Cf. Exode
VIE DE F.VAIILLE. o7
droits. Ainsi Sultan, le cheikh des 'Adwân, qui a deux femmes sous sa tente, en possède une troisième à Sait dans une maison particulière, et lui fait de fréquentes visites. Une des principales raisons de la polygamie réside dans le désir immodéré d'avoir une nombreuse postérité ; une de ses conséquences est la répudiation, qui tient de trop près au mariage pour ne pas être mentionnée.
La répudiation est Facte par lequel les liens du mariage entre l'homme et la femme sont déclarés rompus, et la femme est rendue à la liberté. Il suffit au mari de prononcer le mot talaqtuki « je t'ai répudiée », pour que la femme soit obligée de sortir de la tente et de retourner chez ses parents. Toutefois, ce renvoi ne sera point irrémissible^, à moins que le mari n'ait répété trois fois la formule consacrée. La répudiation triple (^--J ,^\ est considérée, par les Arabes de Ma 'an surtout, comme irrémédiable.
Les motifs de la répudiation peuvent être nombreux. Il en est qui l'exigent : l'impuissance par exemple. Un farbîl (J^^j-, « eunuque », est obligé de renvoyer sa femme. En cas de refus, il y est contraint par le père ou le frère de son épouse; on ne lui rend que la moitié du mahar.
La stérilité de la femme est un autre cas de répudiation. Étant admise la conception du nomade sur le rôle de la femme sous sa tente, il est aisé de comprendre le raisonnement très simple de ces esprits bornés et utilitaires : la femme, dans ces conditions, est inutile ; on la renvoie.
Lincompatibilité de caractère, du côté de la femme, amènera infailliblement la répudiation. J'expliquerai ce cas par un exemple. Gafel el-Agïl, des 'Agârmeh, avait épousé une femme de sa tribu nommée Habsah. Pour le mahar, il avait fourni cinquante brebis, deux vaches, cinquante megîdys et cent mesures de blé. Mais la jeune fille ne sentait aucune affection pour Gafel, et témoigna une répugnance invincible pour lui. Gafel enfourche sa jument, accourt à Jérusalem, va trouver le sorcier, lui demande un papier (>--' ^st^), qui doit faire éclore l'amour dans le cœur de sa jeune épouse. De retour au campement, il place l'écrit sur la tête de sa femme, l'attache à ses cheveux ; ce fut en vain, laiîection ne séveilla pas. Gafel essaya, par un autre expédient, d'exciter dans ce cœur un peu de tendresse pour lui; il fit brûler du papier fourni par un maugrebin, visita des wélys, fit