IV. — LES APPRÊTS DE LA NOCE ET LES FIANÇAILLES
Le futur et la future vont ensemble inviter à leurs noces, si c'est tout à fait en cérémonie; parfois, c'est le fiancé et son garçon d'honneur, ou la fiancée et sa fille d'honneur.
En Basse- Bretagne, les fiancés vont faire séparément leurs invitations, accompagnés, l'un de son garçon d'honneur, l'autre de
1 fille d'honneur (cf. Souvestre, Derniers Brelovs, t. !=■■, p. 51). illcurs, ce sont les parrains et marraines qui les accompagnent jahric bretonne, t. III, p. 70).
A Gosné (Ille-et- Vilaine;, la mariée donne à on beau-père un chapeau ei une cravate.
Les fiancés vont toujours ensemble commander t mobilier.
La tailleuse qui a fait les habits de la mariée ssiste à la noce avec ses apprenties (E.) ; elle va ui passer l'habit, et celle qui a fait ou vendu la oiffe va la placer.
Mais, pendant la période qui s'écoule entre les iançailles et le mariage, il ne faut pas que la eune fille regarde du côté où demeure son fiancé. )i elle va chez lui, c'est tout à fait malséant. On lit : c( Elle va voir comment son lit est fait. « (E.)
La fiancée donne à son futur la chemise de loces et lui tricote des bas.
La même coutume existe en Berry quant à la chemise ; c'était ussi jadis l'usage à la cour (cf. Laisnel de La Salle, t. II, '■ 29-)
Autrefois, quand un jeune homme et une jeune ille étaient fiancés, le dimanche où le prêtre pu- Dhait les bans dans la chaire, ils prenaient chacun me assiette et ils allaient quêter. La jeune fil'e, [ui était devant, disait :
— Donnez ce qu'il vous plaira pour me faire léofourdir.
iio l'homme de la naissance a la mort
Le jeune homme, qui passait après, disait :
— Donnez ce qu'il vous plaira pour le dégourdisseur.
Et tout l'argent qu'ils ramassaient ainsi était pour le musicien qui jouait de la vielle ou du violon le jour des noces. (S.-C.)
On dit qu'il y a au delà de Dinan une paroisse où, au lieu de pain bénit, on porte des peux (bouillie de blé noir). Ceux qui offrent le pain bénit sont deux. Le premier qui passe et porte les peux dit :
— Pern€z devant et saucez drère.
Le second porte du lait dans une écuelle.
Le dimanche d'avant le mariage, le fiancé et la fiancée vont présenter les peux bénits, et la fiancée, qui passe la première, dit :
— 'Est ma qui se pour me faire dégourdi'.
— 'Est ma qui se (suis) le dégourdissons, dit le jeune homme. (S.-C.)
Si deux fiancés entendent proclamer leurs bans, ils sont assurés de n'avoir pas mal aux dents. (P.)
Pour annoncer les fiançailles d'un couple, on se sert de la formulette suivante :
Vous ne savez pas ce qui va se passer : Une telle va se marier ; Vous ne savez pas quel est son amaut ? C'est un tel assurément. •
LE -NUKIAGE lit
lis feront la route ensemble Dans le petit bois à quatre coruières.
Le petit amant ramassera les bûchettes, La petite amante fera les galettes, En lui disant : « Fais-les donc bien, Ton petit cœur sera le mien. »
Il eu mangit quinze dans son lait, Et quatorze avec son petit graisset.
Il allit derrière l'hôté, L'amante creyait qu'il allait kerver (mourir). Elle lui attacha quinze chemises Qpue à qoue (queue).
Mon amie, tu laveras tout. (P.)
« A Saint-Etienne de Courcoué (Loire-Infc- ■ieure), les mariages sont précédés de la discussion entre les deux futurs du trousseau à donner ^t du choix des anneaux. Ce point convenu, on sanctionne l'accord par une cérémonie dite la ( tuilée », et qui consiste à verser du vin dans ine tuile creuse et à la placer de façon que les lancés boivent simultanément par Tun des deux
30UtS, »
(Ogée, nouvelle édition, art. Saiiii-Elianie-de-Courcoué.) En Basse-Brot.igne, aux fiançailles, on boit du vin et non du iJre : le père du jeune homme fait venir une première bouteille, clui de la fille une seconde, et ils alternent ainsi jusqu'à ce que out ail été réglé {Galerie hrthujte, t. III, p. 44).
A certains repas de fiançailles, vers Monconour, il y a parfois 150 à 200 personnes, avec du on (musique) comme aux noces.
Le jour du repas de fiançailles, les filles vont aux champs travailler comme d'habitude, et elles font exprès de ne pas s'habiller en dimanche afin qu'on les trouve à la besogne. QjLiand on va les chercher, elles font les ignorantes, comme si elles ne savaient pas de quoi il s'agit. (D.)
La jeune fille doit aller au bourg accomplir la cérémonie des fiançailles. Quand on la prie de s'y rendre, elle fait la timide et l'ignorante en disant :
— Mais que qu'y a don' au bourg ané (aujourd'hui)? I y a vantiez (peut-être) queuque fête de Vierge. J'n'en avons point ouï parler dimanche à la grand'messe.
A la fin, le père permet de l'y conduire.
— J'voulons ben qu'olle aille o vous ; mais faut nous la ramener, toujours.
(Recueilli à Plestan par M. A. Martin.)