‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 50 sur 159 · Bolj., Il, p · texte numérisé non relu

Bolj., Il, p

4. Celui qui a fait violence à la femme de son hôte, ne peut témoigner en justice, ni le mulinwwaq, ni le vuinâll.

jnge, par les partie^; contestantes. Si le témoin est étranger, sa déposition ne sera prise en considération qu'après une attestation du cheikh de sa tribu affirmant son honoraljilité, à moins qu'il ne soit connu par ailleurs.

Lorsque ces dillerentes conditions se trouvent remplies, le témoin, invité par le juge à parler, proteste (raliord de la pureté de ses intentions et de la droiture de son cœur : « Je n'ai aucune cupidité, je n'ai aucune colère ; je ne veux que le droit; par mon cou, j'en témoigne'. » Telles sont les expressions, ou d'autres analogues^, dont il se sert pour manifester « la blancheur de son cœur ».

Il ne serait point exact de croire que tous les témoins jouissent des mêmes avantages ou soient tenus aux mêmes obligations. On distingue soigneusement deux catégories : le témoin attesté, et le témoin présent.

Le témoin attesté (3-^» ô:^Ju,) est celui qui a vu de ses propres yeux les événements dont il se porte garant et qui, au moment même où l'action se déroulait, a été 'pris à témoin par l'acteur en personne, et constitué en quelque sorte dans ce rôle par une intervention directe de sa part en lui disant : « Sois mon témoin. » C'est ainsi qu'est constitué le témoin attesté, mhed musaJihad. On le désigne aussi sous le nom de « témoin secoué d' épaules » (,^'i;:\5! 35)-^^), expression qui dénote la manière caractéristique dont il a été chargé, en quelque sorte, de manifester l'exacte vérité.

L'autre témoin porte le nom de hàder el-héir {y^\ j^^), présent au bien, qui a vu de ses yeux les événements dont il devra attester l'exactitude. Ou bien, comme disent encore les nomades, c'est le témoin qui se tient sur ses deux pieds et qui voit de ses deux yeux{}^ «^iâîj ^r^ V ^'-^j '^^j)- Dans les deux cas, le témoignage est direct, personnel, basé sur une perception immédiate des choses. Ce n'est donc pas dans le plus ou moins de certitude dans leurs paroles que nous trouverons une différence, ni dans le plus ou moins d'autorité accordée par le juge à leur déposition; je ne sache point que sous ce rapport il soit fait une évaluation proportionnelle; l'esprit oriental n'a point établi cette gradation. Il s'est porté, au contraire, sur un point moins délicat peut-être, mais assurément plus pratique et plus conforme au caractère sémitique. En parlant des tribunaux de Bagdad, Osman-bey n'a pas craint de dire"^ : « (Les faux témoins) entourent constamment

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