‹ Coutumes populaires de la Haute-BretagneChapitre 57 sur 73 · VIII. — FOIRES ET MARCHÉS · texte numérisé non relu

VIII. — FOIRES ET MARCHÉS

Il y a beaucoup de gens qui, en se rendant aux foires, consultent les augures ; il y a des présages qui font juger si le marché sera fructueux ou non.

Rencontrer, en allant aux foires, un couturier ou une lingère est d'un mauvais présage ; si la première personne qu'on trouve sur la route est une fille ou une femme, on aura moins de chance que si l'on avait vu un homme. (P.)

Il vaut mieux trouver du fer que de l'argent ; la trouvaille d'un fer à cheval ou d'un clou porte bonheur. (D.)

On n'a pas de chance si l'on passe sur une route après qu'un liron l'a traversée. (P.)

Celui qui trouve un couteau sur son chemin, en allant à la foire, n'aura pas de chance. (P.)

Quand on vend un animal à la foire, principalement une vache ou un mouton, il est d'usage de donner à l'acheteur un sou ou deux sous. Ce don est fait pour « la chance ». (P.)

On dit quand on envoie quelqu'un vendre un animal à la foire : « Si' boit la queue du viau, on n'ii en fera pas de reproche. » (P.)

Avant de conclure définitivement un marché, les négociations sont parfois longues de part et d'autre.

Le marchand frappe un coup de bâton sur le dos de la vache ou du cheval.

Il dit au vendeur : « Donne-moi ta main «, et il frappe dedans. Parfois il déclare qu'il ne donnera rien de plus, pas même un cheveu, et, en disant cela, il s'arrache un cheveu ou il arrache un poil de la vache, ou un crin de cheval. Pour conclure, il s'écrie : « Elle est vendue ! »

On doit le lincou du cheval et la ndche (corde) d'une vache.

S'il s'agit d'une vente de bétail, le vendeur

donne à l'acheteur, pour les moutons par exemple, un sou ou deux sous, afin de prouver qu'il ne regrette pas d'avoir traité. Cela s'appelle « donner pour la chance «. (P.)

Au moment de conclure un marché avec un homme, si on ne s'arrange pas tout à fliit, on convient, pour trancher la difficulté, de donner une mouchouerée de farine, une joinîée de pois, etc.

Dans beaucoup de cas, Vagit, c'est-à-dire le

treizain, est d'usage; mais la quantité à donner

est variable.

Pour savoir le goût du cidre que l'on vend, on en prend une briquée.

Quand on va livrer le cidre, il est d'usage de donner une tête de veau comme décharge à ceux qui l'amènent (P.) ; le charretier reçoit en général douze sous pour sa part. <

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