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LE MÉNAGE ET LA FAMILLE I

plus de services. Aussi on peut parfois entendre un fermier répondre quand on lui demande combien il a de « garçailles » :

— J'ai un enfant et trois filles.

Les enfants, même légitimes, sont assez fréquemment désignés par le nom de fille de leur mère : « Le gars à la une telle, la fille à la une telle. »

Les garçons se nomment gars ou gas, ce dernier terme est moins employé; en certains pays, les filles se nomment garces, c'est le vieux niot français, qui n'a pas en ces pays le sens péjoratif qu'on lui a donné ailleurs. On dit : « La garce Jeanne, la garce Marie, la garce à la Hamonne, » pour « la fille Jeanne, la fille Marie, la fille de la Hamon ». En ces pays, une fille, pour indiquer qu'elle est mariée, dit : « Je ne se p'us garce. » (Environs de Dol.)

On désigne aussi le sexe d'après la coifî"ure : les garçons, en général, s'appellent « les chapiaux )), les filles « les coiffes ».

Les enfants ne tutoient pas toujours leurs parents, même dans des pays où le tutoiement est usité parfois entre gens qui se connaissent peu ou se voient pour la première fois.

Le même usage existe en Berry (cf. Laisnel de L.i S.ille, t. II, P- 114).

Les mères, et principalement les] veuves, ne

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tutoient pas toujours leurs garçons, surtout i'aîné, qu'elles appellent non par son prénom, mais par son nom de famille.

Il y a plusieurs dictons sur le respect que les enfants doivent à leurs parents.

— Faut point appeler sa mère jambe deberbis. (P.) Il ne faut pas se moquer des siens, car cela retombe sur vous.

Toutefois, bien que l'obéissance au chef de la famille soit la règle générale, un habitant des villes trouverait parfois que les enfants, lorsqu'ils sont grands, parlent à leurs père et mère, surtout âgés, avec peu de délicatesse ; mais il ne faut pas juger les mœurs champêtres d'après celles des villes et les mots n'y ont pas la même signification au point de vue de la politesse et des égards.

Vivre en gieiidre ou en hru, c'est résider chez ses beaux-parents. Dans les ferm.es, les gendres sont à peu près traités comme les domestiques, mais ils ont une petite part dans le produit de la terre. Lorsque quelqu'un est chiche de pain ou de cidre, on dit « qu'il sert en belle-mère ».

Il n'est pas rare de voir plusieurs ménages vivre^ dans la même ferme, en bonne intelligence; ils sont associés pour l'exploitation et ont dans les bénéfices des parts qui varient suivant leur apport en travail ou en argent. En ce cas.

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