‹ Coutumes des Arabes au pays de MoabChapitre 97 sur 159 · C'est le Celtis Australis ou Micocoulier · texte numérisé non relu

C'est le Celtis Australis ou Micocoulier

2. On me signale également un arbre vénéré, sans tombeau, vers Pétra; il est appelé Sagarat el-Koursî, et un autre dans le Gôr, nommé Sagarat el-IIader.

3. A Deir el-Benât, près d'Abou Gôs, nn petit berger me dit qu'il ne laissait jamais son troupeau manger les glands des magnifiques chênes verts qui ombragent le tombeau; car ils sont la propriété du irély.

4. Quoique Meïseh soit le nom de l'arbre, il indique, pour certains Arabes, la région voisine qui a cependant aussi une autre appellation.

de rencontrer des Arabes qui nouent aux rameaux d'un arbre sacré un empan d'étoffe rouge ou verte (jamais noire, rarement blanche) pour obtenir le maintien de la santé à un enfant chéri. C'est une visite et une précaution préventives.

A Meïseh, j'ai trouvé, attachées à une branche, plusieurs mèches de cheveux 1. Mon compagnon me donne l'explication suivante : « C'est une femme malade qui a fait visite à l'arbre ; elle a coupé ses cheveux en témoignage de vénération pour l'arbre. »

A côté des arbres sacrés que nous venons de mentionner, il en existe d'autres qui abritent un tombeau ~ signalé par un ruyiim distinct de l'arbre ; mais le wély est le même pour les deux. S'il habite dans le tombeau, il passe pourtant dans l'arbre auquel il donne la vigueur et la vie; c'est pourquoi les feuilles restent si vertes. Tel, auprès du Qasr, l'arbre 'Obeid x\llah, petit, chétif, mais d'une renommée régionale, à cause du icély qui habite dans le rugum amoncelé près de lui. Pourtant, certains Arabes prétendent qu'il n'existe là aucun tombeau de wély; c'est l'arbre tout seul qui sert d'abri à l'esprit et qui reçoit les honneurs des tribus. Par exemple, si un troupeau est malade, le propriétaire l'amène, l'oblige à passer sous l'arbre, tire une brebis, répand le sang sur le rugum lorsqu'il y en a un, ainsi qu'au pied de l'arbre, sur ses branches et sur ses feuilles. Après cet acte de piété, l'épidémie doit cesser. L'esprit garde le troupeau et le préserve ^. Comme second exemple d'arbre ombrageant un ruyum on peut citer celui de Rumeileh. On donne ce nom à une forteresse romaine, sur une grande route venant de Mâdabâ à l'ouest de Temed et en face de el-Hery (^^!) et de Za'farân ( ,î^^-,), deux anciens postes fortifiés.

On distingue le château ou le fortin proprement dit, aujourd'hui amas de gros blocs épars, les arasements d'anciennes maisons, le fossé qui défendait la citadelle. Le nom de Rumeileh est tiré, d'après la légende arabe, du sable qui se trouve dans le ouâdy, sable apporté par les habitants du pays, sur l'ordre cruel d'un cheikh. C'est aujourd'hui un endroit vénéré. Les Arabes ont commencé à enterrer leurs morts au milieu des blocs amoncelés à l'ombre d'un térébinthe verdoyant qui pousse en toute liberté, auquel un bédouin n'osera jamais couper un rameau, de peur d'être immédiatement frappé

Page 1