VII. — LES BERGERS ET LES CHARRETIERS
Voici quelques dictons sur les soins à donner aux bêtes :
— Tel homme, tel avaï (avoir bétail).
— Nourriture surpasse Vorine (origine).
— Les vaches donnent du lait par la goule.
A Saint-Glen, on offre du grain à saint Nicodême pour que les vaches, les moutons et les cochons viennent bien et n'aient point de maladies.
Pour que les vaches aient leur veau en jour, il faut que la dernière fois qu'on leur tire du lait soit un dimanche,
A Saint-Cast, pour empêcher les vaches d'être malades, et pour que leur veau arrive en bon terme, on offre à saint Jean le beurre de la première barattée; ailleurs, c'est à la Vierge que l'offrande est faite.
Lorsqu'on tue un cochon, il faut avoir soin de le tuer quand la mer monte ; on croit que la viande est meilleure que si l'animal était exécuté à la mer baissante.
C'est aussi à la mer montante qu'il faut puiser l'eau que l'on chauffe pour le laver quand il est tué ; on assure qu'elle le nettoie mieux. (S,-C.)
La tuerie de cochon est une occasion de fêtes et de politesses entre voisins. Il en est de même en Basse-Bretagne.
Cf. Galerie bretonne, t. III, p. 61^.
Pour que le cochon profite, on offre un morceau de lard à divers saints. A Saint-Cast, l'offrande se fait à saint Jean ; à Plurien, c'est à saint Antoine.
Dans le charnier où est le lard, on met un morceau de fer à cause de l'orage.
A la porte des étables, on met une branche de laurier bénit des Rameaux, afin que le bétail n'ait pas de maladie.
En beaucoup de pays, on mène les étalons aux pardons, non pour les guérir, mais pour les montrer.
« A l'assemblée de Cesson, qui a lieu chaque année le lundi de Pâques, on promène de beaux étalons dont la tète et la queue sont ornées de fleurs et de rubans ; mais cet usage n'est pas restreint à la commune de Cesson : il a lieu dans toutes les assemblées du même genre. »
(Ilabasque, t. II, p. 311.)
Pour chaque ferme, il y a un garçon qui s'appelle le ferrons, c'est celui qui ferre les chevaux.
Quand les .qens des Iffs mènent leurs chevaux,
ils ont l'habitude de faire claquer leurs fouets, et de chanter :
Là-haut, mon boudet, La-baut, mon valet.
L'autre répond :
— As-tu tes violons, Bourrier, mon berton.
Tuer un cheval, même malade, est considéré comme une sorte de déshonneur pour un fermier.