‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 26 sur 159 · Pour l'explication de ces termes, voir 'l · texte numérisé non relu

Pour l'explication de ces termes, voir 'l

Au diwan du R. P. Manfredi, cuvé de Mâdabâ, les anciens nous racontèrent en 1901 l'histoire suivante. Aux premiers jours de juin, les Béni Saher organisèrent une razzia contre les Beser ^ ; ils étaient conduits par le frère de Trâd ben Qama'ân; brigand redouté enire tous les chefs des Sehour, qui fut tué l'an dernier dans une expédition semblable contre les Bcser. Arrivés sur le territoire de leurs ennemis, les Sehour s'emparèrent facilement d'un troupeau de chameaux qu'ils se mirent en devoir de ramener promptement chez eux. A la première alerte, les Beser se sont réunis et préparent leur plan de campagne. Quelques hommes montés sur des chameaux plus agiles, prenant un détour, iront couper la retraite aux pillards, tandis que deux autres corps se présenteront sur les flancs de la colonne ennemie et que le gros de la troupe, arrivant à la poursuite, donnera le signal de l'attaque par quelques coups de feu inoffensifs. A l'heure dite, ces divers mouvements étaient exécutés. Les Sehour soudainement enveloppés jugent toute résistance vaine et se rendent à merci. Les Beser, beaucoup plus humains que les bédouins moins avances dans le désert, ont coutume, en pareil cas, de ne tuer que le chef de l'expédition. Mais on le cherche en vain; personne ne livre le secret et, après d'inutiles enquêtes, les vainqueurs offrent aux vaincus l'hospitalité. Gomme on 'arrivait sous les tentes, un des Beser qui avait pris part Tannée précédente au combat contre les Sehour, reconnut le frère de Trâd et le dénonça comme chef de la nouvelle entreprise; mais celui-ci était désormais à couvert, protégé par les lois de l'hospitalité. On lui demanda cependant s'il aurait eu autant de générosité à l'égard d'un Beser, dans un cas semblable, en l'engageant à dire la vérité par les plus redoutables serments : « A partir d'aujourd'hui, répondit le Sahary avec sincérité, je jure que nous agironsde même avec vous; mais auparavant, nous vous aurions tués jusqu'au dernier. » Les vaincus gardèrent leurs vêtements, mais durent livrer leurs armes et leurs montures. Pour leur permettre de rentrer chez eux, on leur fournit un chameau pour deux hommes, à charge d'en renvoyer le prix en argent dès qu'ils le pourraient. Les Sehour engagés sur parole furent ainsi rendus à la liberté. De retour dans leur tribu, ils ont acquitté en hâte et fidèlemen?t le prix convenu.

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