‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 78 sur 159 · Cf. mon aventure du Môgib, p. 8G · texte numérisé non relu

Cf. mon aventure du Môgib, p. 8G

2. On se couvre le visage avec le kefieh pour deux raisons : pour se cacher et passer inaperçu et en second lieu pour se préserver du soleil et ne j as être sulloqué par la poussière.

ordiuairemcnt une jumeut et parcourt rapidement les distances. Le cavalier, en cfl'et, marclie toujours d'une allure dég-agée; il presse sa monture, sauf à se reposer une heure ou deux auprès de la première source qui jaillit sur sa route. Il n'emporte rien avec lui, si ce n'est les entraves en i'cr [quijrid) que chaque soir il met aux pattes de sa jument pour rcmpècher de fuir ou pour qu'elle ne soit pas volée par un maraudeur. La sacoche attachée à la selle contient à peine un morceau de pain; car, à la première tente, il trouvera la nourriture pour lui et pour sa monture. Dans presque tous les campements j'ai rencontré de ces voyageurs indigènes qui passent sous la tente les instants nécessaires pour se renseigner et partent de bon matin pour gagner une autre tribu. Chez les 'Atâwneh, les Fuqarâ et les Sarârât, le nomade se sert surtout du (leloul pour voyager. A la connaissance du pays et à la fréquentation des cheikhs, tous les nomades, mais principalement les trois dernières tribus, joignent une autre raison de voyage : établir ou assurer leur commerce.

v^ 35. La cuasse [-^-r^).

La chasse est connue et pratiquée. Comme la plupart des nomades sont pourvus d'armes modernes, elle n'ofTre rien de bien remarquable. Le bédouin prend son fusil comme ferait un simple bourgeois et poursuit le gibier. Parfois, il monte à cheval pour parcourir la plaine, à la poursuite de la gazelle. Les Sarârât aiment à se réunir trois ou quatre pour une chasse organisée : deux prennent les devants pour réunir et rabattre le gibier vers les deux autres qui se tiennent à l'affût : ces derniers portent le nom de chasseurs, mijyod^, tandis que les deux autres sont appelés hawàsy, rabatteurs. Le partage du butin se fait en parties égales.

La chasse à l'épervier [j^] est d'un usage fort répandu. L'épervier est apprivoisé fort jeune; il reste attaché sous la tente, où il est nourri; pendant tout l'été, il demeure dans l'inactivité, mais dès le retour de la saison froide, le chasseur le prend avec lui, lui couvre les yeux avec un capuchon et ne lui enlève ce voile qu'à l'arrivée au théâtre de la chasse, lorsque le gibier est en vue. Le saqr ayant aperçu sa proie, s'élève dans les airs en tournoyant, puis effarouche perdrix, pigeons et outardes- [hebâra), et fond sur eux lorsque ceux-ci

1. On se sert aussi du mot qannâs. Après une chasse heureuse, le chasseur oint son fusil de sang; cf. Euting, Tac/bucli in in. Arahien, p. 30, 65.

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