‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 59 sur 159 · Cf. RB., 1906, p · texte numérisé non relu

Cf. RB., 1906, p

LA YIE ÉCONOMIQUE. 237

fournir une récolte bien déterminée est devenue la propriété d'un chef, d'une famille laborieuse, d'un homme actif. Il en est tout autrement des grands espaces de terrain qui s'étendent du Gebâl à 'Amman, comprenant les champs de labour et le steppe. Ici encore, dans l'intérêt de la précision, il faut distinguer entre le terrain cultivable et les pâturages. L'humus rouge et fertile de l'extrémité méridionale du Belqâ, de la Kourah et de Kérak, attire l'attention du nomade non moins qu'il excite la convoitise du demi-sédentaire ^ En ce moment, c'est comme une sorte d'émulation pour acquérir les terrains cultivables. Il y a une quarantaine d'années seulement, la plupart de ces terres étaient reconnues se trouver sur le territoire d'une tribu, et appartenir par conséquent à cette tribu, mais au même titre que tel pâturage. Les troupeaux du clan venaient y paître en liberté; ceux des étrangers y cherchaient aussi leur nourriture ; en somme, la délimitation était assez vague, semblable à la démarcation du steppe à l'heure présente. Ces champs, sur le territoire de la tribu, n'appartenant à personne, étaient appelés ai'd Sa?nsJeh~, mot à mot « terre ensoleillée », sans propriétaire autre que la tribu; aujourd'hui, ils sont la propriété des cheikhs 3. La plupart des localités relevées et cultivées par les Béni Saher et les Mogally '* ont une semblable origine : d'autres ont été achetées. Il s'est donc produit une certaine division sans atteindre partout au morcellement de la propriété familiale; le chef et toute sa parenté possèdent un territoire : par exemple, 'Umm Rummâneh appartient à Talâl et à toute sa gens. Chez les Adwân, au contraire, il semble que le terrain de labour ait subi depuis longtemps une division plus morcelée et plus individualiste. Les 'Alawîn, en la plaine de Hismeh, entre 'Aqabah et Ma'ân^, nous mon-

1. Voir ci-après, p. 216-217, l'histoire des Qeïsîeh en lutte avec les az-Zullâm pour la possession de tell 'Arad.

2. Mâdabâ était regardé comme « terre ensoleillée », lorsque la concession en fut accordée aux 'Azeizât. Voir Exode des 'Azeizût.

Page 1