Ursemil. Religion., p
2. Pour Qoflâti cbeii Hâmed, on a représenté sur le sol tous ces différents objets, emblèmes de son courage et de sa générosité.
prodiges; nous verrons bientôt comment il est honoré. A Kérak également, eu plus du Hader qui a un culte universel dans nos régions, on vénère un grand nombre de wélys, tous dans la ville ou à proximité, tous connus par quelque fait miraculeux. En voici quelquesuns : es-Seheïly (^W*^')î el-Geraicy (^j/*-';; el-Bedaywy (^jjJI); es-Sa'îddt (o^'--.*--''); ce dernier est un et multiple en même temps. C'est tout un cimetière qui passe pour un wc/y et chaque tombe en particulier est à redouter. Au point de vue religieux, ce sont les vrais tyrans de Kérak. Mentionnons encore : rl-'Amry {^<,À9j\) et Qubbet ' Abd es-SayyûdK Presque chaque tribu avait son ivély propre sans exclure les autres.
Sans être à Kérak même, cheikh Salâh n'exerce pas moins son pouvoir sur la région. Il a un tombeau dans le (iôr, au dire de certains Arabes; mais il est aussi honoré à Kafrabbah. Il serait mort depuis quatre-vingts ans seulement. L'occasion qui donna lieu à sa réputation de ivéiy fut la suivante : Les 'Azâzmeh du Négeb, dans une razzia contre Kérak, s'emparèrent des troupeaux de la tribu chrétienne des Hegâzîn, et les emmenèrent du côté de la Lisân. Mais lorsqu'ils passèrent dans le (iôr auprès du tombeau du cheikh Salâh, le troupeau se réunit en masse compacte autour du petit monument, et y fut retenu parla force du icély. Les Azâzmeh, voyant les Kérakicns dévaler des montagnes, s'enfuirent en laissant leur bulin. Arrivent les IJegâzïn, qui reprennent le bétail et le ramènent vers leur campement, non sans avoir au préalable immolé la plus belle brebis au cheikh Salâh en témoignage de reconnaissance. En souvenir de ce prodige, ils envoyèrent ensuite chaque année, à la famille de Salâh, à Kafrabbah, quinze ou vingt petits agneaux.
L'origine du terrible loély de Ter'în, à l'ouest de Kérak, repose sur un prodige analogue.
Rezeq Abou Ibrahim, vaillant cavalier de Ter'ïu, monta un jour sa robuste jument pour se rendre à Kérak. A la sortie du village, il traverse le cimetière, passe au milieu des tombes, l'esprit tout occupé de ses affaires. A peine a-t-il marché une demi-heure, que sa jument s'affaisse tout à coup et lui-même est projeté au milieu des pierres, tout le corps endolori et une jambe brisée. Des Kérakiens, passant par ce chemin, le trouvent à demi mort et le transportent au village. On l'interroge sur les causes de cet accident; il n'a qu'une réponse : « En passant au cimetière, je n'ai pas salué le cheikh la qoub ; je n'ai pas pris son plaisir; c'est lui qui m'a frappé en route;