‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 91 sur 159 · Comme exemple, voir le fait de Qoflân, p · texte numérisé non relu

Comme exemple, voir le fait de Qoflân, p

3. A prendre le sens strict du mot arabe (jidd, plur. (judnd (-^- pi. ■'j--?"J7 on traduirait par grand-père, le père du père, suivant l'expression du Lisûn. Les dictionnaires ont le mot -^'-^ , très peu employé par les nomades, qui préfèrent le pluriel ■^3-^, pour indiquer la lignée des ancêtres. Le f/idd es-Saftlh (^-^r^^^^' -'•^', ost celui qui ne compte

Le culte des nomades envois leur ancêtre se traduit de différentes manières.

Vient en premier lieu la simple invocation. Elle jaillit spontanément des lèvres de l'xVrabe, en une loule de circonstances, sous une formule très naturelle. Dans la conversation ordinaire, pour affirmer la vérité : « Par ton ancêtre, je te le jure » ; ou bien : « Par mon ancêtre, ou par la vie de mon ancêtre, j'ai fait telle chose. » Le mensonge est ainsi exclu par cette sorte de serment. Dans un moment difficile, une marche pénible, ou un accès de fièvre, il n'est pas rare d'entendre cet appel : « 0 mon ancêtre, à mon secours ! » Le seul fait d'avoir à mettre une charge un peu lourde sur un chameau les porte à pousser ce cri. A plus forte raison, lorsque la nécessité devient plus pressante, lorsque, dans une bataille, le guerrier est sur le point d'atteindre un ennemi et de le terrasser, se tourne-t-il vers son ancêtre pour obtenir la victoire finale. L'invocation est peut-être encore plus pressante quand, dans une déroute, il se voit sur le point de succomber sous les coups de son adversaire. « 0 un tel, mon ancêtre, à mon secours ! » Et souvent, affirment les Arabes, V ancêtre apporte une délivrance immédiate. On me signalait, entre autres prodiges, un fait récent arrivé à un jeune cavalier des Fâ'îz. Dans une déroute, il se croyait perdu, apercevant déjà la lance de l'ennemi qui allait le transpercer. « 0 As' ad, s'écrie-t-il, à mon secours! » Et As'^ad ancêtre du clan accourt, prompt comme l'éclair, et brise les pattes de la jument de son ennemi. Délivrer ainsi un fidèle serviteur est une des manifestations les plus fréquentes de la bienveillante puissance de l'ancêtre. Inutile de rapporter les nombreux exemples qu'on m'a signalés chez les Béni Saher ou les Abou Tâ'îeh; ils reflètent tous la même idée.

Une autre manière d'honorer l'ancêtre, dans la tribu, c'est de visiter son tombeau, lorsqu'il est connu. Parfois en effet, celui qui passe pour être l'ancêtre éponyme ne possède point de sépulture manifeste; la tradition n'a conservé aucune notion sur l'endroit oîi il a été enseveli. Tel Saher [j^^)-> le prétendu éponyme des Béni Saher, qui, d'après une tradition, serait originaire de l'Egypte qu'il aurait quittée pour se rendre dans l'Hedjâz; c'est de là qu'il serait ensuite monté au pays de Moab^. Le lieu de son tombeau est complètement

que des hommes dans sa généalogie; le gidd el-fâsed est celui dans la généalogie duquel intervient une femme. — Il est assez piquant de trouver sous le même mot la double signification d' « ancêtre » et de « bonne fortune ou félicité » ; cf. le Gad des Cananéens et des Araméens.

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