CAPITULUM XV
DE QUIMINIS.
1. Cornes, vel baro, vel alii milites ® habentes justiciam quiminorum in terris suis, maie tractabant ^ mercatores
1 BB. per sanguineos. — Cette dernière forme est extrêmement rare (Du Gange, t. VI, p. 60, col. 2, vo sanguineus). Il y a donc lieu de croire qu'un signe abréviatif aura été omis et qu'il faut lire ici consanguinei, comme dans d'autres endroits du ms.
2 BB. emendari.
3 BB. Trousenhout. Voy. Appendice, no I.
4 Le texte latin doit être complété par le passa '■e français suivant : « Einssi avint-il de" Nicolas Trousebot et de sa suer, qui fu famé Robert de Tornebu ; e ce fu jugié en l'asise al Val de Ruuili; » S. G., p. 200, col. 1; Marnier, p. 14, 1. 18. — Il s'agit ici du Vaudreuil et non du « Val de Ruvill», comme l'a imprimé Marnier.
Pour les formes de ce nom de lieu,
voy.de Blosseville,2)fct. top.dudéjp.
de VEure, p. 227, col. 2; Paul Goujon, Histoire de la châtellenie et haute justice du Vaudreuil {Recueil des travaux de la Société libre de l'Eure, 3" série, t. VII, p. 336, note 5).
5 Voy. App. no II.
6 Cornes vel baro vel alii milites.
— BB. cornes vel haro vel alii barones vel comités. — Ce passage contient dans le ms. des répétitions inutiles dues sans doute à une méprise du copiste qui a transcrit comités pour milites.
On lit en effet dans la version française : « Li conte, et li baron, et li chevalier, qui avoient la garde des chemins en leur terres ; » Marnier, p. 14, 1. 22.
■7 BB. tractahunt.
et multos ambulantes et transeuntes per quimina, extorquentes ab innocente et proximo pecuniam ; non recordantes Domini [manjdatum secundum \ Dilige[s\ proximum tumn sicut te ipsum constituerunt pessime in ^ terris suis pedagia sua et tributa, que jam diu sunt statuta, modo non possunt destitui nec deleri.
2. Ad hujus[modi] violenciam et exactionem amodo evitandamS Dux, qui cunctum débet regere populum, quimina custodiet ita in pace quod , si aliquis aliquem in quimino ^ assaltaverit ^ cum sanguinis effusione, captus membris punietur, et, si aliquis [aliquem] occident, morte moriatur.
3. Si vero in quimino aliquis vulneratus fuerit, per manuum bellum sanguinem suum probare poterit, vel per alium, qui cum illo vidit malefactum ; vulneratus vel ejus adversarius deliberabit se per jusjurandum juxta legem patrie.
1 Non recordantes Domini mandatum secundum. — BB. non recordantes Domini datis vij. — Warnkœnig ( Franz. Staats-und Rechtsgeschichte, t. II, Urkundenbuch, p, 10, 1. 30) a corrigé datis en d icti s ; ma.is il est plus simple de voir dans ce mot une altération de mandatum, qui est l'expression consacrée (Joan.,XIV, 21 ; Matth., XXII, 36 et 38; Marc, XII, 28, 29 et 30) ; il s'agit en effet dans ce passage du second des commandements de Jésus-Christ. On retrouve d'ailleurs le terme mandatum dans la phrase française correspondante : « Ne se recordoient pas des commandemenz Nostre Segneur, qui dit : Tu ameras tom prime si comme toi meismes ; » Marnier, p. 14, I. 26.
2 Matth., XXII, 39; Marc, XII,
3 BB. et.
4 BB. evitando.
5 BB. in quimina.
6 BB. exaltaverit. — La forme assaltaverit , qui se rapproche beaucoup de la leçon du ms., se trouve fréquemment dans les textes normands ; on la rencontre dans un grand nombre de mss. du Grand Coutumier. Voy. Du Gange, t, I, p. 437, col. 2, vo assaltare.
"7 Vulneratus fuerit per manuum bellum. — BB. vulneratus fuerit et per magnum bellum.
— Ce paragraphe est très altéré ; la restitution manuum paraît justifiée par le passage suivant de la version française : « Se aucuns est navrez en chemin, il porra prover son sanc par bataille de sa main, ou par autre, qui estoit o lui, qui vit le mesfet ; li navrez ou ses aversaires si deliverra par serement; » Marnier, p. 15, 1. 10.
4. Si mercator transiens per quiminum alicui debuit pro debito suo, nec ipse, nec merces sua vel equi sui, in quimino capientur, nisi manu justicie Régis ; in hospicio suo, si debeat, reddat creditori.
5. NuUus vero ausus sit hominum ^ ab aliquo propter tributum vel pedagium extorquere, nisi illud quod pridem constitutum est, quod deleri non potest.