IV. — LES RELEVAILLES
Il ne faut pas qu'une femme travaille avant ses relevailles. Si elle va à la fontaine puiser de l'eau, la fontaine tarira. Si elle trait ses vaches, elles cesseront de donner du lait, ou il tournera. Si elle va en route, le vent lui cassera un membre. (P.)
En Berry (cf. Laisnel de la Salle, t. II, p. 14), la femme mange à part et ne doit toucher à quoi que ce soit.
Si une femme travaille avant sa messe de relevailles, son enfant devient voleur. (E.)
Jusqu'à ce qu'elle ait été relevée, elle doit porter sur elle un objet bénit. (D.)
Quand une femme va se faire « remettre », — c'est le terme usité pour les relevailles, — elle s'agenouille en dehors de l'église, et une personne va prévenir le prêtre qui lui pose son étole sur la tête, lui met à la main un cierge, et l'asperge d'eau bénite. Elle se relève alors, entre dans l'église et vient s'agenouiller à la balustrade de l'autel, où a lieu une cérémonie analogue.
On présente sur une serviette un pain que le prêtre bénit, puis il en coupe le premier morceau que l'accouchée distribue' à ses connaissances, (^vran.) A Rennes, c'est le bedeau qui va en porter en ville aux amis de la personne « relevée ».
En Basse-Bretagne (cf. Galerie bretomie, t. I^"^, p. 48), aux relevailles, la sage-femme tient un pain blanc entamé d'un bout et enveloppé de l'autre, qui, après avoir été bénit, est distribué aux membres de la famille.
Une femme qui a perdu des enfants en bas âge, au lieu de dire qu'ils sont morts, dit :
— J'en ai zu (eu) quat' qui sont o l'bon Dieu. (S.-C.)