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coordonnées à un autre but. .rai enfin recueilli quelques renseignements précieu.v sur la vie bédouine, à Ma'ân. En plein désert, au milieu d'une ])laine coupée de combes et de minces élévations, dans un terrain marneux et recouvert de galets noirs, plusieurs sources abondantes ont attiré l'attention des nomades et des cultivateurs du Gébâl. Deu.v villages se sont élevés auprès des deux sources principales : l'un porte nom de Ma'ân es-Samleh^, iVla'ân du nord ou de Syrie; l'autre est appelé iMaân Masrïeh ou Ma'ân d'Egypte; la distance qui sépare ces deux localités est à peine d'une demi-heure. Il parait certain que Ma'ân a été habitée depuis de longs siècles sans qu'elle ait vu ses habitants prendre un développement considérable à cause de sa position et de la modicité de ses ressources. Aussi loin que l'eau peut atteindre, on a fait de petits jardins où poussent les figuiers, les grenadiers, les pommiers et quelques plants de vigne, en plus de quelques légumes. Gela n'est pas suffisant pour nourrir une population sédentaire de 1.500 habitants, doublée presque parle va-et-vient des Arabes nomades qui s'approvisionnent à Ma'ân. Le terrain, aux environs de la ville, n'étant pas apte à f agriculture, les fellahs sont obligés d'aller jusqu'au Sera et au (iébâl pour rencontrer une terre capable de faire fructifier la semence et la récolte ne sera pas encore très abondante, car la fertilité manque, et les instruments de labour sont bien mesquins; point de bœufs, point de mulets, pour remuer la terre, simplement de pauvres petits ânes qui se contentent de la plus chétive nourriture. Si Ma'ân jouit d'une certaine réputation de prospérité, c'est à sa position aux frontières du désert qu'elle en est redevable. Les caravanes de l'intérieur ont toujours abouti dans ses murs, pour se reposer et s'approvisionner à nouveau, tandis que les Arabes du Gébâl et de Kérak y ont constamment apporté le produit de leurs terres et le fruit de leurs travaux. Aujourd'hui les conditions de l'existence entrent dans la voie des modifica lions, sous la double influence du gouvernement et de la construction du chemin de fer du Hedjâz. Depuis l'installation d'un qaïmaqam, les luttes intestines qui désolaient la région ont pris fin et la voie ferrée apporte rapidement les produits de Damas. Les magasins se sont multipliés et l'activité ne fait qu'augmenter; mais les Arabes y conservent toujours intacts leurs usages et un rendez-vous si fréquenté de tous les bédouins ne saurait être néglig-é par celui qui veut connaître la vie nomade.