Cf
la gare de Kérak, à six heures de distance, la route du Môgib n'est plus gardée; les pillards peuvent donc s'y donner libre carrière.
A partir du bord de l'immense crevasse, le terrain vers Kérak forme un plateau, bosselé au milieu par le gébel Sihân, terminé à l'est par la belle dépression du Bâlù' et à l'ouest par l'affaissement abrupt vers la mer Morte. La route ancienne, très habilement tracée, traverse le plateau, sans môme laisser soupçonner au voyageur ks vallées profondes qui se trouvent à peine à une heure, à droite et à gauche. La largeur de la plaine est donc restreinte, en certains endroits, à cinq ou six kilomètres de bonne terre apte à la culture. Vers l'est, au delà du Bâlïi' commence le désert, et vers l'ouest, l'ouâdy Béni Hammâd, par ses nombreuses échancrures, a rongé le terrain jusqu'auprès du Qaser. Mais ce haut plateau possède une terre rouge très fertile, pouvant fournir la nourriture aux anciennes localités dont on voit les traces aujourd'hui encore. Les approches de Kérak sont difficiles ; les érosions ont isolé complètement la colline sur laquelle a été bâtie la capitale de Moab. Au delà de Kérak vers le sud, le plateau se ressaisit de nouveau et se termine par les magnifiques plaines de Môteh, de Ga'far et de Dâtrâs. Vers l'ouest, se trouvent des dépressions analogues à celles déjà signalées. Une différence pourtant est à remarquer : à une heure à l'ouest de Môteh commence la première coupure vers le lac Asphaltite; mais l'affaissement des montagnes n'a pas été aussi net qu'à l'ouest du Siâga par exemple ; il s'est produit une sorte d'amphithéâtre se relevant de nouveau du côté de la mer Morte et renfermant plusieurs localités actuelles, telles que Hanzîreh et Kafr Rabbah et d'anciennes ruines comme 'Aieh^ J'y ai recueilli de nombreux renseignements, auprès d"Abd el-Gany surtout. Du reste, tout ce territoire de Kérak est très propre à l'étude que je poursuivais. Pendant l'été, de nombreuses tribus étrangères s'y donnent rendez-vous : les Hagâiâ, les Salâ'ltah, les Kâ'âbneh, les Abou Tâ'ieh, les 'Atàvvneh, les Bely, les Fuqarâ; et de plus on entre en rapport avec les tribus de Kérak"-.
Au sud de l'oucâdy el-llesâ, s'étend le Gébâl avec ses villages, ses ruines, ses cachettes profondes, ses montagnes enfin; il atteint Pétra, et confine au Sera. Bien que l'ayant traversé plusieurs fois, je n'ai pas poursuivi d'une façon méthodique une enquête sur les usages de ses habitants. Je n'ai donc pas à insister davantage sur sa description, puisque, en ce moment, ces notions géographiques sont