‹ Coutumes populaires de la Haute-BretagneChapitre 3 sur 73 · livre de sucre. Mais il varie suivant la position. (E · texte numérisé non relu

livre de sucre. Mais il varie suivant la position. (E

Le jour du baptême, on met les chiens dehors.

Le parrain de l'enfant dont la naissance a précédé celui qu'on nomme vient à la maison; il tient à la main une gaule qu'il place en travers de la porte, et qu'il fait entrer de force dans la maison ; puis, avec cette gaule, il se met à frapper un peu partout, sous les lits, dans les coins, etc. Bien entendu, cela ne se fait que si la mère a bien supporté la couche. (E.)

Pour que l'enfant ce se noie pas en tombant plus tard à l'eau, il faut que ce soit son parrain qui le porte dans ses bras et le fasse passer pardessus un ruisseau.

Le parrain qui porte un enfant à nommer a sur le dos une devantière. (P.)

« On prétend à Saint- Aaron (Côtes-du-Nord) que, si on donnait le nom du patron de la paroisse à un enfant, cet enfant ne vivrait pas. »

(Jollivet, t. pf, p. 172.)

Si, au moment où le parrain et la marraine tiennent l'enfant sur les fonts baptismaux, ils prononcent distinctement Credo, l'enfant sera fort et ne toussera pas ; mais s'ils disent Kerho au lieu de Credo, il sera débile et toussera. Ceux qui toussent, on les appelle les Kerhaiix. (P.)

i8 l'homme de la naissance a la mort

Au sortir de l'église, on emmène à l'auberge la porteuse, — c'est ordinairement la sage-femme, — et on lui fait prendre du café en grande quantité.

Après le baptême, il faut que le parrain et la marraine s'embrassent; sans cela, le filleul serait innocent. (S.-C.)

En Berry, si le parrain n'embrasse pas la marraine avant de sortir de l'église, l'enfant sera bègue ou muet. Cf. Laisnel de la Salle, t. II, p. lo.

Le carillon qui suit le baptême se nomme plaisamment « glas à bouillie », (E.) ou « branle de culottes )>. (P.)

Plus la cloche a bien sonné, plus l'enfant aura la voix forte. (E.)

Même croyance en Berry (cf. Laisnel de la Salle, t. II, p. 9).

La longueur de la sonnerie est proportionnée à la générosité du parrain. Pour qu'un enfant sache bien danser, il faut qu'à son baptême on ait sonné une bonne brauUe. (P.)

On ne sonne pas les cloches pour le baptême d'un enfant naturel.

■ Même usage eu Berry (cf. Laisnel de la Salle, t. II, p. lo).

A Ercé, il est d'usage de distribuer des dragées. Si on y manque, les enfants crient : « Chiche de dragées ! « ou bien : « Parrain grêlé î marraine grêlée ! » C'est une coutume récente.

Cet usage des dragées existe aussi en Berry ; on crie aux parrains chiches : « Poches cousues ! » (Laisnel de la Salle, t. II, p. 10.)

Sitôt que l'enfant est revenu du bourg après le baptême, on lui fait manger de la bouillie de blé noir. (E.-D.)

A Ercé, le repas de baptême s'appelle en plaisanterie « repas de fricassée de nombrils ».

Le dimanche qui suit le baptême, il y a une petite fête qu'on appelle « la relevée de pignon ». Le parrain et la marraine y assistent, et chacun d'eux apporte une gâche de pain. (P.) En d'autres pays, aux environs de Dinàn, par exemple, la relevée de pignon est le repas des relevailles.

L'enfant garde pendant huit ou neuf jours le bonnet de baptême de dessous qui se nomme, à Ercé, le crasse; à Matignon, le petit krêmé. C'est une coutume religieuse. Le bonnet de baptême a une croix dans le fond.

Le bonnet de baptême des enfants est employé par les devins et les sorciers. On doit le brûler et non le jeter.

Cf. mes Traditions et superstitions, t. I*'', p. 287.

Si on enlevait le bonnet de crasse, les enfants seraient malades et n'auraient point de cheveux à cet endroit de la tête. (D.)

Quand un enfant perd son nombril, ce qui a lieu, en général, au bout de neuf jours, il ne faut

20 l'homme de la naissance a la mort

pas le jeter dans l'eau ou dans le feu, car l'enfant mourrait noyé ou brûlé. (E.)

Pour les paysans, le parrainage crée une vraie parenté ; si le parrain ou la marraine se marie, le filleul appelle parrain ou marraine celui des époux qui s'est marié avec celui ou celle qui l'a nommé. (E.) Cet usage tombe en désuétude.

Le parrain et la marraine se donnent entre eux le nom de compère et de commère ; ils appellent ainsi le père et la mère de leur filleul, et réciproquement. (E., M., P.)

Page 1