‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 84 sur 159 · Les Rualah seraient les bédouins qui prient le plus · texte numérisé non relu

Les Rualah seraient les bédouins qui prient le plus

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sation. Les locutions : par Allah le grand, par la vie cV Allah, par Allah, reviennent ù tout propos dans les discussions. Je ne crois pas avoir assisié ;\ une réunion de bédouins parlant entre eux, sans avoir entendu mainteset maintes fois ces expressions destinées à confirmer le dire de chacun. La formule -.par le nom d'Allah est revêtue, semble-t-il, d'un caractère plus religieux et par suite réservée à une certaine consécration des principaux actes de la journée. Cette invocation est désignée

sous le nom de sammâ ( ^w), c'est-à-dire prononcer le nom d'Allah. Cette habitude invétérée d'avoir toujours à la bouche le nom d'Allah ne me paraît pas répondre à un sentiment de profonde vénération ni d'amour intense. On pourrait même se demander si le bédouin aime Allah. Képondre négativement serait inexact, car, i^our Allah, il fait des sacrifices, des vœux, distribue des aumônes, donne l'hospitalité, entretient les veuves et les délaissés; pour Allah, il s'abstiendra parfois de dévaliser un voyageur, de piller une caravane; mais cet amour est fortement mélangé de crainte ; c'est ce dernier sentiment qui domine. Lorsqu'un individu transgresse les lois, se livre à tous les crimes, ne respecte rien, on dit : « Un tel n'a pas la crainte d'Allah », et il est stigmatisé comme un homme capable des pires excès, contre lequel il faut se mettre en garde; il n'est pas rare, au contraire, d'entendre résumer dans ces mots : « Il craint Allah » tout l'éloge d'un homme de bien.

Nous verrons cependant, en étudiant les ivélys^ quelle minime influence sur les esprits et dans la pratique ordinaire de la vie exerce un pareil sentiment, en comparaison de la terreur qu'inspire l'approche d'un santon. A Ma'ânetà Kérak, on ne craignait pas de m'affirmer ceci : « Vingt fois par jour, l'Arabe jurera par Allah; vingt fois par jour, il transgressera son serment ; s'il est contraint de prêter serment par le ivély 'Abdallah, il ne dira que la vérité et ne manquera pas à sa parole ; car il a /je?<;'. » C'est le sentiment général des Arabes ; d'après ce qu'il m'a été permis de constater, ils s'occupent en somme fort peu d'Allah. Il est difficile de tirer au clair leur conception du péché ou d'un déplaisir quelconque causé à Dieu par une faute. Le vol, la fornication, le mensonge ne paraissent pas tourmenter leur conscience ; un crime accompli ne préoccupe l'auteur que par l'appréhension de la vengeance humaine ; au reste, disent les plus scrupuleux, s'il y a quelque chose, tout disparaîtra au hag, ou à la fête du Dahîeh. Un seul crime ne passe pas inaperçu et réclame la vengeance rigoureuse comme expiation : c'est le sang versé. Il laisse une marque indélébile et plonge l'assassin dans une crainte perpétuelle ; encore faut-il excepter le sang versé dans une razzia ou à la guerre; bien qu'il réclame

vengeance, l'auteur du méfait se glorifie souvent de son courage, qui l'a porte à immoler son ennemi. Il est quasi impossible' de démêler ces divers sentiments chez les nomades, qui en cela suivent l'impulsion de leur nature. Pour tinir ces quelques lignes, je rapporterai l'histoire que m'a contée Abd el-Gany avec qui j'avais engagé une conversation sur notre sujet.

Un Arabe avait commis quatre-vingt-dix-neuf assassinats: c'était un monstre; son voisin avait fait quatre-vingt-dix-neuf bonnes actions : il passait pour un saint. iVUah décida de les mander tous les deux en sa présence; au même jour, à la même heure, le meurtrier et l'homme de bien se mirent en route. Chemin faisant, les deux voyageurs méditaient sur l'accueil qu'ils allaient recevoir. La tète penchée, le front soucieux, l'œil troublé, l'assassin disait : « Sur ma main se trouve le sang de quatre-vingt-dix-neuf mortels; Allah va me châtier durement » ; et il se lamentait et se désespérait. Son compagnon, le cœur joyeux, le regard serein, supputait la récompense future et se réjouissait de voir bientôt son exécrable voisin plongé dans les tourments. Tous les deux arrivent et comparaissent ensemble devant le souverain Juge. Allah pénètre leurs cœnrs et voit les pensées de l'homme de bien qui réclamait le châtiment de son compagnon; il lui dit : « Toi, mon serviteur, tu as fait des œuvres de miséricorde, et tu voudrais m'empôcher d'en faire, moi, le très miséricordieux? » et il pardonna au coupable.

Mon interlocuteur ajouta : « Quand je me livrais au brigandage, je savais bien qu'Allah peut châtier; je volais tout de môme, car je me disais : Peut-être qu'il sera miséricordieux comme il a été bon pour l'assassin, »

Je mentionnerai ici, pour mémoire, quelques rares vestiges du culte astral que j'ai recueillis dans mes voyages.

Le matin, lorsque, après une courte mais ravissante aurore, le soleil apparaît plein de force et de feu dans les lointaines et mystérieuses profondeurs, le nomade est, comme malgré lui, attiré vers l'orient. Le 9 août 1905, après avoir, pendant la nuit, traversé le Môgib, non sans incidents, j'arrivais au sommet de l'immense crevasse, au moment où le soleil surgissait à l'horizon derrière le Gébel Haqou, Un Arabe de la tribu des Fuqarâ, nommé Sâlem, un compagnon de route, s'arrête un instant au bord du chemin, le regard fixé vers le soleil levant, étend les mains et s'écrie : « Va rabbî! y a rabbl!

0 mon Seigneur! 6 mon Seigneur! » Il ni'ci été impossible de saisir le reste (le sa prière.

Le soir, on est sous l'influence du calinc indescriptible du désert, éclairé pur la lune; grâce à cette douce lumière, on peut poursuivre sa route en évitant les chaleurs épuisantes du soleil; on comprend alors le culte des anciens Sémites pour cet astre bienfaisant. Chez les nomades actuels, je n'ai saisi qu'un seul acte qui revête quelque apparence de culte envers la lumineuse reine de la nuit. Lorsque, pour la première fois, ils aperçoivent au firmament la nouvelle lune, ils prennent entre les mains un morceau de bois ou un brin de paille, le brisent en deux en regardant la lune et disent :

« 0 nouvelle lune de la montée, tu reviens vers nous; tu nous donneras le bien qui se manifeste, tu nous délivreras du mal qui disparaît '. «

Avec cette prière, les Arabes prononcent d'autres paroles qu'on trouvera en note ^

Les Sarârât passent avec raison pour connaître les noms des constellations et leur attribuent une grande influence sur la destinée humaine.

§ 38. Wélys.

Dans la langue littéraire, le mot ivély signifie protecteur, associé ou ami, celui qui gère lesafiaires de quelqu'un. Dans le Qorân (2, 258), Allah est appelé icéhj pour ceux qui croient, c'est-à-dire qu'il protège et secourt les croyants. Ailleurs (Qorân 5, 59) il est interdit aux musulmans de chercher des protecteurs, awl'ia , parmi les chrétiens; enfin le même terme parait signifier « associés », « alliés » (8, 75, 76 j. Le langage actuel des Arabes ne reconnaît plus à ce mot un sens profane; il lui a consacré une signification stéréotypée, renfermant dans son concept les difi'érentes nuances déjà signalées, mais les appliquant toutes invariablement à une catégorie d'êtres parfaitement déterminés ; le luély arabe pourrait se définir : « Un être spirituel, ou l'àme d'un défunt ami d'Allah, qui, en vertu d'une permission divine, peut entrer en rapport avec les hommes pour leur

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nuire ou leur venir en aide ». Les détails qui vont suivre sont destinés à JListiiier cette définition. J'attire l'attention sur les deux premiers termes : le wéhj peut être l'àme d'un héros, d'un ancêtre, d'un homme qui a été en quelque sorte béatifié; nous le verrons plus loin; il peut se faire aussi que ce soit un être purement spirituel, qui, même sous ce rapport, est distinct du f/in dont il sera question ciaprès; car le ijiii est mauvais par nature : il fait du mal et ne saurait faire du i)ien. Au contraire, le icébj, bien qu'il soit redouté et cause souvent du mal, vient aussi au secours de l'homme, comme je l'expliquerai longuement. Mais avant de parler de son action, il sera utile de mentionner l'origine vraie ou prétendue, traditionnelle ou purement imaginaire, de quelques-uns d'entre eux; ces histoires populaires sont en général pleines de renseignements sur l'instinct religieux des peuples; elles se présentent sous une grande variété dé types, difficiles à classer; j'en mentionnerai plusieurs.

Quelques icélys possèdent une garantie historique; tel par exemple le sanctuaire de (la far, à trois heures au sud de Kérak. La huitième année de l'Hégire, les troupes batailleuses du Prophète montèrent du désert pour envahir le pays de Roum. La rencontre des deux armées eut lieu près de Moteh. Les fils de l'Islam furent écrasés; la plupart de leurs braves restèrent sur le champ de bataille; parmi eux était Ga'far. La tradition locale rapporte qu'il fut tué à Meslied ' Aly, endroit à l'est (le Mûteh, où un sanctuaire rappelle l'endroit où succomba le héros de l'Islam i. Après la bataille, 'Aly voulut emporter le cadavre de Ga'far; il ne put le soulever, tant il le trouva lourd; il lui dit alors d'une voix puissante : « AUèg-e ton sang, ô mon cousin-! ». A cette sommation, Ga'far se leva et vola vingt minutes plus loin jusqu'à l'endroit où il est actuellenaent enseveli; c'est pour cela, disent les Arabes, qu'il s'appelle cl-Tayyùr, '< Ga'far qui vole^. « Quoi qu'il en soit de la légende, Ga'far est un g-uerrier de l'Islam naissant qui a succombé à Môteh. La nouvelle religion lui a décerné le titre de icéhj, et a élevé en son honneur un sanctuaire célèbre. Les vestiges des constructions anciennes sont une preuve de la munificence déployée à la gloire du saint musulman.

Pour l'entretien du sanctuaire, furent déclarées icaqouf \e?> terres qui s'étendent tout autour, à quatre kilomètres à la ronde. Une fête

1. Ce sanctuaire s'appelle Meslied 'Alij, qu"oa pourrait traduire par le marlyrium (V 'Aly, le lieu où il a témoigné.

3. Voir une autre explication de la légende dans Clermont-Gan.\l:\u, Recueil d'archéologie orientale, III, p. 279 ss.

200 COUTUMES DES AlîABES.

solennelle réunit aupri^s du maznr, une fois par an, au printemps, tous les habitants de la contrée et les pieux pèlerins qui viennent otlrii' leurs hommages ou demander une faveur au grand ivély. Les fêtes se déroulent joyeuses auprès du tombeau; les tournois dans la grande plaine excitent la curiosité des assistants et l'enthousiasme de tous les guerriers, tandis que les sacrilices nombreux de moutons bien gras attestent la dévotion de tous et réjouissent grandement le cœur de la multitude invitée à prendre part au festin. Aucun n'est repoussé de cette table où le riz et la viande en abondance sont prodigués au nom de Ga'far. Le sang des victimes sur le seuil, les montants ou le linteau de la porte, sera un témoignage de la piété des visiteurs.

Ga'far est, dans la région de Kérak, le sanctuaire musulman le plus renommé. A Pétra, le néby Hâroun est aussi fort célèbre; cardans l'esprit des Arabes, le néby est de beaucoup supérieur aux ivélys, ayant reçu d'Allah une mission spéciale pour enseigner aux hommes la voie droite. Le sanctuaire de l'ouâdy Mousa est donc en grand honneur parmi les habitants de la contrée. On sait comment son culte a été ravivé. Ce lieu saint était un peu abandonné, il y a quelque soixante ans. Le prophète Hâroun apparut lui-même à un fidèle musulman, vivant en Egypte, et lui ordonna de quitter les bords du Nil pour venir garder son sanctuaire. Le derwïs, subjugué par l'apparition d'un si grand ami d'Allah, se transporta à l'ouâdy Mousa pour veiller à l'entretien du lieu vénéré. Malgré tout, le néby Hâroun, d'un accès difficile au sommet des montagnes, tout en inspirant une crainte légitime aux Arabes, n'est pas un centre de pèlerinage comparable à Ga'far.

Élever un sanctuaire à un vaillant guerrier et l'honorer comme icély ne constitue pas un privilège en faveur de l'Islam naissant; les Arabes, dans le cours des siècles, se sont reconnu le droit de ranger parmi les amis d'Allah, les héros dont ils ont admiré les vertus, subi l'heureuse influence ou éprouvé la bonté. Voici un fait qui s'est passé vers 187i, dans la région qui nous occupe. Une guerre meurtrière éclata entre les habitants de Kérak et les Arabes du Gebâl. La rencontre eut lieu dans la Buqeï'ah au-dessus de Pétra. Les Mogally et les gens de Kérak furent défaits; trente cavaliers restèrent sur le champ de bataille, parmi lesquels se trouvait Mosleh, homme vertueux et estimé de tous. Les cadavres furent abandonnés aux oiseaux de proie et aux hyènes de la foret; les Kérakiens prirent cependant avec eux le corps de leur jeune cheikh, l'emportèrent à Sôbak où ils l'ensevelirent avec de grands honneurs; sur son tombeau, ils immolèrent

une brebis et le déclarèrent wélij ; maintenant, c'est un mazàr, un lieu de pèlerinage pour les Arabes.

Quand j'ai demandé la raison de cette apothéose si prompte, tous n'ont eu qu'une voix pour vanter son courage, sa générosité et sa douceur. C'est donc un ami d'Allah qui glorifia son tombeau.

Quelquefois le héros n'a rien fait d'extraordinaire pendant sa vie; mais Allah par un prodige a manifesté sa vertu et sa puissance après sa mort. En voici la preuve. A Naliel, Hegâg est un ividij honoré et redouté. Il appartenait à la tribu des Heïwât. Ayant pris part à un commencement de révolte, il fut exécuté avec ses compagnons, par ordre du Gouvernement égyptien. Les cadavres furent jetés à la voirie, avec défense de leur donner la sépulture. 3Iais lorsque les chiens et les bêtes immondes s'approchèrent pour les dévorer, les morts se levèrent avec indignation et chassèrent à coups de pierres tous ces animaux vo races.

A Ma 'an, le cheikh 'Abdallah jouit d'un culte incontesté. Ce personnage monta du désert et vint s'installer dans la ville. Il fît le bien sans se faire remarquer. A sa mort, un de ses parents déclara qu'il était au rang des ivélys, par conséquent il pouvait guérir les maladies de quiconque s'adresserait à lui et honorerait son tombeau. « Un pauvre hère, me raconta mon interlocuteur, ne pouvait se soulager; il était sur le point de mourir au milieu d'atroces souffrances; il se traîna au tombeau d' 'Abdallah, se coucha auprès du wély, fit une prière; quand il se leva, il était guéri. » Aujourd'hui le cheikh Abdallah est plus honoré qu'Allah lui-même à Ma'ân.

Ahnioud est un tcély fort respecté à Tenïeh, à une heure à l'est de Kérak. Il passe pour être l'ancêtre des Salâ'ïtah et des llagâïâ. Voici pourquoi, d'après la tradition, il fut déclaré icély. Un jour il allait chercher de la farine à Kérak, monté sur une ânesse. Au puits de Tenïeh, deux hommes pervers se dressent sur son chemin et lui disent : « Pourquoi, par Allah, as-tu fait le mal avec cette ânesse? » — « Interrogez-la, » répondit Ahmoud irrite. Les deux hommes pervers posèrent à l'ânesse la même question; celle-ci ouvrit la bouche et dit : « Je le jure par la qibleli de Mohammed et par celui qui coupe la descendance, Ahmoud n'a rien fait de mal avec moi; pour moi, je suis pure, et lui est pur comme Fâtmeh. » Ahmoud dit alors à ses calomniateurs : « Halte-là I vous êtes des ânes! vous m'avez insulté, malgré mon innocence. » Il continua son chemin, vint à Kérak, acheta ses provisions et reprit la route de son campement. En repassant auprès de Tenïeh, il trouva les deux hommes pervers, immobiles comme des pierres ; ils étaient cloués sur place et étaient presque devenus rochers :

« Pardonne-nous, nous avons péché, » lui dirent-ils d'une voix sourde comme le retentissement d'un roc. Alimoud était bon; il leur pardonna. Les deux .Vrahes, revenus ;\ la nature d'homme, racontèrent à tous leurs voisins le fait merveilleux dont ils avaient été lol^jet. Dès lors, Almioud l'ut considéré comme un ivcli/. Aujourd'hui, son tombeau est honoré dans la région.

Les exemples que je viens de citer — et il serait facile de les multiplier — peuvent être rangés, sauf le dernier, dans la première catégorie que nous appellerons historique. Suivant l'explication donnée par un bédouin de Ma'iln, le iviHij ainsi considéré est un persouiiage vertueux, dont Allah se plaît à faire éclater la sainteté après sa mort. Si la dernière condition ne se trouve pas, le cheikh ou le guerrier, même honoré d'un tombeau magnifique, ne sera pas nécessairement un wély. C'est pour n'avoir pas distingué ces conditions que M. Curtiss nous représente comme le tombeau d'un saint, ce qui est eu réalité la tombe d'un simple cheikh i. Son histoire est fort connue dans la contrée. Il porte nom 'Aly el-Aswad et appartenait à la tribu des Sawâbkeh. Il était célèbre par son intrépide courage dans les razzias, et son inépuisable hospitalité envers les étrangers. C'est en mémoire de ses largesses qu'on a représenté sur sa toml)e les instruments qui servent à préparer la nourriture des hôtes, depuis le mortier et le pilon destinés à broyer le café, jusqu'au plat sur lequel sont présentés la viande et le riz-. 'Aly el-Aswad est mort depuis une trentaine d'années ; aucun xVrabe ne visite son tombeau : Allah ne l'a pas déclaré vély.

Pour les Arabes, en effet, c'est la manifestation extérieure d'une puissance surhumaine qui confère cette dignité; peu importe, de par ailleurs, la vérité historique. Voici quelques exemples. A Kérak, Nouh (Noé), décoré du nom de prophète, est l'objet d'un culte universel. La légende raconte qu'il vécut 3550 ans. Pendant cette longue existence, il refusa constamment de se bâtir une maison de pierres, et habita toujours sous la tente. A l'origine, il s'appelait 'Abd er- Rahmân, le serviteur du Miséricordieux. Il était plein de vertus; mais un jour, il s'oublia et commit une action répréhensible. Aussitôt le remords s'empara de son cœur; les larmes ne cessèrent de couler de ses yeux pendant quarante ans. (iibra'il, de la part d'Allah, se présenta au patriarche et lui dit : « Ne pleure pas », la tenouh (^jr^'^); c'est l'origine du mot Nouh [-^y]. A son tombeau s'opèrent de nombreux

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