt sous la tente de son fils. Abstraction faite du droit de la parenté et du droit du frère sur la femme de son frère, la principale cause déterminante du mariage, c'est l'intérêt. Les filles de cheikh doivent être rangées à part; en maintes circonstances, si la parenté est nombreuse, elles ne sortent point de son cercle et sont données en guise de cadeaux. Le cheikh Za'al se réjouissait grandement le jour où il m'offrait l'hospitahté ; sa fille, qu'il avait livrée à son frère 'Awdeh, pour lui prouver son amitié, venait d'avoir un fils. La fille du cheikh est aussi donnée à un autre cheikh pour cimenter une alliance. Ces petits potentats affectent une certaine générosité, qui, en pratique, leur rapporte plus qu'un simple contrat ordinaire. Mais la grande majorité des nomades et des

demi-sédentaires regardent surtout le prix de la femme. En certaines localités, à Jérusalem par exemple, entre les chrétiens seulement, le mahar consiste parfois en cadeaux déterminés, donnés à la fiancée : tant de costumes en soie, tant d'ornements, de bijoux, pour l'usage de la femme. Mais chez les fellahs et chez les Arabes, la fille n'est point livrée au mari que ce dernier n'ait satisfait la cupidité du père. C'est lui qui gardera le mahar ^ après avoir donné sa fille. En ce sens le mahar constitue vraiment un prix ou un achat. Si la signification primitive de mahar est « faire un cadeau », avouons que le cadeau est obligatoire ~. Dans plusieurs tribus, les Ka'âbneh, les Béni Saher, à Kérak, à Ma 'an et ailleurs encore, au lieu de mahar, on se sert du mot sîciqah (iè\^)^. La racine ^^'L, signifie « pousser, faire avancer devant soi en poussant », Le masdar sJCiq (^^Vr-) égale mahar''] le mahar est soumis à autant de différences et de divergences que la dot dans les pays civilisés. Je mentionnerai quelques particularités. On m'a dit que chez les Fâîz le mahar n'est pas exigé dans les mariages qui se passent dans le sein du clan"', où ils se considèrent comme ne formant qu'une grande famille. S'ils prennent une fille d'un autre clan, des Zeben, par exemple, ils donnent le mahar et ils l'exigent dans le cas où une de leurs filles sort de la tribu.

Mosalleni le lépreux, pour avoir la belle Sobhah, sa femme, donna comme mahar à son père une vigne, cent megîdys, cent brebis, un mulet, et une fille destinée à devenir l'épouse de Daliel Allah des Heteïbât.

A Taïbeh, près de Kérak, le mahar s'élève parfois à six mille piastres.

1. Les bédouins prononcent maheroa mahar, la forme grammaticale est mahr y-^'-

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