Lagrange, ÉRS.^, p. 187 s
une ancienne borne destinée à marquer les limites de deux provinces?
Mentionnons, pour simple mémoire, la grande dalle qui sert de borne-frontière au Sera et sur laquelle, d'après mes souvenirs, les Arabes aiment à faire leur prière.
A Test de Ma 'an, au hirb. Hammân, se trouvent deux grandes pierres dressées formant peut-être l'entrée d'un monument ou d'un camp; les Arabes de Ma 'an les visitent, mais ils n'y font ni vœu ni sacrifice.
Je n'ai point de preuve pour admettre qu'aujourd'hui les nomades ajoutent une importance quelconque aux cercles de pierres^ souvent appelés nawàmls dans la péninsule Sinaïtique et le Négeb.
A Ma'ân, on m'a rapporté qu'à Benât el-'Aïn et à 'Umm Gedei'âh il n'existe aucun tombeau ; il n'y a qu'un simple mur bâti en gros moellons informes; cependant les femmes visitent et honorent cette place, y allument des lampes et y font leurs dévotions; à coté du mur se trouvent quelques arbres. On n'y pratique aucune onction d'huile ou de beurre, ce qui pourtant ne serait pas extraordinaire. Tout le monde sait, en effet, que les grosses pierres qui se trouvent auprès de quelque wély célèbre reçoivent de telles onctions, ou le sangdes victimes immolées. C'est évidemment en l'honneur du irély, avec une tendance néanmoins à distinguer les plus gros blocs ou une pierre portant une inscription. Ainsi en agissent les Arabes à Meshed 'Aly, près de Môteh. Les pierres de l'arc encore debout et une inscription coufique sont maculées d'huile, de beurre et de sang. On pourrait peut-être faire la même réflexion à propos de n'importe quel sanctuaire.
Une pratique universellement admise par les Arabes semble indiquer que le contact de la pierre ne souille pas comme celui de la terre. C'est la raison alléguée toujours pour expliquer le soin jaloux avec lequel ils construisent dans la fosse une voûte en pierres pour empêcher le cadavre d'être touché et souillé par la terre '-.
Ce serait aussi le même motif qui expliquerait la tendance commune aux bédouins de profiter d'une grotte taillée dans le roc pour déposer leurs défunts ou d'utiliser les amoncellements de pierres dans les ruines pour les cacher. Quelques-uns prétendent cependant en user de la sorte pour les soustraire plus efficacement à la dent des carnivores.
En conversant avec les Arabes, j'ai recueilli deux traits qui se rapportent à notre sujet : les voici.
Un Sarâry, monté sur un robuste deloul, traversait le désert. Dans sa marche, il arrive auprès d'un riujiun placé sur une petite hauteur,