LA CONSTRUCTION ET LA BENEDICTION
w5^-^UTREF0is, on plaçait des pierres à tonnerre WjA^>^\ dans les fondations des maisons; j'en ai ^^^i cité quelques exemples, t. 1er, p. ^5^ (5e mes Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne ; les plus récents remontaient au XYII^ siècle. Actuellement, cet usage semble complètement abandonné; du moins, je n'ai recueilli aucun fait prouvant son emploi à l'époque actuelle.
Quand on pose la première pierre, on frappe dessus; s'il y a danc la maison une jeune fille, c'est elle qui vient donner le premier coup de marteau. Elle apporte une pichetéc de cidre et tous les maçons l'embrassent. (D.)
C'est ordinairement, un enfant qu'on monte sur la charpente, quand elle est levée, pour y placer un bouquet orné de rubans ; depuis quelques années, en certains cas, surtout s'il s'agit d'une construction importante, on y ajoute des drapeaux.
Le soir, on mange un coq, et à défaut d'un coq, une poule. (E.)
r A la Neuville-Chant-d'Oisel, on sacrifiait jadis un coq pou
consacrer l'édifice (cf. Baudry, Mélusine, t. I, col. 12). Cette
coutume existe aussi dans l'Allier, Mél. (col. 72).
Ailleurs, on mange une tête de veau. Le repas a lieu le soir, et l'on y invite les charpentiers, les parents et les amis les plus proches. (D.)
Pour avoir de la chance dans une maison neuve, il faut tuer un coq et l'encaver au milieu de la place. (P.)
Sur le faîte de beaucoup d'anciennes maisons de la Haute-Bretagne, châteaux, maisons bourgeoises ou fermes, on plaçait à l'endroit où maintenant on met des boules de plomb ou de zinc des figures en terre vernissée. On en mettait aussi à terminer le haut des galeries ou des mansardes. Ces figurines sont appelées par les paysans des « petits monsieurs » ou des « Frédérics ». Ce nom, plus usité dans les villes, vient de ce que beaucoup représentent Frédéric-le-Grand à cheval.
La plupart de ces personnages étaient fabriqués à la Poterie, près Lamballe, où, dès ] 500, on
trouve un Le Bourdin, potier. Cette famille en a fait pendant longtemps ; depuis quelques années, cette fabrication a recommencé ; mais les types actuels, qui figurent des coqs ou des gendarmes à cheval, sont d'un modelé lourd et grossier. Parmi les anciens, il y en avait de très intéressants.
Avant d'aller habiter les maisons, on les fait bénir; on prétend que le diable vient dans celles qui n'ont pas été aspergées d'eau bénite par un prêtre, et que le maître serait exposé à être emporté par lui. (E.) Dans les maisons non bénies, on oit toujours, c'est-à-dire qu'on y entend des bruits étranges et inexplicables. (D.)
Quand quelqu'un quitte la maison pour se rendre à un lieu où il n'est jamais allé, ou pour faire un ouvrage qu'il n'a pas l'habitude de faire, on trace une croix sur la porte pour lui porter bonheur. (P.) On fait aussi une croix dans 1'/;;^ pour marquer qu'on est étonné de ce qu'un certain individu a foit. (D.)