‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 70 sur 159 · El-(jarah (^j^') ou el-muhtamiah, à bride abattue · texte numérisé non relu

El-(jarah (^j^') ou el-muhtamiah, à bride abattue

Quand une jument court bien, on dit qu'elle marche de pair avec un oiseau, ou qu'elle bondit comme la gazelle.

On aime à exercer la rapidité des coursiers, dans le jeu sCibîeh

(LjLo)i. Les lutteurs se mettent sur deux rangs, se faisant vis-à-vis. A un signal donné, les cavaliers partent, se croisent, se mêlent, s'élancent au galop, arrêtent brusquement leurs montures et reviennent

1. Le nom vrai est larad (-^h*), appelé musanna" chez les Sehour. Le champ de course est appelé merûh (^\^a] ou meidûn.

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à bride abattue; coliii qui montre le plus d'agilité est proclame vainqueur; c'est le sâheq (^^jL,!.

Le harnachement du cheval arabe est des plus simples. Certains cavaliers — tel Za'al abou Tâleh — vont cà la guerre et à la razzia sans bride et sans étriers, conduisant la jument par le licou {^j^^)-, assis sur un simple tapis ou une couverture en g-uise de selle. Beaucoup cependant ont une selle posée sur une couverture en cuir ou en étofFe rouge; la selle recouverte du luhhâd (-P), couverture ou peau de mouton, est retenue par des sous-ventrières, hezCnn [rj=^) et qeiât (^IdJ) ; cette dernière est en cuir. Les étriers, rekâbcit, très larges, ordinairement en fer, sont fixés à la selle bien plus en avant que les étriers européens; les dawlàt [^jlS^^:^) sont deux courroies qui retiennent le sàband (w>jljU), bande de cuir ou d'étoffe attachée à la sousventrière et à la selle.

Le licou est composé de trois parties : le 'ecjâr M-^-=), corde ou cuir lié à la tête de la jument, le serlmeh [L^^j^]^ fer du 'edûr et la corde, rom-

mah (^i)^

La bride s'appelle 'inân (.1^)2^ le mors gadîlet el-'lnàn (^.^^ .,'jjJî). A moins qu'il ne veuille lancer sa jument à toute vitesse, l'Arabe omet généralement de mettre la bride à sa monture ; il se contente du licou pour la diriger. Pendant la journée, la jument toute sellée est attachée à la porte de la tente, prête à partir en expédition. Rarement le bédouin lui enlève la selle, à moins dune sécurité absolue contre toute attaque de la part de l'ennemi. J'en ai vu, pendant l'été, au camp d'Abou Tâ'ïeh, paître en pleine liberté ; c'est aussi l'usage chez les Béni Sa'alân; mais dès que la moindre crainte se manifeste au campement, les montures sont toujours prêtes. La nourriture de la jument est constituée par l'org-e ; l'avoine ne pousse pas au pays de Moab^ et serait peut-être trop échauffante. La ration principale est distribuée le soir après le coucher du soleil; le grain est versé dans le mihlàh (ï^'*) ^suspendu à la tête de la jument ; de là l'expression 'allaq, mot à mot suspendre, pour donner la nourriture à sa jument; 'allaqtu [^j:^è&] «j'ai suspendu », dit l'Arabe à l'étranger qui vient d'arriver sous sa tente, pour l'inviter à ne pas se préoccuper de sa monture : elle a savouré sa ration d'orge. Le matin, la jument reçoit également une poignée

1. Un proverbe dit : Il l'a donné avec la corde, rommah, c'est-à-dire il l'a donné tout entier.

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