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IV. — JEUX DES FILLES

Le petit lièvre. — On se met en rang en se tenant par la main, et l'on chante :

G'est un nid de petit lièvre,

Mais, Ion lan la.

Le petit lièvre n'j' est pas.

Trois filles entrent alors dans le milieu, et les autres dansent autour en chantant :

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Le grand lièvre entrez en danse, Et fait' un tour de révérence ; Et puis vous embrasserez Les trois d'moiselles que vous voudrez.

Celles qui sont dans le rond embrassent trois filles qui viennent alors prendre leur place, et le jeu se continue. (P.)

On épluche un à un les petites oreilles noires qui sont en haut des baies d'églantier, et à chaque feuille on dit un mot.

Quand il n'en reste plus qu'un, on dit :

« Il ne me reste plus que toi, vilain gros bœu' gros. )) (D.)

La petite porte. — Les deux qui font la porte vont choisir trois endroits qu'elles appellent tout bas : le Paradis, le Purgatoire et l'Enfer, puis elles se prennent les mains de manière à former une sorte de porte. Les autres filles passent pardessous pendant que l'on chante :

Trois fois passez par là, La dernière, la dernière, Trois fois passez par là, La dernière y restera.

Les deux qui forment la porte demandent à celle qui est prise : a Où veux-tu aller? » Elle

va dans un endroit qu'on indique. Si elle est chez le bon Dieu, c'est bien; si elle est chez le Diable, elle court sur les autres pour les brûler, et en leur frappant sur l'épaule, elles crient : « Brûlé! » Quand toutes celles qui étaient chez le bon Dieu sont brûlées, on recommence le jeu. (P.)

Ailleurs, le jeu est le même au début; mais quand toutes ont été prises, on va devant l'endroit nommé Paradis, et on répète en chantant :

Adorons le Paradis, Adorons le Paradis.

Puis, au Purgatoire :

Adorons le Purgatoire, Adorons le Purgatoire.

Puis, quand elles arrivent à l'Enfer, elles s'écrient :

Brûlons l'Enfer.

Et elles frappent sur celles qui y sont. (D.)

Le jeu d'amourette. — Il y a deux filles à genoux, dont l'une est la femme, l'autre le galant. Les autres chantent en dansant :

Qui marierons-nous, Par ce joli jeu d'amourette, Qui marierons-nous, Par ce joli jeu d'amou'?

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Les autres répondent en faisant entrer une fille dans le milieu du rond :

Monsieur, ce sera vous, Par ce joli jeu d'amourette, Monsieur, ce sera vous.

Par ce joli jeu d'amou'.

Que lui donnerons-nous, Par ce joli jeu d'amourette, Que lui donnerons-nous, Par ce joli jeu d'amou' ?

On pousse une fille dans le rond et l'on danse en chantant :

Mademoiselle, ce sera vous, etc.

A genoux mettez-vous.

Par ce joli jeu, etc.

Faisez les yeux doux,

Par ce joli jeu, etc.

Embrassez- vous.

Par ce joli jeu, etc.

En place mettez-vous.

Par ce joli jeu, etc.

Et Ton recommence.

La queue du loup. — a). Une jeune fille est à genoux, et elle a devant elle quelques morceaux de bois qui figurent sa fouée. Les autres passent en rang autour d'elle, et l'on chante :

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Ah ! qu'il fait bon passer par ici.

Quand le loup est endormi.

— Le loup est-il prêt?

Le loup répond ;

— Non, il est à prendre ses bas.

La promenade recommence, le chant aussi et les questions; le loup dit qu'il est à prendre son paletot, un gilet, ses culottes, etc. ; quand, enfin, il a fini sa toilette, il dit :

— Qui qu'a pris ma petite fouée qu'était là?

— 'Était une petite bonne femme qu'a passé par là, qu'a dit qu'était d'son bouée (bois).

— Oyiou (où) qu' v' étiez?

La mère, qui protège les autres pour empêcher le loup de manger sa petite famille, répond :

— A faire le lit du prêt' (prêtre).

Le Loup. — Qui qu'i' vous a donné?

La Mère. — Une petite graissée.

Le Loup. — Eioù qu'est ma part?

Z-fl Mère. — Dans l'eu du Renard.

Le loup va boire sa chopine au coin d'un mur, et pendant ce temps-là on tourne. Qiiand il a bu, il revient et tâche de prendre les enfants. 11 saisit la mère par le bras, elle se défend, et les petites se tiennent par leur cotillon afin que le loup ne les mange pas. (P.)

h). Il y a une fille qui est la mère; celle qui

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la suit la tient par son cotillon, et toute;; se tiennent ainsi, de manière à former une chaîne continue.

Le loup se tient à genoux au milieu du rond ; on lui jette sur le dos de petites bûchettes, puis on les éparpille. Alors il fait mine de se réveiller, et il dit à la mère :

— « Qui qu'a pris mon bois?

La Mère. — Une petite bonne femme.'

Le Loup. — Qu'est-ce que tu as derrière ta?

La Mère. — Ce que j'ai derrière moi n'est pas pour ta.

Le Loup. — Montre don' comme o sont gentilles?

La Mère. — Tu n'en verras Ni celle-ci, Ni celle-là, Ni la belle petite-là,

dit-elle en comptant sur ses doigts.

Le Loup. — Comment s'appelle-t-i'?

La Mère. — J'ai Belette, J'ai Lirette, J'ai Minette.

Le loup aiguise alors ses crocs.

La Mère. — Pourquoi aiguises-tu tes crocs?

Le Loup. — Pour manger Lirette.

Il aiguise ses ongles.

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La Mère. — Pourquoi aiguises-tu tes ongles?

Le Loup. — Pour prendre Belette.

Le loup s'élance alors; la mère se présente devant lui et tâche de l'empêcher de toucher ses enfants. Lorsqu'il a réussi à en toucher une, il s'efforce de l'entraîner, et la mère, au contraire, la protège. Il finit tout de même par les prendre toutes.

C'est alors la mère qui devient le loup.

Culte. — à). Chacune met sa main, et celle qui mène le jeu répète la formulette suivante en touchant chacun des doigts :

A la fontaine De Barbitaine, On y vient, On y va Trois fois La semaine :

Bombi, Bombon, Tricoton, Pied d'oignon, Tirez-moi Ce gros gars Larron.

Le doigt sur lequel tombe le mot larron doit être replié, et celle à qui il appartient va se cacher.

h). Les filles se mettent en rang ou en cercle et relèvent leurs tabliers de manière à former une espèce de sac. Il y en a une qui est dessous, et qu'on fait se tenir à quelque distance le long d'un mur. C'est elle qui doit deviner où se trouve caché un objet, généralement un couteau ou un étui.

Celle qui cache le couteau passe devant tous les tabliers et répète devant chacun d'eux :

Cutte, cutte (cache, cache),

Guersillon,

Cutte-le bien s'stu' l'ias. (D.)

Ou :

Cache, cache.

Dis pas qu' t' l'ias,

Ou tu mentirais ben dusse. (E.)

Celle dans laquelle la fille qui est dessous a trouvé le couteau (il faut qu'elle le devine sans toucher) va se cacher à son tour.

Jeux de ventes. — a). Une fille dit aux autres : (( Veux-tu m'acheter mon ruban? — Oui. — De quelle couleur? — Rouge,. » Elle fait la même chose aux autres, et, quand chacun a le sien, elles répètent très vite : « Mon rouge ne fadira pas pour ton blanc, » ou « Mon blanc ne fadira

pas pour ton rouge. » Celle qui n'a pas dit assez vite donne un gage. (D.)

b). « Le vent a-t-il pass-î par chez toi? — Oui. — Qu'est-ce qu'il a fait de dégât ? — Il a abattu ma cheminée. — Faut-i' du plomb? — Oui. »

On en achète ce qu'on veut, et celle qui mène le jeu dit :

— « Quand je passerai par chez toi, tu ne me diras ni oui ni non. »

Lorsque toutes ont acheté du plomb, celle qui l'a vendu passe devant les acheteuses :

— « Donne-moi l'argent de ce que je t'ai vendu? »

Celle qui répond ;

— « Voilà, » ou « Je ne t'en dé (dois) pas, )) donne un gage. (P.)

Aller es vênes. — Il faut être quatre pour ce jeu : deux jeunes filles se mettent pouce à pouce, et l'une d'elles avec la main désigne chacun des doigts, chaque vers correspondant à un doigt; c'est celle sur laquelle tombe le dernier mot de la forrauleite qui va es vênes.

Bec de sot, Bé d'haleine, Mon compère, Ma commère, Jean Ruello, Va-t'en es vênes.

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Celle qui est ainsi désignée va à un but, et les trois autres nomment tout haut un pied d'animal ou de plante; mais elle ne dit pas tout haut celle des trois qui a ce pied. Quand il est désigné secrètement, on crie à celle qui est dessous :

— « Sur quel pied veux-tu t'en veni'? » Celle-ci choisit le pied qui lui convient, et celle

qui est ainsi désignée la rapporte sur son dos. Les autres lui crient :

— « Qu'est-ce que tu apportes là ?

— Une vieille vache pourrie.

— Qu'est-ce que tu as dedans ?

— Un siot (seau).

— Qu'est-ce que tu as dans le siot ?

— De l'iau.

— Qu'est-ce que tu as dans l'iau?

— Un peloton de fi'.

— Qu'est-ce que tu as dans ton peloton?

— Une agulée (aiguillée) d'fi.

— Jette-la que je l'écorche. »

On dépose alors par terre celle qui était aux vênes, on la borgne, c'est-à-dire on lui bande les yeux, et on lui fait mettre la tête sur les genoux d'une des jeunes filles, et chacune lui dit :

— « Su' queu sens sont rpes mains? »

Elle reste ainsi jusqu'à ce qu'elle ait deviné. (P.)

Diinse à rebours. — Toutes les jeunes filles se

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tiennent par la main, en rond, et il y en a une qui chante la petite chanson qui suit, en désignant avec le doigt successivement ses compagnes :

J'ai du bon beurre dans mon panier, Cinq ou six livres pour le dernier;

J'ai du di, j'ai du da.

Mademoiselle, tourne ton dos là.

Celle qui est ainsi désignée se place entre deux autres, mais elle a la tête tournée en dehors du rond, et c'est ainsi qu'elle danse; le jeu continue jusqu'à ce que toutes soient placées du côté extérieur. (P.)

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