Muhammedanische Sludien
ieninil chez les Arabes. J'ai du circonscrire le cadre de mes recherches, le temps ci les ressources ne me permettant pas de l'étendre davantage. Je me suis donc borné A étudier les nomades et les demisédentaires de Moab, sans m interdire de fréquents rapprochements avec les habitauts (hi Négeb avec lesquels j'ai été souvent eu rapport'. Il y a cinq ou six ans que j'ai commencé à recueillir des renseignements, à l'occasion d'un voyag-e d'exploration ou d'une caravane biblique dirigée en ces contrées. J'ai fait deux stations plus longues chez les bédouins, consacrant î\ ce travail le temps libre de mes vacances de professeur : la première pendant l'été de 1 902, et la deuxième pendant la même saison de 1905. Quelques articles sur les coutumes arabes ont déjà paru dans la Revue biblique ; ils sont repris et en grande partie refondus dans le présent ouvrage. Comme l'établissement de la voie ferrée du Iledjâz ne manquera pas d'apporter d'importantes modifications dans la vie et les coutumes des habitants, bédouins et demi-sédentaires, il m'a semblé urgent de procéder à une enquête avant la pénétration d'idées étrangères dans une population restée neuve jusqu'à nos jours. Et l'intérêt qui s'attache à la connaissauce d'usages primitifs est rendu plus attrayant, dans le cas actuel, par la situation spéciale de ces tribus qui vivent dans un pays limitrophe de la Terre Sainte et si souvent mentionné dans la Bible. Je ne me suis proposé de soutenir aucune thèse ni d'étayer aucun système; j'ai voulu constater des faits, relever et noter des observations-. Ce ne sera pas, je l'espère, sans utilité pour la connaissance générale des religions et des sociétés orientales. Si j'ai signalé quelques rapprochements avec certaines lois ou certains faits de la Bilde, c'est un simple jalon indicateur que j'ai dressé, n'ayant point pour but de traiter un sujet si intéressant.
J'exposerai brièvement la manière dont j'ai procédé dans la cueillette des faits que je fournis à titre de renseignements. Entrer en rapport avec les Arabes parait, au premier aspect, une entreprise fort aisée. L'accueil, sous la tente, est toujours conforme aux vieilles traditions de l'hospitalité décrites si souvent par les voyageurs. Mais manger une fois en passant le mouton rôti, se régaler de beurre frais
1. Loin de moi la pensée d'avoir éiiuisé la matière; de nombreux détails m"ont sans doute échappé; peut-être me sera-t-il un jour i)ermis de compléter cette étude.
2. J'ai laissé au lecteur le soin d'apprécicir les faits; j'ai cru inutile de formuler toujours un jugement sur les détails que j'enregistrais, quelquefois sous béaéflce d'inventaire.
ou savourer, clans un grand vase de bois, le lait parfumé d'une chamelle ou d'une brebis, ce ne sera découvrir qu'un bien petit coia de cette existence bizarre; les lignes vraies, les contours réels resteront toujours dans l'ombre; les sentiments intimes ne seront point manifestés; la constitution de la famille, le fonctionnement de la tribu, et, à plus forte raison, les aspirations religieuses de l'Arabe échapperont presque totalement au visiteur qui sera bien entré sous la partie de la tente réservée aux hôtes, mais dont le regard n'aura point pénétré dans le sanctuaire intime où se déroule la vie bédouine. Pour recueillir des renseignements, il faudra se résigner à passer de longues heures, presque en silence, accroupi sur un tapis, sous la « maison de poil » qui abrite à peine des rayons du soleil ; il faudra répondre aux questions des curieux et des .indiscrets ; il faudra écarter les soupçons éveillés par le seul fait de n'être pas de sang arabe. On sera contraint de se mettre au niveau du bédouin touchant la nourriture, insuffisante pour un européen, qui aura toujours de la répugnance à plonger la main dans le plat commun et à boire dans le vase qui porte à une quinzaine de convives une eau plus ou moins limpide. Arrive le soir. De la meilleure grâce du monde, l'hôte prépare pour l'étranger un lit : un ou deux tapis étendus par terre; une selle de chameau pour appuyer la tête, une couverture qu'on saisit avec une légitime suspicion : on vous souhaite une nuit heureuse et tranquille : layletak saîdeh; mais bientôt accourent autour de vous chèvres, moutons et autres quadrupèdes, sans compter l'armée des insectes qui s'approche de plus près.
Le chercheur, en quête de la vérité sur la vie et les institutions des nomades, sera obligé de surmonter ces multiples obstacles ayant trait t\ l'alimentation et se rapportant à la propreté. C'est en fréquentant les Arabes sous leurs tentes, en conversant avec eux dans leur propre langue, en demeurant en leur compagnie, en vivant en somme de leur vie, qu'il est possible de les observer avec justesse et de connaître sûrement leurs habitudes. Ces rapports prolongés amènent un autre résultat plus appréciable; ils excitent la confiance dans l'esprit du nomade et le prédisposent à parler sincèrement de ses us et coutumes. Ma première arrivée au campement de Talâl e.xcita toutes les méfiances. « Que voulait ce hawâg? » Les uns me prenaient pour un envoyé du gouvernement qui venait les trahir; d'autres disaient : « C'est un frangy qui veut examiner nos terres pour les prendre ». Un autre groupe prétendait que j'étais un député des Béni Helâl, qui, mécontents au xMogreb, avaient décidé de reconquérir l'Orient. Dans un terrain si fertile, je voyais éclore toutes les suppositions, et germer les
soupçons les plus malveillants. Non seulement chez Talfil, mais auprès de l)eaucoup d'autres cheikhs, mes premières visites suscitèrent de semblables suspicions. On le comprendra sans peine, le premier travail consiste à rassurer ces esprits toujours accessibles au soupçon, ;\ ouvrir ces cœurs habitués à la contrainte. Mes dillérents voyages chez les nomades m'ont permis de vaincre ce grand obstacle. Tandis que, dans mes premières visites, il m'était presque impossible de prendre une note, je pouvais ensuite, auprès des cheikhs dont j'avais fait la connaissance, étaler publiquement mon carnet et fixer par écrit mes impressions. Les bédouins sont de grands enfants; en me regardant travailler, ils disaient : « sa plume ne marche pas comme celle de notre kàtcb » ; quand j'avais fini : « Écris encore ce détail, tu ne l'as pas noté »; et ils me racontaient un autre fait.
Le procédé auquel je me suis astreint est fort simple : j'ai rarement interrogé un seul bédouin à part, mais en général au milieu d'un groupe, persuadé que la discussion est fort utile dans une enquête. Souvent le dire d'un interlocuteur était corrigé par une explication donnée à propos; parfois aussi il était nié et rejeté par un témoin qui avait tout approuvé jusqu'alors. Cette négation soudaine appelait inévitablement un échange de vues et des explications nouvelles. Le débat une fois terminé, un cheikh reprenait la question et par la clarté de sa parole, la limpidité de son exposition, obtenait l'approbation de l'assistance; j'écrivais alors sans crainte d'erreur les paroles que j'entendais. Pour déterminer le sens d'un seul mot, cinq ou six bédouins ont discuté devant moi, avec le missionnaire latin dom Kittani — auquel j'exprime ici toute ma reconnaissance pour les services, qu'il m'a rendus, — depuis deux heures jusqu'à sept heures du soir alors seulement ils sont tombés d'accord sur la vraie signification et la manière de l'exprimer; cependant parmi eux se trouvaient de vieux bédouins fort expérimentés, entre autres Ibrahim iMesârweh, souvent requis par les Arabes chrétiens et musulmans pour trancher leurs difficultés en qualité de juge. Non seulement je me suis adressé à plusieurs nomades à la fois afin de contrôler les assertions au moment où. elles étaient émises, mais j'ai répété les mêmes demandes en différents centres pour me rendre compte de l'uniformité et des divergences. Les principaux endroits où les observations ont été faites et les questions posées sont : Mâdabâ, le campement des 'Agârmeh, celui des 'Adwân, celui de Talâl, clieikh des Sehour, celui des Hamâ'îdeh, des Ka'âbneh, des Mogally, d'Abou Tâ'îeh, du cheikh Mosallem, du cheikh 'Abd el-Gany, de Harb, cheikh des 'Atâwneh, de Motlaq, cheikh des Foqarâ; j'ai rencontré ces deux derniers à Ga'far; un
INTRODUCTION. o
séjour assez prolongé à Kérak et à Ma âa m'a permis de recueillir un grand nombre de renseignements.
'Awdeh ben Sâleh m'a toujours servi de compagnon; sa connaissance des Arabes et la finesse de son esprit m'ont été d'une grande utilité. Gomme il est très difficile à un Européen qui ne vit pas constamment avec les bédouins de comprendre les différents idiomes et surtout de saisir les nuances de ces expressions pittoresques couramment employées dans le langage ordinaire, il est bon d'avoir un Arabe intelligent qui expliquera dans sa propre langue une expression par une autre et qui se fera un devoir de faire saisir sa pensée^.
A la fin de cet ouvrage, on trouvera en appendice une liste des tribus de cette région, suivie d'une deuxième liste des tribus du Négeb'. Pour déterminer le champ de mes observations, il ne sera pas inutile dès maintenant de donner un simple aperçu géographique.
Quand, des hauteurs de Hesbân ou de Sâmek (prononcé Sâmeg), le voyageur porte son regard vers le sud, il croirait contempler devant lui une plaine continue, modelée uniquement par de légères ondulations de terrain parmi lesquelles émerge d'une façon plus accentuée le gébel Sihân; mais l'œil est en faute; il ne découvre pas les deux profondes vallées qui déchirent cette contrée, le Wâleh et le Môgib qui se réunissent avant de se jeter dans la mer Morte. Les profondes déchirures de leurs pentes abruptes attestent la violence de l'érosion qui les a produites, après la grande secousse qui dut se faire sentir tout autour de la mer Morte ; mais on dirait que ce contre-coup a été
1. Prendre un drogman comme interprète auprès des Arabes peut être indispensable à ceux qui ne sont pas familiarisés avec la langue indigène, mais une telle nécessité n'est pas sans inconvénient puisqu'elle place un intermédiaire entre le demandeur et les esprits qu'il veut étudier. En guise d'information je veux rapporter un trait typique, touchant ce sujet délicat; on me l'a raconté dans un campement auprès de Kérak: je cite les paroles des bédouins : « Un Hawâg, me dirent-ils, conduit par un drogman, est venu se promener dans notre pays; il faisait comnie toi, il écrivait tout ce qu'il voyait; il mesurait les pierres, il faisait du dessin (resem), il voulait tout voir; nous ne savons pas pourquoi; Allah le sait! Pourtant il ne connaissait pas l'arabe; son drogman lui expliquait tout; ici même, il demanda le nom de quelques oiseaux, du gerâb (corbeau), du hubâra (outarde), à'abou Sa'ad (cigogne). Mais son drogman était ennuyé de s'entendre toujours interpeller. A une dernière question du voyageur qui voulait connaître le nom d'un autre oiseau, il répondit : il^an abouk, et le monsieur a écrit sur son calepin, comme nom d'oiseau, il'an abouk. » Or ces deux mots forment une imprécation, fréquemment employée chez les fellahs surtout et qui veut dire : « Qu'Allah maudisse ton i)ère. » Si l'histoire est vraie ou fausse, Dieu le sait! dirai-je à mon tour; un fait est certain, elle m'a été racontée en ces termes et elle manifeste l'appréciation du bédouin sur le voyageur.
2. Ldi Revue biblique à T^àûé plusieurs fois du Ncgeb, années 1896, 1897, 19ûi, 1905, 1906.
plus sensible à l'orient de celle-ci. Du cùtc occidental, soit dit en passant, il y a des vallées escarpées, telles queZoulieïrali, Umm Baggeg-, ou. Seïâl, ou. Derâgch, ou. en-NAr, pour ne nommer que les principales; mais il semble qu'elles doivent moins à l'érosion que les crevasses béantes cle Moab, et qu'elles accusent une dislocation moins proi'onde que le Zcrijâ Ma'ïn, que le Ueidàn, que l'on. Béni IJammâd, que l'on. Kérak. Toutes ces dernières failles portent la trace d'une sorte d'a'.iaisscmeut transversal, qui, de la mer, s'étend, pour le Zerqâ Ma'ïn, jusqu'à la localité de ce nom, pour le Wâleh, jusqu'à l'orient de Témed, pour le Môgib, atteint le derb el-Hag, pour l'on. Kérak, a son origine principale à la cité de même nom, quoique l'ou. Dabe' ( ^^) pénètre plus avant dans les terres. 11 faudrait aussi mentionner la profonde dépression dans laquelle se trouve Kafr-Rabbah, Tar'in, 'Iraq, et qui se poursuit vers la mer par la déchirure de Gedeireh (5^-^>^) et d'en-Nemeirah (^j^^)- Je parlerai, plus loin, de l'ou. Béni Hammâd.
Toutefois, ce qui pourrait être la vallée la plus importante, sinon comme pittoresque, du moins comme ligne de démarcation, c'est l'ou. cl-Hesâ (el-Hesi pour certains Ara]3es); il sépare deux pays de physionomie différente : le pays de Kérak, ou Kérak tout court, et le Gébâl, et parait se poursuivre plus avant dans l'intérieur du désert; c'est du moins l'impression que l'on éprouve, en le traversant audessus de Qala'at el-Hesâ. Le plateau qui s'étend entre cette importante vallée et le Môgib constitue le territoire de Kérak — cœur de l'antique Moab, — terrain fertile, apte non seulement à l'agriculture, mais pouvant encore fournir, par des jardins et des arbres fruitiers, un appoint considérable à l'entretien des habitants.
Au loin, vers le sud, Ma'ân forme une oasis et sert de point de ralliement à de nombreuses tribus.
Si nous voulions préciser ces notions et diviser d'une façon concrète la région qui sert de base à notre étude, nous trouverions cinq parties distinctes : le Belqâ, la Kourah, le territoire de Kérak, le Gebâl et Ma 'an.
Le Belqâ comprend le territoire situé entre les deux Zerqâ * ; le
1. Celte délimitation peut être exacte topographiquement. Cependant il est bon de noter que les Béni Hasan, comptés parmi les habitants du Belqâ, s'étendent au nord du Zerqâ. Dans Umm el-Geil, ^ 41, je donne quelques observations sur la prononciation du qaf
{i^j en gim (^). Belqâ est prononcé Belgâ; je dois ajouter que Belgâ '-^■. est parfois articulé Bellâ y^ en vertu de ce phénomène que le gim est prononcé î (^) par les Rualah, les Sardîeh et les Usawïêh (à Kâf M. Euting a fait la même constatation; J-.^ étant
Zerqâ Ma'în au sud et le Zerqâ Sebib au nord (par cette dernière appellation les Arabes désignent le Jaboc). Je n'ai pas à parler de la partie montagneuse, car je n'en ai pas étudié spécialement les coutumes; il est fort probable que les populations retii'ées de Sait, de Fetieïs, de Remémïn et des autres localités cachées dans ces montfignes, ont conservé des pratiques intéressantes, mais outre qu'elles sortiraient peut-être du cadre bédouin, leur cueillette exigeait des loisirs dont je ne disposais point. La partie sud, à partir d' Amman, tombe plus directement sous notre étude. En dehors du gros village de Mâdabâ, aucune localité importante par sa population ne mérite d'être signalée. Je ne veux point nier l'existence de villages récents — deux ou trois plus anciens même que Mâdabâ, — j'en donne moi-même une liste au paragraphe de Varjricultnre et il faut y ajouter Ma'ln qui possède déjà sept ou huit familles; mais ces agglomérations de fellàhîn sont à la disposition des nomades et peuvent être chassées par eux — j'en ai vu des exemples, — elles sont obligées de se plier aux usages du bédouin ^ et n'ont par conséquent exercé encore aucune influence sur les mœurs. 11 est donc permis de considérer le Belqâ méridional comme un terrain de no-
prononcé gébel, yébel, dschébel et schébel, Tagebuch... in Jnner-Arabien, p. o3). ladoiideh 5-j->J serait pour Gédoudeh i^j-^-^. — En prononçant Belgâ les Arabes semblent vouloir le rapprocher d'un autre mol ^i^sr-f lumière, éclat; la première apparition du jour : et ils disent que c'est le premier pays qui apparut au-dessus des eaux après le déluge; on
montre même, entre Sait [et Mâdabâ, az-Zoheir (j^r'r^') 1^ premier endroit du Belqâ qui se découvrit; il est non loin du fameux arbre Bil'âs »saj, qui rappelle peut-être Bala'âm d'après une tradition locale '?). J'ai entendu aussi des gens, à Mâdabâ, parler de l'âne de Bala'am qu'une toponymie voudrait retrouver dans Zahrat el-Hemûr (,-<s:s^i '*(-^) « le dos de l'âne », appellation donnée à une colline, déjà signalée par Burckliardt {Travels in Syria..., pag. 364). Le maintien de cette dernière tradition — si tradition il y a — n'aurait pas de quoi plus étonner que celle qui rattache Balqâ à Bolaq, sans doute le roi de Moab {Xonif)., chap. xxii); — lâqout reproduit ceUe tradition d'après une de ses souices : « ce pays a été appelé Balqâ parce que Bâlaq des fils de 'Amman, fils de Lout, l'a habité et cultivé ».
U,^S^ JsJ ^ ,.,^^S^ c^ p^* LT^ O^ ÀsXJ]
Pour laqout Balqâ est une forme féminine, régulière de ablaq, et la racine balaq signifie le blanc et le noir mélangés. Pour un peu, on retomberait sur la même signification que ï^sJj = âher al-layl '^ind insidâ^ al-fagr; c'est le dernier instant de la nuit, lorsque pointe l'aurore.
1. Un exemple, insignifiant peut-êlre, mais assez piquant, contribuera à faire comprendre ce premier contact du fellah et du bédouin. On sait que le pajsan porte le turban. Le bédouin porte le kefieh; il n'aime pas le turban (la raison en est-elle parce qu'il est porté par les employés du gouvernement?) — et il oblige le fellah qui réside et travaille chez lui à l'échanger contre le kefïeh.
mades appartenant, dans sa partie orientale, à la puissante Irilni des Béni Saher, et, vers rocciclent, aux différentes tribus des Ad- Avân, des "Afiârmeli, des Canam.ït, des Izâ'ïdeh, et d'Abou Ilendy; la partie méridionale, vers le Wâleh, est en grande partie la propriété des IJamâ'ïdeh^ A peu près au centre, à une heure du Nebâ seulement, se dresse iMâdabfi, avec ses trois tribus chrétiennes, demi-nomades, demi-sédentaires; Tintluence de cette population est considérable sur toute la contrée, au point de vue du gouvernement, du commerce, et de la tranquillité générale; on lira l'histoire de sa fondation dans Y Exode des 'Aze'izàt.
Au point de vue de sa constitution géographique, le Bclqâ méridional doit être distingué en deux zones : la plaine, qui de Hesbân et Ma'ïn s'étend jusqu'au derb el-IIag, que suit la ligne du chemin de fer du l.Iedjâz; elle est ondulée de petites élévations vers Geloul, Umm el-Welïd et les bords du Wâleh; elle est presque partout cultivable, et entrés grande partie cultivée^, excepté vers la limite du désert et les environs du ^Yâleh; l'autre zone est formée du. sommet des montagnes avec leur versant occidental, de l'ouâdy Hesbân jusqu'au Ileïdân; ce sont les vallées profondes, recelant d'excellents pâturages pendant l'hiver; ce sont aussi les gorges sauvages et inaccessibles, à l'aspect majestueux et imposant; telle, par exemple, le Zerqâ Ma'ïn, vers les Hammam et son débouché dans la mer Morte. Plus grandiose encore est la coupure du Heïdân. Cette dernière vallée limite à l'ouest la Kourah : cette contrée est nettement déterminée par les deux grandes vallées du Môgib et du Wâleh qui l'enlacent de tous côtés; vers l'est, elle est continuée par le désert. Quoiqu'on y rencontre parfois des Béni Saher et des Ka'âbneh, elle appartient aux Hamâ'îdeh, qui la cultivent maintenant sur une grande surface, aux environs de Dîbân. Surtout nombreux sont les vestiges des anciennes localités situées sur cet ilôt de terrain. Pour passer de ce plateau au territoire de Kérak, à moins de faire un long détour vers l'est, jusqu'à la source des ouâdys, le voyageur doit se résigner à descendre les pentes escarpées du Môgib et à remonter pendant près de deux heures les longs circuits de la vieille route du roi Mésa, améliorée par les Romains, mais dont les ingénieurs turcs ne se sont pas encore occupés. Le gouvernement avait pourtant placé un poste de soldats au sommet de la montée, sinon pour aplanir le chemin, du moins pour lui donner une sécurité relative; depuis l'établissement de la station de Qatràneh, dénommée pompeusement