Voir au § -i les oiseaux qui peuvent être mangés
ont pris leur essor. Rapide comme un trait, l'épervier les frappe sous l'aile, les jette à terre d'un coup de griffe et s'élance aussitôt sur une nouvelle victime; le carnage dure jusqu'au moment où le gibier fait défaut ou a disparu dans des cachettes. Alors, tout triomphant, l'épervier décrivant d'immenses spirales s'élève bien haut dans les airs, en quête d'une nouvelle proie. A ce moment, le bédouin lappelle; par des signes réitérés il l'invite à descendre, et l'épervier lentement regagne la terre et vient se poser auprès de son maître qui, ayant recueilli le gibier terrassé, lui donne sa nourriture et le constitue de nouveau son prisonnier.
Le saqr est aussi excellent pour chasser le lièvre, et même la gazelle, à la poursuite de laquelle ou lance généralement le chien salâqy.
La baqar el-mnh i s.U' ,i> ), appelée aussi vache sauvage, est chassée par les Sarârât qui se mettent à l'affût, ou la poursuivent à cheval; mais elle est redoutée; on raconte des histoires effrayantes sur son compte : un chasseur aurait été embroché par la corne de la baqar el-mah et emporté sur le dos de l'animal au milieu du désert^.
Le loup (^---J^M) est redouté des bédouins qui le traquent comme un ennemi dangereux. Il s'approche des troupeaux, le jour ou la nuit, et emporte très aisément un agneau ou un mouton. A cinquante mètres d un troupeau, j'ai aperçu dans la Haute-Galilée trois loups qui dévoraient tranquillement une brebis derrière un rocher. Au Zerqfi Ma ïn, j'en ai aperçu un autre qui s'avançait tout doucement vers des agneaux pour rassasier sa faim-. Les Arabes préfendent qu'il peut à la course saisir un agneau, et le voler sans que les chiens puissent l'en empêcher. Dans le ouâdy (ierâr-^, au Négeb, les bédouins me montrèrent les ossements d'un chameau récemment dévoré par les loups. Dans les montagnes de Wgloun, un loup sauta sur un Arabe qui préparait son pain pour diner, et l'étrangla. Ibrahim at-Toufil étant à la chasse sur sa bonne jument blanche tira sur un loup, qu'il blessa légèrement; l'animal furieux s'élança sur lui et lacéra son 'aba flottant; il fut abattu par une deuxième balle.
On rapporte une foule d'anecdoles sur le loup, qui, parmi les Arabes, joue le rôle du renard dans nos contes populaires; c'est lui qui fait
1. C. IIlber, Journal de voyage, p. .568, parle ainsi de Baqrat el-Ouahach idenlique à noire liaqar el-rnâVi : « sa portée est de onze mois; sa peau est très résiliante et la balle y glisse souvent; elle attaque l'homme avec ses cornes, se tient surtout dans les parties inabordables du Nefoud... Sa chair est très bonne. C'est avec sa peau qu'on fait les outres ■>.
2. Au naqb Estâr cinquante brebis furent dévorées par les loups en une seule nuit.