‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 61 sur 159 · Cf. Liste des Tribus. Appendice A · texte numérisé non relu

Cf. Liste des Tribus. Appendice A

Les 'Alawîn, par exemple, ne montent pas au Belqâ et les 'Adwân n'oseront passe transporter dans la plaine de llismeh. Une autre conclusion est à tirer du droit perçu par les Béni Saber sur les Wuld Soleïmân; c'est que les Sehour se regardent comme les possesseurs et les maîtres de ces pâturages, au milieu desquels cependant les tribus voisines amèneront librement chèvres, moutons et chameaux. D'après ces données, on pourrait peut-être formuler la règle suivante : le steppe herbu est à tous les nomades, avec un certain droit de priorité pour la tribu dans le territoire de laquelle il se trouve.

§ 28. L'agriculture (o-i/^')-

L'agricialture et la vie nomade paraissent être opposées : l'une demande la vie sédentaire, fixée au sol, attachée en quelque sorte à la semence confiée au sein de la terre; l'autre veut l'indépendance dans les mouvements, la liberté d'allures, la possibilité d'abandonner aujourd'hui une campagne au milieu de laquelle on a promené sa tente et son troupeau. Les orientalistes ne manquent pas de noter cet antagonisme, de l'accentuer même dans son application spéciale à l'histoire d'Israël. Pourtant, il ne me semble pas impossible de parler d'agriculture à propos de nomades; on en cherchera la raison, si on veut, dans la nature spéciale du pays sur lequel porte cette étude.

La distinction entre le fellah et le bedawy'^ est fortement maintenue parmi les peuplades qui nous occupent. Le premier est attaché à la glèbe; comme son nom l'indique ~, il laboure la terre de ses propres mains, il la cultive, il en a soin; c'est son occupation, son métier: il est agriculteur. Le bedaicij, ou habitant du désert, ne met pas la main à la charrue ; ce n'est pas un travail digne de sa personne ni de son indépendance; il prétend être un homme libre, maître de ses mouvements, allant et venant à sa guise sur son noble coursier; il fait la razzia et la guerre; il élève des troupeaux de moutons et surtout de chameaux; quant à diriger un attelage sur le sillon, il ne s'abaisse pas à ce degré. Telle est l'appréciation des bédouins sur le travail des champs; ils le regardent comme l'œuvre des esclaves ou de gens de condition inférieure. Les chrétiens euxmêmes ont conservé cette manière de voir. Depuis vingt- cinq ans établis à Mâdabâ, les anciens 'Azeizât n'ont jamais consenti à labourer eux-mêmes leurs terres; la nouvelle génération, sous la dire-c

1. On dit aussi el-bedoii qui signifie, à proprement parler, le désert.

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