Cf. § 10, pag
toux et de douleurs d'entrailles; œaraq ((3ji'' excroissance sur l'épaule; 'arreh (sjU), bouton au cou; te'ir (^), douleurs au cou; dawàh (2>[r^), bouton à la tête; raJueh (^'^'^^^), bouton à la plante des pieds; magseh (^-^'), maladie résultant de la trop grande quantité de nourriture prise au printemps; colique. On dit aussi :
larkez i^j^) ou iaqta [A^,)-, il se frappe en marchant; agnaf (^-^t), il soufTre sous la poitrine; aqnas {^j^'è\). il élève la tête sans pouvoir la baisser ; ahrad [^f^^], il ne marche pas bien.
Une tradition dit : « Quand apparaît l'étoile Scheil f J-^^), on ne peut distinguer la maladie des chameaux. »
La maladie yarûb ^■^î^), sorte de gale, est redoutable pour le chameau; sa vermine, qerâd (-j;-?), n'est guère moins répugnante pour celui qui le monte.
Le principal remède employé pour le chameau ce sont les pointes de feu ou la brûlure, kaï {^)\ on les enduit aussi de poix ou de goudron.
Tous les soirs et chaque matin, la chamelle donne son lait savoureux à son maître, qui est obligé de le partager d'abord avec le petit chameau. Mais pour empêcher ce dernier de le sucer tout entier, pendant le reste du temps, le bédouin attache aux tétines de la chamelle un petit morceau de bois, appelé firàr ((|/^); lorsque le pis est trop petit, on le cache dans un petit sac, simleh (iJ-o^i, retenu par deux bandes d'étoffe nouées sur le dos.
On sait l'utilité du gilleh (i-W), ou fumier de chameau, pour le feu du campement; on connaît moins l'emploi de l'urine de chameau pour se laver les cheveux, la barbe, le visage, les dents, et pour approprier les petits enfants*.
Le bédouin sait aussi tirer profit de la peau du chameau, pour confectionner de grandes outres, râwlch (J^.j',). Voici comment la ràicieh est préparée : la peau est d'abord couverte d'une faible couche de sel; ensuite, on étend par-dessus une sorte de pâte faite avec de la farine de froment et du lebeii; on laisse le tout macérer pendant quatre ou cinq jours; la peau est alors nettoyée ou raclée avec un couteau, puis exposée à l'air pour être desséchée. Pendant ce temps, on prépare de l'écorce de chêne vert déposée dans une grande marmite, placée sur le feu jusqu'à l'ébullition ; la peau est laissée trois jours dans cette décoction, après quoi elle est apte à être cousue et
1. Cf. EuTiNG, Tacjbuch einer Reise in in. Arabicn, p. 94 : « l'iirino, panacée universelle... remplace les senteurs et l'eau de Cologne ». Cf. SÉJOunNÉ, RB., 1893, p. 229.
travaillée. C'est généralement un Sarâry qui se charge de ces travaux et coud la ràirlch pour un megïdy; naturellement, un chameau seul ou un mulet est capable de porter cette outre pleine d'eau.
On se sort encore de la peau du chameau pour faire des chaussures et préparer le haivd ( ^y^]-> bassin portatif en cuir, pour abreuver les bêtes de somme et le petit bétail.
Nos nomades trouvent la bosse du chameau excellente à manger; c'est une masse de graisse; fondue, elle est employée comme le beurre; la graisse de la bosse et celle des entrailles donnent quinze rotols de graisse fondue, lorsque le chameau est très gras.
Le poil du chameau, appelé waber (^Wj\ est aussi utilisé pour des cordes et des bonnets, vendus surtout dans les villes. Le chameau n'est pas tondu régulièrement; on cueille le ivaber en passant la main sur le poil, on ramasse celui qui reste ainsi dans les doigts.
Un animal aussi intéressant que le chameau ne pouvait manquer de faire travailler l'imagination des bédouins.
Aux temps anciens, une chamelle paissait à l'est d'Abou Gâber, en un endroit appelé Zimbeh ; après avoir bien mangé, elle partit et arriva le soir à Medâln Sâleh. Elle marchait aussi vite que le cheval de 'Aly abou Tâleb. Ce cheval fameux portait nom Meimoim; il pouvait, dans sa course, mettre le pied à l'endroit qu'apercevait son œil; ainsi, de Mâdabâ il le posait sur le gébel Sihrm, ensuite au delà de Kérak, et en une trosième enjambée il était à Médine.
On a rapporté que des Arabes, égarés dans le désert et près de succomber à la soif, ouvraient le cou de leurs chameaux pour chercher dans leur réservoir intérieur quelques gouttes d'eau et échapper ainsi à la mort^ Ces récits ont été placés sur le compte de l'imagination orientale et de l'exagération arabe. Mes interlocuteurs croient à l'authenticité du fait et me citent un certain Hemoud, Sarâry, qui a dû recourir à ce moyen extrême. De plus, on me raconte le fait suivant, qui s'est passé il y a cinq ans à peine. Douze ou quinze 'Atâwneh, montés sur des chameaux, furent déçus dans leur espoir de trouver de l'eau en un gadîr. Harassés de fatigue et mourant de soif, ils tuèrent un chameau pour boire son sang; ils en prirent en e£Pet chacun à leur tour, mais dans la même journée ils succombèrent.
1. Cf. Cai'ssin de Perceval, Essai sur l'Iiistoire des Arabes, nouvelle édit., t. III, pag. 433.
i; 32. Le petit bétail.
Sous le nom de gatiam *^), les Arabes désignent tout le petit bétail : moutons, brebis, chèvres. Les brebis sont généralement blanches, et les chèvres sont noires, de là les termes reçus : el-haydâ, (( les blanches », pour signifier les brebis et es-samrà, « les noires », pour indiquer les chèvres. Les brebis, i,^9^>*J) sont douées d'une large queue, chargée de graisse et fort appréciée. La brebis est rarement vendue; elle est conservée pour la reproduction et Taccroissement du troupeau. Son prix varie entre trois et huit megîdys. Le bélier { "^r ) * est robuste, et se vend de huit à douze megîdys. Ce qui est surtout destiné à la vente, c'est l'agneau, harûf ,^^^); il vaut de deux à trois megîdys. Le premier-né du troupeau tombe sous le semât-. Les Arabes tuent le mouton en l'honneur d'un hôte, pour un jour de fête ou pour un événement notable. Mais la nourriture n'est pas l'unique avantage que le nomade retire de ses troupeaux. En plus du lait, dont il a été question, il recueille aussi la laine. La tonte a lieu au awwal Faijad, c'est-à-dire au mois de juillet. C'est un acte solennel 3; les parents se réunissent pour s'aider mutuellement, et, lorsque le travail a été vraiment considérable, le maître de la tente fait une immolation pour toute la famille. Les brebis sont généralement tondues sous la tente. Avec la laine, les bédouins font maintenant des matelas pour la nuit (J^^); ils la filent aussi, pour faire des cordes et des sacs. Beaucoup préfèrent la vendre. Le qontar de cent rotuls se paie de trois cents à trois cent soixante francs. Il faut cent dix ou cent trente brebis pour avoir un qontar de laine. Ceux qui possèdent de nombreux troupeaux comptent sur d'excellents bénéfices, provenant de la laine et du lait.
La chèvre (j-^j est d'un noir luisant, aux oreilles longues et flexibles, retombant comme deux larges rubans le long de la mâchoire. Elle se trouve en nombreux troupeaux chez les nomades; parfois les chèvres vont aux pâturages mélangées avec les brebis ; le plus souvent elles sont séparées. La chèvre se vend de deux à cinq megîdys. Pour un megïdy on peut acheter un chevreau '^-^), mais le prix augmente toujours. Le bouc^ tels {^j^)-. est échangé pour trois à six megîdys^.